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Allemagne Du bleu outremer dans du tartre dentaire

Le bleu outremer était obtenu par broyage de la pierre fine de lapis-lazuli. Il a été découvert dans la dépouille d'une nonne en Allemagne.

La femme dont le tartre dentaire contenait du bleu outremer était enterrée à côté du couvent de Dalheim, près de Lichtenau (D).

La femme dont le tartre dentaire contenait du bleu outremer était enterrée à côté du couvent de Dalheim, près de Lichtenau (D). Image: Screenshot

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Une équipe de chercheurs avec participation suisse a retrouvé des restes de bleu outremer sur la dépouille d'une femme du Moyen Âge. C'est le premier indice direct du fait que des femmes auraient travaillé avec ce pigment extrêmement précieux utilisé pour les enluminures des manuscrits.

Historiquement obtenu par broyage de la pierre fine de lapis-lazuli, le bleu outremer était à l'époque parmi les plus coûteux des pigments. Il valait aussi cher que l'or et n'était confié qu'aux meilleurs artistes. Ce n'est qu'au 19e siècle qu'une version synthétique de ce bleu profond et lumineux a été mise au point.

Une équipe internationale autour de Christina Warinner, chercheuse notamment à l'Université de Zurich, a découvert en 2014 des particules de bleu outremer dans le tartre dentaire d'une femme enterrée à côté du couvent de Dalheim, près de Lichtenau (D). Il s'agissait probablement d'une nonne, dont l'âge est estimé entre 45 et 60 ans.

La datation de sa dépouille donne une fourchette comprise entre 997 et 1162 de notre ère, selon ces travaux publiés dans la revue Science Advances. Les analyses des particules piégées dans le tartre dentaire ont montré que cette femme a travaillé sur une longue durée avec ce pigment.

Auteurs anonymes

Elle pourrait donc avoir été copiste, illustratrice ou encore avoir contribué à la préparation des matériaux. L'hypothèse la plus plausible est qu'elle léchait la pointe de son pinceau en peignant, selon les scientifiques. Ils soulignent que leur méthode pourrait servir à identifier les auteurs de manuscrits, qui jusqu'au 15e siècle étaient la plupart du temps anonymes.

Le rôle des religieuses dans ce contexte est encore plus mystérieux. Avant le XIIe siècle, moins d'un livre sur cent est signé d'un nom féminin, ensuite, moins de 15%, même dans les cloîtres féminins. C'est pourquoi il a longtemps été supposé que la production de manuscrits au Moyen Âge était une affaire d'hommes.

Des recherches récentes indiquent toutefois que des religieuses ont également joué un rôle important dans la production de livres précieux, surtout en Allemagne et en Autriche. (ats/nxp)

Créé: 09.01.2019, 20h20

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