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Santé Le mal de dos se soigne grâce à l’activité physique

Franck Ribéry a renoncé à la Coupe du monde à cause de douleurs dorsales.

Image: DR

De quoi on parle?

Les faits

Le 6 juin dernier, le footballeur Franck Ribéry déclarait forfait pour le Mondial au Brésil à cause de douleurs au dos. La semaine suivante, des déclarations du médecin
de l’équipe de France faisaient polémique. Selon lui, l’attaquant du Bayern Munich aurait refusé une infiltration de cortisone par «peur des piqûres».

Le bilan

Problème: les douleurs dorsales – appelées aussi lombalgies ou lumbago – ne se soignent que très rarement avec des piqûres. On ne les traite pas non plus par l’inactivité ou en gardant le lit. Au contraire, l’activité physique est la meilleure manière de les traiter.

Ne pas confondre lombalgie et sciatique

La sciatique est un mal de dos bien particulier et moins fréquent que la lombalgie. La douleur dans le dos peut être semblable, mais elle rayonne en suivant le trajet du nerf sciatique, tout le long de la jambe, parfois jusqu’au pied. Son origine est une inflammation de ce nerf, le plus souvent causée par une hernie discale: le noyau d’un disque intervertébral se déplace jusqu’à coincer le nerf. La plupart des sciatiques disparaissent d’elles-mêmes mais cela prend parfois plusieurs mois. Une infiltration de cortisone peut ici être pertinente. Dans certains cas, une opération pour retirer la hernie discale est proposée.

Pas plus de mal de dos qu'il y a un siècle

C’est un poncif rabâché à longueur de colonnes: le mal de dos serait le mal du siècle, une maladie toujours plus fréquente liée au manque d’activité physique et à des activités professionnelles qui sollicite trop, ou mal, le dos. Mais plusieurs études battent en brèche ce constat et font observer que les lombalgies ne sont pas plus courantes qu’il y a cent ans.Un élément a pourtant changé: le mal de dos est très mal perçu dans notre société, qui exige toujours plus de rentabilité des individus. Et s’il n’est pas plus fréquent qu’autrefois, il cause une souffrance psychologique et un stress intenses. Or ces deux éléments accroissent le risque que le mal de dos devienne chronique (voir infographie). Un cercle vicieux dont l’issue la plus défavorable est l’invalidité. «Les employeurs ont pourtant
une carte importante à jouer, plaide le Dr Stéphane Genevay, des HUG. Au lieu de renvoyer leurs employés à la maison, ils devraient adapter provisoirement l’activité de ceux-ci. Ce faisant, ils participeraient directement au maintien de leur activité physique et contribueraient à leur guérison.»

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Qui n’a jamais connu une douleur dans le dos? Très peu de gens. On estime que quatre personnes sur cinq souffrent au cours de leur vie d’une lombalgie. Mais bonne nouvelle: sauf dans de très rares cas où le mal de dos est le symptôme d’une autre maladie (fracture, infection, maladie inflammatoire ou tumeur, notamment), la douleur disparaît d’elle-même. Près de neuf maux de dos sur dix sont des lombalgies dites communes, c’est-à-dire des douleurs dans le bas du dos, à la hauteur des vertèbres lombaires (voir infographie) qui peuvent irradier vers le bas ou vers le haut jusqu’à la nuque.

Chorégraphie des muscles

Comment agir? A l’inverse d’une idée largement répandue, le traitement premier de la lombalgie n’est pas le repos mais le mouvement! «Il faut bouger, et le plus rapidement possible!» explique le Dr Michael Norberg, chef de clinique en rhumatologie au Centre hospitalier universitaire vaudois (CHUV). Plus question de garder le lit, confirme son confrère Stéphane Genevay, médecin adjoint aux Hôpitaux universitaires de Genève (HUG): «On le prescrivait il y a vingt ans car on imaginait que la lombalgie était causée par quelque chose d’abîmé dans la colonne que le repos aurait permis de réparer. Nous obtenons toujours davantage de preuves que cette explication ne tient pas. Au contraire, nous pensons aujourd’hui que des problèmes musculaires sont responsables de la lombalgie. Notre dos tire sa mobilité extraordinaire du ballet complexe de dizaines de petits muscles. Parfois, la coordination entre ces muscles connaît des ratés – un peu comme lorsque l’on se mord la langue en mangeant – et la lombalgie apparaît.»

D’où l’idée de prescrire du mouvement. «L’activité physique agit sur les muscles», reprend le Dr Genevay. Sollicités, ceux-ci se remettent en route et l’on évite qu’ils se rouillent davantage, voire fondent au fil de semaines d’inactivité. A force d’utilisation progressive, le blocage musculaire finit par se résoudre. «La seule mesure de prévention réellement efficace contre le mal de dos est d’entretenir une bonne condition physique», insiste encore le spécialiste.

Mais faire bouger des personnes qui ont mal peut être difficile. Le mouvement doit être adapté à la douleur. Le soignant doit tenir compte des craintes de son patient et se montrer rassurant. «Un blocage de dos peut être très angoissant, note le Dr Genevay. Certaines personnes craignent de ne plus pouvoir marcher ou développent une peur du mouvement.» Or ces situations où la douleur et la peur se renforcent mutuellement doivent être évitées, car elles augmentent le risque que la lombalgie s’installe durablement.

A côté d’un soutien mental, il faut bien sûr un traitement contre la douleur (antalgie) pour permettre de bouger davantage. L’antalgie repose sur des médicaments de la famille de l’aspirine, de même que sur l’application de froid ou de chaud sur la zone du dos douloureuse. Des massages ou des manipulations pratiqués lors de séances de physiothérapie peuvent aussi aider, de même que l’ostéopathie ou la chiropractie.

Attention néanmoins, «la thérapie manuelle doit être active, insiste le Dr Michael Norberg, rééducateur au CHUV. Il s’agit de faire des exercices spécifiques en compagnie du soignant et de travailler les mouvements prescrits chez soi. Ceux-ci doivent être adaptés aux caractéristiques de chaque personne.» Il arrive que la douleur s’accroisse dans les premiers jours de traitement. Mais quoi qu’il en soit, il faut être patient, car elle ne disparaît pas du jour au lendemain. Dans la plupart des cas, cependant, elle se résorbe en moins de six semaines. Dans le cas contraire, «il faut revoir son médecin», conseille le Dr Norberg.

L’infiltration est inefficace

Et les infiltrations de cortisone, comme évoquées dans le cas Ribéry, sont-elles efficaces? «Aucunement dans le traitement d’une lombalgie aiguë, soit durant moins de six semaines», explique le Dr Norberg. Ce qui est logique, puisque la cause est musculaire. Dans certains cas, c’est vrai, les injections peuvent soulager partiellement un sportif professionnel qui n’a pas le loisir d’adapter ses mouvements à son mal de dos, mais les résultats sont très peu convaincants à long terme. Le Dr Genevay complète: «Même dans le cas d’une douleur installée depuis plusieurs semaines, les injections de cortisone ne se justifient que dans des situations spécifiques, comme l’inflammation d’une vertèbre. L’effet est au mieux éphémère et les rechutes fréquentes.» (Le Matin)

Créé: 29.06.2014, 09h34


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