Dimanche 16 juin 2019 | Dernière mise à jour 21:21

Interview indiscrète Tomer Sisley: «J'ai un frère que je n'ai jamais rencontré»

Largo Winch était au SIHH mercredi comme ambassadeur de la marque Roger Dubuis. Il parle, pour la première fois, de son frère qu’il ne connaît pas.

Sur le stand Roger Dubuis du SIHH, l’acteur contemple un aigle, symbole de Genève, d’où est originaire la marque horlogère dont il est l’ambassadeur.

Sur le stand Roger Dubuis du SIHH, l’acteur contemple un aigle, symbole de Genève, d’où est originaire la marque horlogère dont il est l’ambassadeur. Image: Lionel Flusin

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Carrière comique commencée dans le stand-up, Tomer Sisley, 39 ans, est vite passé à la télé et au cinéma («Largo Winch»). Rencontre, mercredi, dans le cadre du Salon de la haute horlogerie de Genève.

– Tomer Sisley, qui êtes-vous?

(Surpris par la question, il éclate d’un rire aigu.) Je suis la personne que vous venez de faire rire!

– Votre tout premier souvenir?

Wow! Quelle belle question. C’était une visite chez le pédiatre, à Berlin, où je suis né. Il me testait les genoux et disait: «Et là, je te fais un petit peu mal, Tomy, quand je te fais ça?» Je l’ai regardé et j’ai dit: «T’es sûr que t’es médecin, toi?» Tout le monde a ri et lui a dit: «Oui, pourquoi?» Moi: «Si t’es médecin, comment tu ne sais pas que tu me fais mal quand tu fais ça?» J’avais 3 ans.

– Etiez-vous un enfant sage?

Pas du tout. Je faisais tout ce qui me passait par la tête. J’allais toujours au bout de mes idées. C’était moi ma propre limite.

– Enfant, de quoi aviez-vous peur?

Du noir.

– Dans l’enfance, quel fut votre plus grand choc?

J’imagine que mon plus grand choc a été… ma naissance!

– Votre mère vous disait-elle «je t’aime»?

(Il réfléchit.) Non, elle ne me le disait pas. Je n’ai pas eu la mère la plus exceptionnelle…

– Comment avez-vous gagné votre tout premier argent?

Argent de poche? J’ai détesté faire ça, c’était en nettoyant les escaliers extérieurs de la maison dans laquelle on habitait. Mon premier salaire, c’est en traduisant de l’anglais vers le français, une procédure d’utilisation de pipettes scientifiques.

– Que vouliez-vous devenir?

J’ai toujours voulu devenir acteur. Vers 5 ou 6 ans, je voulais être Burt Lancaster dans «Vera Cruz», que je regardais en boucle. Des années plus tard, je me suis aperçu qu’il jouait le méchant dans le film. C’est assez étonnant, parce que, en règle générale, un enfant ne s’identifie pas au mauvais bougre. Ce qui veut dire que j’étais vraiment attiré par ce que faisait Lancaster et non qui il était.

– L’amour pour la première fois, c’était quand et avec qui?

C’était lors de vacances en Israël, une fille que je trouvais terriblement belle. Elle habitait Barkan, un tout petit village paumé où vivaient des cousins à moi.

– Pour vous, c’est quoi, le vrai bonheur?

C’est de se sentir en paix, libéré des chaînes de soucis.

– Quelle est la plus belle de vos qualités?

Ma bienveillance.

– Votre plus grand regret?

J’en ai plein! L’un d’eux est de ne pas avoir forcé le contact qui s’est rompu avec certaines personnes qui ont partagé ma vie, pas forcément des compagnes, mais des amis d’enfance, à Berlin, lorsque j’avais 6 ans.

– Avez-vous déjà volé?

Ouais! J’ai le souvenir d’avoir volé, plusieurs fois, à Berlin, des cacahuètes caramélisées, des chouchous.

– Avez-vous déjà tué?

Un être humain, non. Des animaux, oui, mais pour soulager leur agonie. Et au cinéma, en fait, les personnes que vous avez cru me voir tuer, je ne les ai pas vraiment tuées…

– Si vous aviez le permis de tuer quelqu’un, qui serait-ce?

Probablement ce connard qui a écrit cette histoire impliquant un prince charmant et qui, du coup, nous met beaucoup de pression à nous les hommes et des idées reçues complètement fausses dans la tête des femmes.

– Avez-vous payé pour l’amour?

J’ai essayé une fois et j’ai payé pour que la personne s’en aille. Je vous promets que c’est vrai.

– Avec qui aimeriez-vous passer une agréable soirée?

Avec mes grands-parents du côté maternel que je n’ai jamais rencontrés. Ils étaient du Yémen. (Il se ravise.) Et mon frère… Je n’en ai pas parlé publiquement avant, mais j’ai un frère que je n’ai jamais rencontré! Il est au courant que j’existe. Il vit en Israël.

– Qui trouvez-vous sexy?

Jessica dans «Roger Rabbit».

– Pour qui était votre dernier baiser?

Pour ma fille et mon fils.

– Dernières larmes?

Pour mon fils. Il pleurait comme un enfant de moins de 2 ans parce qu’il m’a vu partir à Genève. Et ça m’a brisé le cœur.

– De quoi souffrez-vous?

Je souffre des préjugés que beaucoup de gens peuvent avoir pour tout un tas de trucs. Je suis assez sensible. Et il y a des sujets qui m’atteignent. Un exemple réducteur: quelqu’un va parler d’Israël et me dire: «Vous avez fait ceci ou cela?» Et tout de suite je vais dire: «Vous qui?» et ça veut dire quoi ce «nous»? On est une entité, tous pareils? Ce sont des trucs qui me touchent beaucoup.

– Avez-vous déjà frôlé la mort?

Tellement de fois! La dernière, c’était en hélicoptère. Je suis pilote. J’étais dans le sud de la France et j’ai commis une erreur de jugement. Les pales ont touché les branches et, là, j’ai eu beaucoup de chance.

– Croyez-vous en Dieu?

Moi, ce qui m’intéresse, c’est: est-ce que lui croit en moi? J’ai un pote, Juif ashkénaze, qui a organisé un dîner un soir. Au téléphone, la dame lui a demandé: «Vous voulez manger kasher?» et il a répondu: «Kasher? Ça, c’est pour les Juifs qui pensent que Dieu s’intéresse encore à eux!» (Rires.)

– Quel est votre péché mignon?

Tout ce qui est sucré, qui contient du chocolat au lait et qui fait grossir. Ça fait partie de mes drogues.

– Trois objets culturels à emmener sur une île déserte?

Pour rire, la Bible. Pour réfléchir un peu, «Essai d’exploration de l’inconscient», de Karl Gustav Jung. Plus les Beatles, Hendrix, Leonard Cohen et Nina Simone et un film, «Le bon, la brute et le truand».

– Combien gagnez-vous par an?

De zéro, et parfois sur deux ans, à 870'000 francs.

– Pensez-vous que vous gagnez assez par rapport au travail que vous fournissez?

C’est moins éprouvant que de descendre à la mine. Mais par rapport au travail, c’est extrêmement bien payé.

– Qui sont vos vrais amis?

Vous voulez leur prénom? (Rires.) Ce sont des gens qui ne font pas partie du cinéma. Je les aurais adorés quel que soit leur métier.

– Que souhaitez-vous à vos pires ennemis?

Comme me le disait une amie, un jour où j’étais en rage contre quelqu’un qui m’avait fait du mal: «Assieds-toi au bord de la rivière et attends que passe le cadavre de ton ennemi.»

– Qui aimeriez-vous voir répondre à ce questionnaire?

L’horloger Roger Dubuis! Je connais la marque depuis presque deux ans maintenant. Je prends une claque à chaque fois qu’ils me montrent une nouvelle collection. Je suis en train de porter la Quatuor, c’est une sorte d’objet d’art assez exceptionnel et hypnotisant avec quatre balanciers inclinés à 45 degrés! (Le Matin)

Créé: 26.01.2013, 11h11

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