Samedi 6 juin 2020 | Dernière mise à jour 16:20

Famille Yann Moix battu «pour un oui ou pour un non»

Accusé d’avoir maltraité son petit frère Alexandre pendant de longues années et de mentir sur le comportement de son père, l'écrivain est défendu par deux amis.

Selon ses amis, Yann Moix dit la vérité. Ce qu'il a vécu durant son enfance «lui aurait gâché sa vie».

Selon ses amis, Yann Moix dit la vérité. Ce qu'il a vécu durant son enfance «lui aurait gâché sa vie».

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Mercredi 21 août, Yann Moix publiait «Orléans,» un livre dans lequel il raconte avoir été battu par son père. «Un flot de mensonges» selon son père José qui, dans une lettre transmise à «L’Obs», a reconnu «avoir probablement mal agi» mais nie le principal. À en croire le kinésithérapeute de 75 ans, son fils écrivain n'aurait jamais supporté la naissance de son petit frère Alexandre et aurait fait de sa vie un véritable enfer. Une version confirmée par ce dernier dans les colonnes du «Parisien», ce samedi 24 août. «Il se glissait jusqu'à mon lit pour m'étrangler ou m'asséner des coups alors que je dormais déjà. Ses poings pleuvaient sur ma couette comme des giboulées», raconte-t-il notamment.

Son frère avait créé un site contre Yann

Heureusement, Yann Moix peut compter sur le soutien de deux amis d'enfance, qui plaident aujourd’hui sa cause auprès de «Paris Match». S., qui l'a côtoyé de la maternelle au baccalauréat, affirme qu'Alexandre Moix «éprouve un véritable ressentiment» envers son frère aîné.

«Il y a dix ans, ce dernier avait déjà monté un site Internet contre Yann. Cela fait longtemps qu’il utilise ces canaux pour lui nuire. Il fut un temps où Yann le soupçonnait de modifier sa page Wikipédia», se souvient-il avant d'évoquer «la peur» qui envahissait le polémiste dès lors qu’il était face à son père. «Il marchait en permanence sur des œufs. La fureur de son père dont j’ai été parfois témoin n’avait rien à voir avec les colères et les gentilles remontrances du mien: elle se lisait sur son visage. On sentait que dès qu’on aurait tourné le dos, ça barderait pour lui.»

S. déclare également qu’un martinet était accroché dans la cuisine de la famille Moix. «Je me souviens que ma mère appelait le père de Yann pour excuser ce dernier du moindre retard, parce qu’il redoutait d’être battu. Cette phrase revenait sans cesse: «Si mon père apprend ça, il va me mettre une raclée.» Et il le faisait, pour un oui, pour un non. A coups de ceinture, de rallonge électrique…»

«Cela a entièrement gâché sa vie»

Cyril a connu Yann Moix en 1977, lorsqu’ils étaient en classe de CM1, et l’a désigné parrain de son fils. «Moi, je sais et je peux témoigner, que malgré le succès, qu’on aime Yann Moix ou qu’on ne l’aime pas, ce qu’il a vécu enfant a entièrement gâché sa vie», dit-il.

«Après l’école, nous jouions avec Yann en bas de chez lui. Puis je guettais le retour de son père qui rentrait tard, souvent après 22 heures, parfois même à minuit. Yann l’ignorait, mais inquiet pour lui, je collais l’oreille à leur porte et j’entendais ses cris, ses hurlements déchirants, les coups et les insultes de son père qui pleuvaient…» Des violences qui laissaient des traces sur le dos, ses cuisses et même sur son visage.

À l’instar de S., Cyril affirme qu’Alexandre Moix voue une forme de haine à son grand frère, mais pas pour les prétendus sévices qu’il lui aurait fait subir. «Je n’ai jamais eu vent que Yann l’ait maltraité. Je crois qu’Alexandre cherche surtout à défendre ses parents. Je crois qu’il en veut à Yann de l’avoir éclipsé. Et que Yann lui en veut de l’avoir souvent dénoncé à son père, provoquant sa colère et les coups.»

Des caricatures antisémites

Mais si des amis viennent à son secours, Yann Moix doit désormais répondre de pièces plus que gênantes révélées par l’«Express» le 26 août dernier. Il s'agit de plusieurs caricatures et textes antisémites et négationnistes publiés par entre 1989 et 1990 dans «Ushoahia, Le Magazine de l’extrême». Il était âgé de 21 ans à l'époque.

L'auteur s'est donc empressé de se justifier en répondant aux questions du journal. Yann Moix avoue ses fautes et tente de faire amende honorable, accusant une «erreur de jeunesse», motivée par sa fascination pour «Hara-Kiri», bible de l'humour noir dans laquelle il aurait aimé être publié. Aussi se défend-il de tout antisémitisme à cette époque, tout en affirmant que son éditeurs ont toujours été au courant.

Créé: 27.08.2019, 14h52

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