Lundi 21 octobre 2019 | Dernière mise à jour 14:18

Pollution La recherche de gaz de schiste menace encore le Léman

Après l'exploration du sous-sol lémanique vaudois à Noville, le Suisse Petrovibris s'intéresse aux dessous des communes françaises voisines, qui pourraient se montrer plus réticentes.

Le plan du Suisse Petrosvibri SA qui a foré durant plusieurs mois dans la commune de Noville.

Le plan du Suisse Petrosvibri SA qui a foré durant plusieurs mois dans la commune de Noville. Image: DR

ERRATUM

Contrairement à ce que nous avancions, Petrosvibri SA n'a pas procédé à un forage par fracturation hydraulique, mais «à un forage tout à fait conventionnel, réalisé par des méthodes éprouvées, reconnues et adoptées par les autorités», nous fait savoir l'entreprise suisse.

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

Après le Chablais vaudois, le Chablais français. C'est ce que vise la société suisse Petrosvibri SA qui fouille les sous-sols à la recherche de gaz prometteurs, nous apprend Le Dauphiné Libéré. Problème: si la rive sud du Léman a de fortes chances de renfermer les mêmes trésors en gaz de schiste (unité géologique oblige), les législations française et suisse divergent.

Ainsi, côté vaudois, Noville a autorisé l'entreprise suisse à explorer le potentiel de son sous-sol tandis que côté français, la demande d'autorisation administrative sommeille depuis plus de deux ans.

Un chantier suivi de près

«On ne pouvait pas continuer à dormir sur une réserve estimée à 70 ans de consommation de gaz pour toute la Suisse romande», nous déclare le syndic de la commune vaudoise, Pierre-Alain Karlen, qui assure par ailleurs que le chantier a été suivi d'extrêmement près par un bureau vaudois spécialisé dans l'écologie: «Une fois que le socle de la tour de forage -1000 mètres cube de béton et 60 mètres de haut- aura été enlevé, pas un seul batracien n'aura été déplacé», promet le maire dont le chantier est à l'arrêt pour cause de moratoire depuis septembre 2011. Et ce, grâce à une méthode préventive: «le doublage acier et béton sur toute la longueur du tubage du forage qui empêche le mélange des couches géologiques», détaille le vice-président de Pétrosvibri SA, Philippe Petitpierre.

En attendant un hypothétique permis d'exploiter à Noville (qui dépendra du potentiel et du coût estimés par les experts), Petrosvibri déplace son intérêt de quelques kilomètres et s'intéresse au sous-sol qui s'étend, grosso modo, de Thonon à Saint-Gingolph. «Comme pour fermer le lac de chaque côté», croit savoir l'hydrologue Jacques Cambon, membre du Collectif haut-savoyard Non au gaz de schiste!.

En France, où la technique d'acidification est autorisée, la demande aurait été déposée en juillet 2009 mais n'a été portée à la connaissance du public que récemment, par le conseiller régional socialiste Jean-Paul Moille. Le Dauphiné Libéré parle d'une zone qui s'étendrait sur 800 kilomètres carré.

Le Léman pollué?

Un scandale pour les écologistes et les biologistes. «Le Léman est la plus grande réserve d'eau douce d'Europe occidentale. Derrière, il y a le Rhône puis la Méditerranée. Laisser du méthane s'immiscer dans cette eau, c'est courir à la catastrophe!», déplore l'hydrologue Jacques Cambon.

«La pollution de l’eau de nappes phréatiques par des fracturations est totalement erronée: on ne va jamais fracturer jusqu’à toucher des zones aquifères. Car on attirerait l’eau et non pas le gaz. En plus, il est impossible physiquement de faire des fracturations qui atteindraient la surface», rétorque le géologue Werner Leu, consultant auprès de Pétrosvibri SA, dans le magazine spécialisé dans l'industrie du bâtiment Batimag.ch.

L'aventure du gaz de schiste n'en finit pas de susciter la controverse . En France, le Département régional en charge de l'Environnement, l'Aménagement et le Logement (DREAL), aurait rendu un avis défavorable à l'exploration des sous-sols lémaniques par Petrovibris. Pas plus tard que le 11 février dernier, près de 2000 détracteurs du gaz de schiste ont manifesté à Saint-Julien-en-Genevois, aux portes de Genève, où les députés genevois verts les ont rejoints.

«Il n'y pas de détracteurs», conteste le syndic de Noville, Pierre-Alain Karlen. «Mais des intégristes de l'environnement, représentants de l'éco-business, et qu'on a à longueur d'année sur le dos!»

Créé: 01.03.2012, 15h18

Publier un nouveau commentaire

Attention, une nouvelle procédure est en place. Vous devez vous inscrire ou mettre à niveau votre profil
"Le Matin" aime les débats. Mais trop d'abus ont lieu dans les forums. La politique pour commenter un sujet a changé. Vous devez créer un compte utilisateur ou compléter votre profil existant avec un numéro de téléphone mobile (vous n'en avez pas? envoyez une demande à l'adresse lm.online@lematin.ch). Nous vous prions d’utiliser votre nom complet. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de penser que de nombreuses personnes vous lisent. Et bon débat!
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.