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Psychologie Interpréter les émotions, une affaire de confiance

Les êtres humains accordent un haut degré de confiance à leurs interprétations des émotions d'autrui, relèvent des chercheurs genevois.

Une trentaine de cobayes ont passé une IRM.

Une trentaine de cobayes ont passé une IRM. Image: Archive/photo d'illustration/AFP

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«Toutes nos décisions dépendent de la confiance que l'on accorde à notre propre interprétation. Pourtant, elles sont parfois incorrectes alors que notre confiance est totale», ont expliqué dans un communiqué l'Université de Genève (UNIGE) et les Hôpitaux universitaires de Genève (HUG), à l'origine d'une étude publiée dans la revue Social, Cognitive and Affective Neuroscience.

Les scientifiques genevois, qui ont mené une expérience auprès de 34 personnes, ont même constaté «une confiance émotionnelle démesurée» lorsqu'il s'agit d'interpréter les expressions du visage d'une autre personne. «Nous estimons que notre première impression est la bonne et faisons confiance à notre jugement sur un regard ou une bouche en colère», ont noté les chercheurs.

Ils ont cité en exemple l'affaire Trayvon Martin, du nom de ce jeune Afro-Américain de 17 ans, tué par un policier en 2012 alors qu'il ne représentait aucun danger. Le policier n'a pas vu «un jeune homme impatient attendant devant chez lui, mais un homme de couleur en colère rôdant devant une maison», a expliqué Indrit Bègue, chercheuse au département de psychiatrie de l'UNIGE et médecin aux HUG, citée dans le communiqué.

Apprendre à interpréter les émotions

La confiance accordée aux interprétations d'un visage découle des expériences du passé. Lorsqu'il s'agit d'évaluer cette confiance, ce sont les zones du cerveau liées à la mémoire autobiographique et contextuelle qui travaillent, ont remarqué les chercheurs genevois, qui ont fait passer une IRM à leurs 34 cobayes.

«Que le parcours de vie ait tant d'importance peut poser problème au quotidien, car nos expériences peuvent biaiser notre jugement», a prévenu Indrit Bègue. «C'est pourquoi il est capital de donner un retour sur nos émotions pour apprendre aux enfants à les interpréter correctement», a-t-elle ajouté. (ats/nxp)

Créé: 22.12.2018, 12h56

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