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Interview Vanessa Paradis: «Je n'ai jamais fait un film par ambition!»

A l’affiche de «Sous les jupes des filles» d’Audrey Dana, elle a reçu «Le Matin» à New York. Confidences d’une discrète qui lâche prise, parfois.

Vanessa Paradis n’empêchera pas Lily-Rose, sa fille de 15 ans, de suivre ses traces un jour. (Image: Dukas)

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Vanessa Paradis parle en anglais de sa voix douce avec son assistante tout en arrivant à notre rendez-vous. C’est dans un hôtel de Manhattan qu’elle a accepté cette rencontre avec «Le Matin». Jeans et chemisier rose pastel, elle est souriante même si on la sait méfiante. Sur les écrans romands sort demain «Sous les jupes des filles», où elle est entourée d’une bande d’actrices dont Isabelle Adjani et Laetitia Casta. Au même moment, son premier film américain, «L’apprenti gigolo», est un succès. On le cite déjà sur la liste des premiers films possibles pour les prochains Oscars.

Vous nous recevez à New York. Est-ce donc le début d’une longue carrière américaine?

J’adore New York, où j’ai vécu il y a vingt ans. Mais je ne compte pas m’y installer pour faire carrière. Je ne fais aucun plan au cinéma. J’aime me laisser porter au gré des projets. Je me suis toujours sentie différente loin de la France et j’aime ça. J’aime être originale. (Rires.) Lorsque je parle anglais non-stop, j’arrive à perdre mon accent français et passer pour une Américaine. Mais souvent, durant une conversation, je bute sur un mot que je ne connais pas. Je me fige de peur en me disant que je passe pour une idiote (rires).

Comment était le tournage de «Sous les jupes des filles» avec toutes ces comédiennes, dont Isabelle Adjani et Laetitia Casta?

C’était jubilatoire. Nous étions heureuses d’y participer car la réalisatrice, Audrey Dana, est un vrai volcan. Elle a écrit 11 rôles de femmes très différentes pour nous toutes. Et elle était chacun de ses 11 personnages lorsqu’elle nous dirigeait.

Vous incarnez une femme d’affaires redoutable qui décide de retrouver ses anciennes amies d’école. Vous reconnaissez-vous dans ce rôle?

Absolument pas et c’est ce qui m’a séduite. Mon personnage, Rose, est une femme exécrable, bourrée de testostérone. Elle n’a aucune copine. Chaque actrice de cette comédie a été utilisée à contre-emploi. La femme que j’incarne est une peste. Personne ne peut la voir et elle ne supporte personne. Aucune de nous ne peut dire que son personnage lui ressemble, ce qui est tellement rare au cinéma.

Arrivez-vous à réaliser l’immense parcours que vous avez accompli en plus de 27 ans de carrière?

Je ne fonctionne pas à l’ambition. Je n’ai jamais voulu faire un film pour le succès. Je veux avant tout lire un beau scénario et faire une belle rencontre avec un réalisateur.

Votre fille Lily-Rose a fêté ses 15 ans le 27 mai, l’âge que vous aviez lorsque «Joe le taxi» a fait de vous une star. Allez-vous lui interdire de suivre vos traces si elle le désire?

C’est compliqué de répondre à cette question. J’ai tellement envie qu’elle puisse vivre sa vie… Mais en même temps si le désir d’être une artiste est aussi vrai et profond pour ma fille que cela l’était pour moi à cet âge-là, je pense que cela serait dommage de dire non.

Comment réagissez-vous lorsque votre vie privée fait la une des magazines people?

J’ai passé mon adolescence sous les projecteurs. Cela m’a appris à me taire dès qu’on me pose une question personnelle. Je suis nostalgique de l’âge d’or du cinéma où l’on faisait tout pour entretenir le rêve sur l’écran en gardant l’intimité la plus privée possible.

N’est-ce pas difficile de garder le silence lorsque votre ancien compagnon, le père de vos enfants, parle ouvertement de ses amours (ndlr: Johnny Depp qui va se marier avec l’actrice Amber Heard)?

Je comprends la curiosité des gens, mais ne comptez pas sur moi pour l’alimenter. J’ai toujours refusé d’aborder ma vie privée. Je pense qu’il n’y a rien de plus précieux à préserver.

Johnny Depp parle de votre domaine en Provence comme de son havre de paix loin de Hollywood. Est-ce que Los Angeles représente ce lieu de tranquillité pour vous loin de l’agitation parisienne?

Non, je vis une grande partie de l’année à Los Angeles pour la scolarité de nos enfants (ndlr: Lily-Rose, 15 ans et Jack, 12 ans). Ce sont eux qui aiment étudier en Californie. Je les comprends car le système des écoles à options y est merveilleux. J’aurais adoré aller dans des écoles comme cela dans mon enfance.

Est-ce que vous avez construit un modèle réduit de votre vie parisienne en Californie?

Non, c’est le contraire. Je ramène des choses de Californie chaque fois que je rentre à Paris comme des ingrédients de cuisine ou des habits.

Par exemple?

Je transporte avec moi du lait sans lactose. Dans ma famille, certains y sont allergiques. C’est plus difficile de trouver ce genre de produits à base de soja en France. Je suis aussi adepte d’une préparation qui permet de substituer les œufs pour faire des omelettes.

Vous dites refuser la dictature de la chirurgie esthétique.

Je ne juge pas les femmes qui le font, mais ça me fait peur. Je crois que la beauté est dans le regard des autres. Le principal est de se sentir bien dans sa peau.

Votre film «L’apprenti gigolo» est un succès aux Etats-Unis. Vous y incarnez une mère de famille issue d’une communauté juive orthodoxe de New York. Est-ce que cela vous prépare pour le remake de «Rabbi Jacob»?

Voilà une excellente question que personne ne m’a jamais posée (ndlr: pour la première fois elle semble sortir de sa réserve et éclate de rire.) Je n’y avais jamais pensé. Mais pourquoi pas «Rabbi Jacob» en comédie musicale? Je reprendrais la danse de Louis de Funès (ndlr: elle joint le geste à la parole et lève les bras au ciel).

Créé: 03.06.2014, 07h13

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