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Médecine L'utilité des robots chirurgicaux mise en doute

Les robots chirurgicaux se sont fait une place dans les hôpitaux en Suisse. Mais ils coûtent cher pour des avantages minimes.

Le robot chirurgical Da Vinci Xi a été présenté en mai 2015 aux Hôpitaux Universitaires de Genève (HUG)

Le robot chirurgical Da Vinci Xi a été présenté en mai 2015 aux Hôpitaux Universitaires de Genève (HUG) Image: Keystone

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Le système chirurgical robotisé «Da Vinci» existe depuis une quinzaine d'années. Il en existe 28 en Suisse, ce qui fait dire à Tullio Sulser, directeur de la clinique d'urologie de l'Hôpital universitaire de Zürich (USZ) que la Suisse «a parmi les plus fortes densités de robots».

La Clinique de la Source à Lausanne a son département de chirurgie robotique et les Hôpitaux Universitaires de Genève (HUG), qui réalisent ce genre d'opérations depuis 2006, sont même équipés de la dernière version Xi depuis le premier semestre 2015.

Chaque unité, spécialisée dans l'ablation de la prostate en cas de cancer, coûte près de deux millions de francs, auxquels il faut ajouter 200'000 francs annuels d'entretiens. Des systèmes qui coûtent plus cher que des chirurgiens pour des avantages remis en doute, résume le Tages-Anzeiger dans son édition du 3 octobre 2016.

Peu d'avantages

Une étude publiée dans The Lancet a relancé le débat sur l'utilité de tels robots. L'enquête a été menée par des médecins réunis autour de Robert Gardiner de l'Université du Queensland à Brisbane (Australie). Elle a comparé deux chirurgiens expérimentés qui opéraient soit de manière traditionnelle dans un bloc soit en utilisant «Da Vinci».

L'étude a montré que les patients des deux groupes souffraient trois mois après l'opération des mêmes problèmes d'incontinence (70%) et de troubles érectiles (30%). Même constat pour le nombre de jours durant lesquels les patients se déclaraient encore souffrant.

Conclusion pour Tullio Sulser: «le bénéfice pour le patient est moins grand que prévu jusqu'à présent.» Un malade souffre moins de pertes de sang et a besoin de moins de transfusion avec «Da Vinci» mais le directeur partage la conclusion des auteurs de l'étude. «C'est l'opérateur, avec son expérience, et non la machine qui fait la différence.»

Indispensable pour les hôpitaux

L'étude doit encore publier les résultats de ses observations sur le plus long terme mais les spécialistes n'en attendent pas de variations fondamentales pour les effets secondaires.

En Suisse, de 80 à 90% des ablations de la prostate sont réalisées par ces robots mais les hôpitaux les utilisent également pour des opérations des reins, de la vessie, du gros intestin ou encore de l'estomac.

Ces robots chirurgicaux sont devenus indispensables dans de nombreuses cliniques. Celles qui n'en ont pas voient leur clientèle décliner et n'arrivent pas à recruter des urologues. «Sans «Da Vinci», même nous à l'USZ n'aurions pas de patients atteints du cancer de la prostate. Ces robots sont désormais une offre que nous devons avoir dans notre assortiment», reconnaît Tullio Sulser.

Coûts et sous-utilisation

Le problème vient également du coût des opérations assistées par un robot, qui sont de 1500 à 3000 francs supérieurs aux opérations traditionnelles. Des frais à la charge des hôpitaux car les assurances paient un montant identique pour l'intervention, qu'elle soit menée par un homme ou «Da Vinci».

Mais l'opération est plus courte d'une demi-heure et les patients restent moins longtemps à l'hôpital. Quant à l'opérateur qui reste assis, il se fatigue moins que lors d'une intervention normale où il est debout pendant trois ou quatre heures. Mais il reste un ultime problème pour ces robots: il y en a tout simplement trop en Suisse, ce qui se traduit par une sous-utilisation. (nxp)

Créé: 03.10.2016, 10h51

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