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Recherche Tara a identifié plus d’un million de nouveaux planctons

Deux ans et demi d’expédition et 115'000 km autour de la planète: le voilier Tara vient d’achever son fabuleux périple scientifique à la découverte des écosystèmes marins planctoniques.

Une aventure qui rappelle celle de Darwin sur le Beagle s'achève.

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Tara et le continent de plastique

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«Le rêve était d’échantillonner tout l’océan de surface à l’échelle planétaire. Et de recenser tout ce qu’il y a dans l’eau, des virus aux animaux. On y est parvenu. Pour moi, c’est une énorme réussite scientifique et personnelle!»

Chercheur genevois actif en Bretagne depuis six ans, Colomban de Vargas a le sourire aux lèvres au terme de cette aventure. Les scientifiques en ont ramené 40'000 échantillons recueillis sur 140 sites éparpillés dans les eaux du globe.

Depuis samedi, l’ancien voilier de Jean-Louis Etienne est à quai à Lorient. Coordinateur scientifique de l’expédition, Colomban de Vargas précise qu’elle a dû être raccourcie.

La faute à l’accident nucléaire de Fukushima, qui a interdit au bateau les eaux japonaises et réduit les ressources financière de son principal sponsor. Mais cela a suffi aux scientifiques.

Diversité relative

Quelques milliers d’espèces de plancton étaient connues, les chercheurs de Tara en ont rajouté plus d’un million. «Nous avons séquencé 1,5 million de types de ribosomes différents, qui sont d’excellents marqueurs de la diversité. Et nous sommes allés au bout de cette diversité», explique le biologiste.

«C’est beaucoup de variétés de planctons par rapport à ce qu’on connaît, assure-t-il, mais très peu par rapport à ce que j’attendais. On trouverait beaucoup plus de diversité dans la forêt amazonienne, par exemple.»

Cette «simplicité» devrait permettre aux biologistes de tirer les lois écologiques et de comprendre la dynamique de toute cette diversité intriquée des eaux océanes de surface. Chose impossible dans les autres systèmes, trop complexes, explique Colomban de Vargas.

Pour exploiter leur pêche, les chercheurs de Tara ont obtenu un financement de sept millions d’euros sur sept ans. Une somme tirée des intérêts de l’argent prêté par l’Etat français aux banques pendant la crise financière.

Des usages concrets

Un bon début même si cela «ne suffira pas pour séquencer l’entier du matériel, juge le Suisse. La technologie de séquence de l’ADN fait d’énorme progrès et les prix descendent très vite. Mais il faudrait sans doute 20 millions d’euros et dix ans pour y parvenir».

Ce travail permettra de savoir qui est là dans les eaux de surfaces, des virus aux animaux, et en quelles quantités. Mais aussi de mettre en évidence des millions de gènes et de tenter de comprendre leurs finalités.

«Ces gènes peuvent avoir des impacts monumentaux sur la transformation de la matière et du climat. Vu l’immensité du plancton, ils ont parmi les fonctions biologiques les plus importantes de la biosphère.»

Au final, ces recherches permettront sans doute de mieux connaître l’impact du changement climatique sur le plancton, donc sur nous. Elles déboucheront aussi sur de nouvelles molécules d’intérêt industriel.

Tara pourrait enfanter de nouveaux médicaments, de nouveaux cosmétiques, de nouvelle sources de production énergétique. Au prix d’une belle aventure. (nxp)

Créé: 02.04.2012, 15h57


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