Vendredi 21 septembre 2018 | Dernière mise à jour 21:54

Sciences Le virtuel, avenir de la médecine?

Les avatars imaginés par le projet Health UE réuniraient toutes les données personnelles de chaque individu pour un suivi médical plus efficace. L’idée fait son chemin.

Un double de soi-même sous forme virtuelle, pour mieux gérer sa santé et se soigner plus efficacement.

Un double de soi-même sous forme virtuelle, pour mieux gérer sa santé et se soigner plus efficacement. Image: Health EU

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Et si chacun disposait d’un jumeau digital, un double de lui-même qui réunirait toutes ses données personnalisées pour un meilleur suivi médical? C’est l’idée audacieuse que propose Health EU, un projet mené par 47 partenaires européens et dirigé par l’École polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL), en coordination avec un institut néerlandais.

Pour mener à bien son ambition, Health UE s’est porté candidat à l’obtention d’un programme multidisciplinaire de recherche de l’Union européenne avec – à la clé – un financement d’un milliard d’euros sur dix ans.

Pour réduire les coûts de la santé

Cet avatar virtuel n’est pas destiné qu’aux personnes malades mais à tout un chacun. Il servirait à instaurer une meilleure prévention des maladies avec des diagnostics précoces, à offrir un suivi plus précis et un ciblage individualisé pour les traitements médicaux, et à minimiser les erreurs médicales et les traitements inefficaces. «Si notre projet est validé, il risque de changer considérablement l’avenir de la médecine car notre système de santé se base aujourd’hui sur l’intervention. On constate une maladie pour ensuite intervenir. Avec un meilleur diagnostic, nous pourrions réduire les coûts de la santé», souligne Adrian M. Ionescu, professeur à l’EPFL, l’un des initiateurs du projet.

Pour constituer son jumeau digital, des données génomiques, biologiques, environnementales et comportementales (habitudes, styles de vie) doivent être collectées. Pour se faire, les spécialistes utiliseront divers instruments et techniques: capteurs, implants, nanomédecine, imagerie médicale et «organ-on chip». Cette technologie n’interférerait en aucun cas dans la vie quotidienne. Invisibles, les biocapteurs connectés se trouveraient par exemple dans le bracelet d’une montre, dans une paire de lunettes, dans les vêtements ou même les tatouages. Ces outils donneraient des informations utiles dans des multiples domaines de médecine translationnelle, ciblant particulièrement les maladies cardiovasculaires, métaboliques, neurodégénératives et le cancer.

Si tout se passe comme prévu pour le projet Health EU, il sera mis en œuvre en 2020 et les premiers résultats dans le domaine du cancer et du cardiovasculaire seront disponibles en 2030. (Le Matin)

Créé: 28.02.2018, 07h24


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