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ALIMENTATION Et si on essayait le végétarisme?

Berne dénonce les dangers du végétalisme pour les enfants. Mais le végétarisme, dont c’est la Journée mondiale, n’a pas la défaveur des professionnels, pour peu qu’il soit géré en conscience.

Les parents doivent-ils imposer le végétarisme à leurs enfants?

Conseils

Swissveg donne volontiers des informations aux personnes intéressées par le végétarisme: sante@swissveg.ch.
Laurence Froidevaux tient un blog consacré à la cuisine
végétarienne: www.plantastique.com

Témoignage

Catherine Le Goff, maman végétarienne et membre de l’association Swissveg explique que «c’était parfois un peu compliqué pour la vie sociale». Concrètement:

 Depuis quand avez-vous décidé de passer à une alimentation végétarienne?

Depuis 8 ans. Il y a un cheminement qui s’est fait. Nous avons commencé par privilégier les produits bio, notamment pour la viande, en nous disant que les animaux étaient sans doute mieux traités. Puis nous nous sommes dit que ne pas les tuer du tout serait encore mieux. Ça a été une décision familiale.

Il n’y a jamais eu de regret de la part de vos enfants ou des difficultés par rapport à leur vie sociale?

Mon fils m’a dit un jour qu’il aimait quand même bien le saumon, mais sinon non. Et pour la vie sociale, c’est vrai que parfois cela a été un peu compliqué. Mais nous sommes presque végétaliens à domicile et végétariens dehors, donc cela est plus facile à gérer. Et aujourd’hui adultes, ils continuent dans cette alimentation, donc ils sont convaincus.

Avez-vous eu peur des carences?

Oui, au début nous avons fait très attention, je me suis beaucoup documentée. Et à l’époque on trouvait moins facilement certains produits végétariens. Leur arrivée en grande surface a quand même facilité la vie des personnes qui souhaitent manger sans viande.

 Vos enfants ont-ils été plus malades que leurs camarades?

Au contraire, nous ne connaissons plus ni rhume ni grippe. L’eczéma de mon fils a disparu et ma fille souffre beaucoup moins du rhume des foins.

Quelques définitions

Végétarisme Nourriture basée sur des aliments pour lesquels aucun animal n’a été tué.

Lacto-végétarisme Alimentation essentiellement végétale complétée de produits laitiers mais sans œufs. 

Ovo-végétarisme Alimentation essentiellement végétale
complétée d’œufs mais sans produits laitiers.

Ovo-lacto-végétarisme Œufs, laitages mais aucun aliment provenant d’animaux tués, ni gélatine ni graisse animale par exemple. 

Végétalisme Aucun aliment provenant d’animaux: laitages, œufs, miel.

Pescétarisme Alimentation sans viande mais incluant poissons
et fruits de mer.

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Selon le chiffre de l’Office fédéral de la santé publique, les végétariens représentaient environ 2% de la population en 2012, un chiffre qui a doublé en 15 ans. La Journée mondiale du végétarisme est une bonne occasion pour tester quelques idées reçues sur ce mode alimentaire qui gagne doucement du terrain. En effet si la pratique stricte du végétarisme est encore plutôt confidentielle, de plus en plus de personnes souhaitent diminuer leur consommation de viande ou de poisson pour des motifs écologiques, philosophiques ou de santé.

Le végétarisme n’est pas adapté aux enfants

FAUX, sous réserve de combler leurs besoins spécifiques en adaptant leur alimentation, selon Laurence Froidevaux, docteur en chiropratique. «Les aliments d’origine végétale sont riches en vitamines, fibres, antioxydants, sels minéraux. Au contraire de ceux d’origines animales qui n’en contiennent pas ou peu, mais beaucoup de graisses saturées et des protéines acidifiantes qui favorisent les maladies chroniques en Occident. Il est important de fournir aux enfants qui grandissent beaucoup d’énergie de bonne qualité nutritionnelle. Il est donc nécessaire de bien varier leur alimentation, et de baser les repas sur les légumineuses, féculents et céréales complètes et aussi d’incorporer de bonnes graisses comme les noix, graines de lin et avocat.» Selon Maude Bessat, diététicienne au programme Contrepoids des HUG, il arrive que des enfants soient carencés, mais essentiellement dans le cas d’une alimentation végétalienne.

Le régime végétarien ne peut pas créer de carences puisque les fruits et les légumes c’est bon pour la santé

VRAI ET FAUX, suivant si on l’équilibre correctement. «Si on se lance dans le végétarisme en arrêtant simplement la viande, cela n’ira pas, commente Maude Bessat. Mais si on mange tout le reste, à savoir laitages, œufs et surtout céréales et légumineuses pour le fer et les protéines, on peut tout à fait équilibrer son alimentation.» Sans compter que, selon l’OMS, nous consommons bien plus de protéines que nécessaire.

L’usage de compléments alimentaires est obligatoire dans le cas du végétarisme

EN PRINCIPE C’EST FAUX. «Le complément alimentaire nécessaire chez les végétaliens est la vitamine B12, qui est le produit d’une bactérie qui prolifère dans les matières en décomposition comme la viande, le lait et les œufs, explique Laurence Froidevaux. Et cette carence existe chez les omnivores aussi, souvent chez des personnes mangeant trop de protéines et de graisses animales.»

On ne devrait pas être végétarien avec un système immunitaire affaibli par l’âge, la grossesse ou certaines maladies

FAUX, à condition de veiller à une alimentation riche en aliments complets, variés et non raffinés. «Quelqu’un qui ne mange que du pain blanc et du fromage finira malade au même titre que quelqu’un qui ne mange que du pain blanc et de la viande. Le végétarisme, pour être un mode de vie sain, ne se limite pas à l’élimination de la viande, mais plutôt à incorporer des aliments végétaux complets et variés à chaque repas.»

Les végétariens sont faibles et souvent malades

IL SEMBLE QUE CE SOIT FAUX, selon des études récentes et toujours dans le cas où l’alimentation est équilibrée. Plusieurs recherches ont même conclu que certaines maladies chroniques ou traitements lourds comme des chimiothérapies pouvaient être soulagés par une suppression ou une diminution de la viande. «Mais cela tient sans doute aussi à l’hygiène de vie des personnes végétariennes, précise Maude Bessat. Alimentation locale, de saison, marche, vélo, gestion différente du stress, la philosophie de vie de ces personnes joue sans doute un rôle aussi.»

Créé: 01.10.2014, 13h31

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