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Grande-Bretagne La chirurgie esthétique génitale en plein boum

Les gynécologues britanniques ont tiré la sonnette d'alarme devant la croissance, chez les jeunes filles et les femmes, à recourir à la chirurgie esthétique génitale, soulignant l'influence du porno dans ce phénomène.

Image: © tranquilizer - Fotolia.com

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En Angleterre, le nombre d'opérations de réduction des lèvres du sexe féminin, ou labiaplastie, menées par le service public de santé NHS a été multiplié par cinq en dix ans, selon les statistiques citées par le Royal College of Obstetricians and Gynaecologists (RCOG). En 2010, quelque 2.000 opérations de ce type ont été réalisées dans le secteur public hospitalier, selon cette source.

Mais ce n'est "probablement que la partie émergée de l'iceberg par rapport aux opérations menées dans le secteur privé, où il n'y a pas d'obligation de tenir un tel registre de données", a souligné Sarah Creighton, membre du comité d'éthique du RCOG qui publie vendredi une série de recommandations pour les praticiens.

Or "on n'a pas noté de recrudescence de pathologies ces dix dernières années qui puisse expliquer la hausse de la demande de ce type de chirurgie", a-t-elle ajouté lors d'une conférence de presse jeudi à Londres.

Influencées par la pornographie

Pour le philosophe Thomas Baldwin, un autre membre du comité d'éthique, la hausse du recours à ces opérations provient d'une "conception faussée basée uniquement sur l'image du sexe féminin véhiculée par la pornographie".

Les experts s'inquiètent en particulier de voir des adolescentes requérir ce type d'opérations, et soulignent le manque d'information disponible sur les effets à long terme de ces interventions chirurgicales, notamment en ce qui concerne l'activité sexuelle.

Le comité d'éthique recommande donc que ces opérations de chirurgie esthétique génitale ne soient pas menées sur des jeunes femmes de moins de 18 ans, étant donné les transformations physiques en cours au moment de la puberté.

"Plus tôt une fille subit une labiaplastie (...) plus grand sera le risque de cicatrices et de perte de sensibilité", avertit la Société britannique de gynécologie des adolescentes (BritSPAG).

Le comité d'éthique préconise aussi que ces interventions ne soient pas pratiquées au sein du secteur public de santé "à moins qu'il y ait une justification médicale".

"J'espère qu'une fois appliquées, nos recommandations aideront à rassurer de nombreuses filles et femmes sur le fait qu'elles sont parfaitement normales et n'ont pas besoin de chirurgie", a déclaré Suzi Leather, présidente de ce comité. Le comité d'éthique a aussi appelé les médecins pratiquant ce genre de chirurgie esthétique à faire particulièrement attention à la justification de tels actes et à s'assurer qu'ils ne relèvent pas de la mutilation génitale qui constitue, elle, un délit. (afp/Le Matin)

Créé: 15.11.2013, 14h19

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