Mardi 26 septembre 2017 | Dernière mise à jour 05:33

Prévention Cancer du sein, le dépistage paie

Si la mammographie peut entraîner des effets secondaires, elle sauve surtout des vies. Un message qui passe bien en Suisse, contrairement à la France.

Edito

Le cancer du sein frappe chaque année près de 5900 femmes en Suisse. Il détient aussi le triste record de cancer le plus meurtrier pour le sexe féminin, avec 1400 décès par an. Toutefois – petite note positive –, la maladie se soigne de mieux en mieux. Et tue de moins en moins. Un effet conjugué des progrès de la médecine et du dépistage.

Selon les dernières études scientifiques, la prévention – dont, principalement, la mammographie – permet de réduire de 25% la mortalité. Un chiffre important. Pourtant, cet examen est actuellement méchamment contesté en France. Des femmes le jugeant inutile, voire à risque. Cette attitude suscite, bien sûr, de l’inquiétude chez les gynécologues.

Chez nous, une telle défiance n’est pas à l’ordre du jour. Du moins dans les cantons qui ont mis sur pied des programmes de dépistage. Soit douze d’entre eux (pour dix programmes). Autrement dit, une minorité. Ce qui revient à dire que dans une grande partie du pays – côté alémanique –, les femmes, entre 50 et 69 ans, n’ont pas besoin de s’interroger sur les bienfaits d’une telle offre de prévention gratuite. Elle n’existe pas.

Alors, certes, le dépistage du cancer du sein n’est pas parfait. Il peut être la cause d’angoisses dues à des examens faussement critiques (deux à trois fois, en moyenne, dans la vie d’une femme). Ou diagnostiquer des cancers (6 à 8%) qui n’évolueront pas… Mais, en parallèle, il permet d’éviter de lourds traitements en détectant, très précocement, de vraies cellules malignes. Et, surtout, de sauver de nombreuses vies. Alors à chacune de peser le pour et le contre. Mais un tel choix ne devrait en aucun cas être dicté par des motifs économiques.

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Les gynécologues français tirent la sonnette d’alarme. Car, disent-ils, le dépistage du cancer du sein aurait diminué «de façon historique» ces derniers mois. La faute aux multiples polémiques qui entourent cet examen. Résultat: les spécialistes verraient arriver des patientes avec des tumeurs à un stade plus avancé qu’auparavant. Car, en France comme en Suisse, on entend beaucoup de choses autour du dépistage.

Par exemple, que l’irradiation de la mammographie peut elle-même provoquer un cancer. Autre critique: le risque de surdiagnostic, c’est-à-dire la détection et l’ablation de cellules qui n’auraient jamais évolué en cancer, ou trop lentement pour causer la mort de la patiente.

Des arguments que Béatrice Arzel, directrice de la Fondation genevoise pour le dépistage du cancer, ne conteste pas. «Comme tout examen, la mammographie peut avoir des effets secondaires. Par exemple, des «faux positifs», c’est-à-dire des images douteuses qui vont entraîner des examens complémentaires et de l’angoisse, pour aboutir finalement à un diagnostic négatif. Mais il faut aussi savoir que les dernières études montrent une baisse de la mortalité de 25% chez les femmes qui se font dépister.»

Cependant, les polémiques n’ont pas épargné la Suisse: il y a trois ans, un rapport du Swiss Medical Board (un institut zurichois) remettait fortement en cause les bénéfices de cet examen préventif. «Cela a eu un impact en Suisse alémanique. Certains cantons ont mis un frein à leur programme de dépistage, voire y ont renoncé. Mais en Suisse romande, l’effet a été très modéré. Des femmes posaient des questions, mais on n’a pas enregistré de baisse», poursuit la doctoresse.

À Genève, une récente étude a ainsi montré que 86% des femmes, âgées de 50 à 69 ans, avaient fait une mammographie au cours des quatre dernières années, que cela soit à titre privé ou dans le cadre d’une campagne organisée. Aujourd’hui, la Suisse compte dix programmes de dépistage, notamment dans l’ensemble de la Suisse romande. Globalement, «le nombre de décès ou de patientes gravement mutilées est en diminution», souligne Ewa Mariéthoz, responsable qualité pour Swiss Cancer Screening.

Quant au mot d’ordre actuel en matière de dépistage, il est actuellement à «l’information honnête» et à la responsabilité individuelle. «À chacune de choisir, en fonction de sa vision du monde et des risques qu’elle est prête à assumer», conclut Béatrice Arzel. (Le Matin)

Créé: 27.06.2017, 06h33

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