Lundi 16 juillet 2018 | Dernière mise à jour 00:46

Pollens Les allergies explosent

Le nombre de personnes victimes des pollens et autres agents allergènes ne cesse d’augmenter: une sur quatre aujourd’hui, et vraisemblablement une sur deux en 2050.

Avec l’arrivée du printemps, les pollens vont réveiller de nombreuses allergies.

Avec l’arrivée du printemps, les pollens vont réveiller de nombreuses allergies. Image: iStock

À craindre dans un avenir proche

1: Une apparition encore plus précoce de la saison pollinique.

2: Une éventuelle augmentation des quantités de pollens.

3: Apparition de nouvelles espèces végétales allergènes, notamment de la région méditerranéenne (cyprès, pariétaire). Risque d’allergies pour ceux qui n’en manifestaient pas jusqu’alors.

4: Propagation de l’ambroisie et augmentation de la quantité de son pollen.

5: Davantage de pollens en montagne en raison du réchauffement climatique.

1,2 Million

C’est, en Suisse, le nombre de personnes aujourd’hui atteintes d’allergie.

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Depuis vingt ans, le nombre de personnes allergiques a doublé en Suisse. Selon aha! Centre d’allergie suisse, nous sommes aujourd’hui entre 20 et 25% à réagir de manière excessive aux pollens, aux acariens, aux poils de chat ou encore à certains aliments. Et ce n’est pas terminé! L’Organisation mondiale de la santé (OMS) pronostique qu’en 2050 un individu sur deux souffrira d’un tel problème.

Il n’y a pas d’âge pour que cela commence. «Les allergies n’apparaissent pas uniquement durant l’enfance, assure la Dre Danièle Allali, chef de clinique au Service d’allergologie des Hôpitaux universitaires de Genève (HUG). On voit régulièrement des adultes, plus ou moins âgés, qui n’avaient jamais rien eu, commencer à manifester des symptômes.»

Excès d’hygiène

Alors pourquoi une telle explosion? Parmi les explications avancées: l’excès d’hygiène. «Les gens sont plus touchés par les allergies dans les pays occidentalisés, poursuit la spécialiste. Il ne fait aucun doute qu’on les diagnostique davantage que dans les pays en voie de développement, où il y a d’autres priorités sanitaires qu’un nez qui coule. L’autre explication, c’est que le mode de vie est différent; beaucoup moins aseptisé…» Or il est démontré que, moins on a eu d’infections durant l’enfance, plus le risque de développer des allergies est élevé. Le système immunitaire, qui n’a pas eu l’habitude de se défendre contre des microbes, se met alors à surréagir face à des agents extérieurs qui sont en réalité anodins.

Les modifications environnementales jouent également un rôle important dans ce boom des cas d’allergies. Ainsi, avec le réchauffement climatique, les périodes de pollinisation s’allongent, les quantités d’allergènes augmentent. On est par conséquent davantage exposé à ces poussières végétales. Ce qui accroît ainsi le risque de réactions.

Car, pour développer une allergie, il faut à la fois avoir une prédisposition génétique, mais également être exposé à l’agent que le corps va combattre. «Le développement d’une allergie se réalise en deux phases: une phase initiale de «sensibilisation» – sans symptôme – et une seconde phase de «réaction allergique» – avec symptômes», explique Bettina Jakob, responsable communication pour aha! Centre d’allergie suisse. Si les pollens sont à l’origine d’une majorité des cas d’allergie (une personne sur cinq), ils ne sont pas les seuls à nous faire souffrir. Ainsi, près de 7% des Suisses sont sensibilisés aux allergènes félins ou canins. «Malheureusement nous n’avons pas de chiffres sur le nombre de personnes réellement allergiques aux animaux», précise Bettina Jakob.

Quant aux acariens ou aux poussières de maison, ils indisposent, eux aussi, de plus en plus de monde (6,3%). Avec, pour explication, des habitations plus chauffées qu’autrefois, souvent climatisées, avec un taux d’humidité important, ce qui favorise le développement de ces bestioles microscopiques.

Ouvrir les fenêtres

«La meilleure solution pour lutter contre les acariens, c’est d’ouvrir la fenêtre un quart d’heure chaque matin, ce qu’on fait de moins en moins, de passer l’aspirateur deux fois par semaine et de laver régulièrement duvets et oreillers», conseille la Dre Danièle Allali. Ceux qui souffrent d’une allergie peuvent la voir s’intensifier au fil des ans, en développer d’autres. Ou pas… «Il n’y a pas de règles», assure l’allergologue. En revanche, il est conseillé de consulter un spécialiste en cas de rhinite persistante. Quand une allergie n’est pas traitée, elle peut effectivement aller jusqu’à développer de l’asthme, dont les conséquences peuvent alors être fatales. (Le Matin)

Créé: 26.03.2018, 15h23

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