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Scandale Une société soupçonnée de vendre des anticancéreux périmés

L’entreprise Alkopharma basée à Martigny aurait vendu des traitements anticancer périmés, falsifiant les dates de péremption inscrites sur les emballages. Une enquête est en cours.

En France et en Suisse, le Thiotepa a été retiré du marché en octobre 2011.

En France et en Suisse, le Thiotepa a été retiré du marché en octobre 2011. Image: Keystone

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Un nouvel imbroglio sanitaire, à l’image du scandale des implants mammaires PIP, est décortiqué lundi par Le Temps.

Au cœur de l’affaire: la société française Alkopharma, un fabricant de médicaments installé à Martigny depuis 2003. La firme est accusée d’avoir falsifié les dates de péremption du Thiotepa, un médicament luttant contre le cancer, destiné notamment aux enfants atteints de leucémie.

Résultat: en novembre dernier, la firme de Martigny a reçu l’interdiction de poursuivre ses activités. Les mêmes suspensions ont touché ses filiales françaises Alkopharm et Genopharm. L’une d’entre elles a fermé début janvier, précise le quotidien. Une enquête est en cours en Suisse.

Alerte en Allemagne

Comment le pot-aux-roses a-t-il été découvert? Pour le savoir, il faut remonter au printemps dernier. A cette date, le laboratoire allemand Riemer sonne l’alarme. Riemser est le fabricant du principe actif du Thiotepa. Il le vendait à Alkopharma qui, lui, fabriquait le médicament pour sa commercialisation, précisait Le Figaro en novembre dernier.

Riemser alerte l’Agence française du médicament en mars 2011, dénonçant la circulation sur le marché de lots de médicaments périmés.

Le laboratoire allemand se base sur de lourds soupçons: le principe actif qu’il vendait à Alkopharma et ses filiales se périme en 18 mois. Alors que leurs dernières livraisons dataient de mars 2009, Alkopharma continuait de distribuer sur le marché des médicaments avec une date de péremption allant bien au-delà de celle du principe actif.

Suivi en Suisse

A la fin de l’été, le scandale arrive en Suisse. L’Agence française transmet le 22 septembre ses doutes sur les pratiques d’Alkopharma à son équivalent helvétique, Swissmedic. Des perquisitions sont effectuées le 28 septembre dans les locaux d’Alkopharma à Martigny, ainsi qu’à Grimisuat, chez son directeur Alain Bouaziz.

En France et en Suisse, le Thiotepa est retiré du marché en octobre, soit six mois après l’alerte. Un délai qui a outré les laboratoires Riemser, a souligné Le Figaro. L’enquête a montré que les lots de médicaments contrôlés ne présentaient que 85% de la dose active en France, selon Le Figaro, et étaient «nettement inférieurs» aux normes de Swissmedic, indique Le Temps.

Riemser a pour sa part porté plainte le 16 novembre dernier pour «faux et usage de faux», «tromperie» et «falsification» auprès du procureur de la République de Paris. Le coup de massue définitif est tombé le 30 novembre: la société Alkopharma, ainsi que ses filiales en France, ont vu leurs activités suspendues, pour tous les médicaments qu’elles fabriquent.

A Martigny, les employés sont encore présents sur le site, raconte lundi Le Temps qui s’est rendu sur place. Les employés y effectuent apparemment des tâches administratives. Le directeur, Alain Bouaziz, est lui par contre aux abonnés absents.

Précédent en 2005

Alain Bouaziz n’en est pas à son premier démêlé judiciaire. En 2005, la filiale Genopharm avait été suspendue en France en raison de nombreux dysfonctionnements, indique encore Le Temps.

Le Thiotepa est un traitement anti-cancer fabriqué depuis les années 1970. Sa fabrication est assez compliquée et peu rentable, ce qui le met toujours à la limite de la rupture de stock. Des alternatives existent désormais pour en éviter l’usage. Le médicament, qui a fait ses preuves, reste toutefois encore prescrit par de nombreux cancérologues. (nxp)

Créé: 16.01.2012, 10h49

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