Jeudi 9 juillet 2020 | Dernière mise à jour 18:10

Interview Sophie Davant: «J'avais peur d'être seule»

Elle publie un livre sur ce qu’elle a appris d’elle à 50 ans. A votre tour d’en apprendre plus sur l'animatrice chouchou des Français.

Invitée de l'émission «Vivement Dimanche».

Invitée de l'émission «Vivement Dimanche». Image: Getty Images

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Sophie Davant, qui êtes-vous?

Une femme de 50 ans, mère de famille, journaliste, épanouie, qui se remet en question tout le temps et avance au plus près d’elle-même.

Votre premier souvenir?

A 4 ans, sur le bassin d’Arcachon. J’accompagnais mon père (spécialiste de biologie marine et ornithologue, ndlr) en bateau avec ses étudiants pour voir les oiseaux. Ils chantaient des chansons paillardes, genre «Léon, roi de Bayonne» (elle chantonne). Quand je les répétais à ma nounou, elle était horrifiée. J’ai baigné dans cet environnement maritime. La mer, c’est mon élément, j’aime nager, marcher sur la plage, le son des vagues, des goélands.

Etiez-vous un enfant sage?

Oui. Raisonnable, on va dire. Très autonome, livrée à moi-même, très sportive, avec le souci d’être une bonne élève et déjà curieuse de tout et des autres. J’observais beaucoup, surtout les adultes.

Enfant, de quoi aviez-vous peur?

D’être seule. Dès 4 ans, ma mère me laissait souvent chez ma nounou car elle avait repris des études et mon frère venait de naître. J’ai eu un vrai sentiment d’abandon. Même si ça reste très subjectif et je ne pense pas avoir manqué d’amour. Chez la nounou, j’avais du mal à manger. Alors elle menaçait de m’emmener voir le loup. Ça me terrorisait. J’y repense surtout devant les mets que je détestais: choux de Bruxelles et tapioca. Je n’en mange toujours pas.

Dans l’enfance, quel fut votre plus grand choc?

Partir en vacances un mois à 8 ans chez ma tante en Tunisie, sans mes parents. J’allais pourtant retrouver mes cousines, mais ça reste un souvenir très douloureux. Être séparée aussi longtemps de ma mère, c’était terrible.

Votre mère vous disait-elle «Je t’aime»?

Non, je ne crois pas. Ça devait être un acquis, mais je ne suis pas sûre qu’elle le formulait. Cela ne veut pas dire qu’elle ne m’aimait pas.

Vous le dites à vos 2 enfants?

Oui. Il y a des mots, des gestes qui sont importants dans le rapport avec ses enfants. Mais il y a peut-être d’autres déséquilibres chez nous. On n’est jamais parfait.

Comment avez-vous gagné votre premier argent?

En donnant des cours de tennis et d’anglais vers 13-15 ans.

Que vouliez-vous devenir?

Une sorte de Bernard Kouchner au féminin, un chirurgien, un médecin sans frontières. Puis ma mère est tombée malade (Sophie avait 17 ans quand sa mère apprend qu’elle a un cancer. Elle meurt à la maison 3 ans plus tard, ndlr) et la médecine m’a dégoûtée. C’était une période très douloureuse. J’ai alors pensé à l’import-export de vins comme j’habitais Bordeaux. Mais les stages ne m’ont pas plu. J’ai toujours aimé la TV, le journalisme. J’avais un petit copain journaliste. Il m’a conseillé de passer le concours. Et voilà!

L’amour pour la première fois. C’était quand et avec qui?

Je ne répondrai pas.

Votre premier coup de cœur?

Stéphane, le frère jumeau de celle qui est toujours ma meilleure amie. J’avais 11 ans. On était fou amoureux. J’ai fait en sorte que nos parents soient amis, comme ça, on passait nos vacances tous ensemble (Rires) Ça a duré 2 ans. On est restés amis. Je le vois encore, comme s’il était de ma famille.

C’est quoi, le vrai bonheur?

Être en phase avec moi, en paix avec ma conscience, faire les choses dont j’ai envie, être entourée des gens que j’aime. En gros, n’être contrainte que par ce que j’ai vraiment choisi.

Votre plus belle qualité?

Je suis honnête.

Votre plus grand regret?

Je ne peux pas dire que j’en ai. J’aurais pu faire plein d’autres choses, être chirurgien, ne pas me séparer de mon mari (ndlr: le journaliste Pierre Sled), ça m’aurait plu. Ce ne sont pas des regrets car j’ai fait des choix. Choisir, c’est renoncer. Je ne suis ni frustrée, ni aigrie, au contraire, j’essaie de me faire plaisir et d’aller au bout de mes choix, de mes envies.

Avez-vous déjà volé?

Non.

Avez-vous déjà tué?

Heureusement non! A part, William Leymergie qui dit que j’ai «tué le père». Il dit ça en riant, c’est notre mode de fonctionnement et parce qu’il est pour beaucoup dans ma réussite. Je me suis construite auprès de lui et il a l’impression que l’élève a rattrapé un peu le maître. Il se sent un peu dépossédé de l’influence qu’il avait sur moi. Tout ça avec beaucoup d’humour et de tendresse.

Si vous aviez le permis de tuer, qui serait-ce?

Quelle horreur! Je déteste cette idée. Je n’ai aucune envie de tuer.

Déjà payé pour l’amour?

Non! En revanche, j’ai payé par la suite par ma souffrance.

Avec qui aimeriez-vous passer une agréable soirée?

Avec mon amoureux. Ce sont les soirées les plus agréables. Mais je ne dirai pas de qui il s’agit.

Que trouvez-vous sexy?

L’intelligence, la profondeur des discussions, l’humour. C’est bien plus sexy qu’un physique.

Pour qui était votre dernier baiser?

Pour ma chienne («Djette», bichon maltais, ndlr) que je couvre de baisers. Nous vivons une grande histoire d’amour.

Vos dernières larmes?

Sûrement en revoyant un film de Claude Sautet dont je suis fan. Je suis assez midinette, j’aime les histoires d’amour.

De quoi souffrez-vous?

De doutes, de manque de confiance en moi. Je me soigne et j’ai beaucoup progressé. J’ai aussi longtemps souffert d’une grande dépendance à certaines personnes, l’attente d’un regard, d’un jugement. J’essaie de m’en libérer. Je souffre aussi beaucoup de l’injustice. Cela me met très mal.

Croyez-vous en Dieu?

Je crois oui. Je ne sais pas bien si c’est Dieu. Je crois en quelque chose qui nous dépasse et j’essaie de me raccrocher à l’idée qu’il y a une vie après, en tout cas une survie de l’âme. Je crois comme dirait Mitterrand, aux forces de l’esprit.

Votre péché mignon?

La gourmandise: frites maison, magret de canard, pommes sarladaises, pâtes aux truffes… Et le shopping. Je ne suis pas très économe. Il m’arrive de me lâcher.

Les livres, CD ou DVD à emmener sur une île déserte?

Du Francis Cabrel et du Mozart. Le coffret des films de Claude Sautet. Et un Dictionnaire amoureux, celui de la langue française, de Proust ou du journalisme.

Combien gagnez-vous?

Suffisamment pour vivre comme j’en ai envie, c’est-à-dire sans excès mais de manière confortable. Je gagne plus qu’un prof ou un médecin. Ce sont des professions que j’estime beaucoup et qui mériteraient d’être revalorisées.

Pensez-vous gagner assez par rapport au travail fourni?

Pas toujours! Je n’en dirai pas plus.

Qui sont vos vrais amis?

Surtout des gens qui ne travaillent pas dans le milieu de la TV et que je connais depuis très longtemps. Je me méfie des amitiés récentes.

Qui aimeriez-vous voir répondre à ce questionnaire?

(Rires) Si je veux interviewer quelqu’un, je l’invite dans l’une de mes 2 émissions. Mais j’aime bien votre interview, elle sort de l’ordinaire.

Créé: 21.03.2015, 10h28

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