Dimanche 7 juin 2020 | Dernière mise à jour 07:37

Environnement Dans la forêt tropicale, les insectes moins nombreux

Une étude américaine démontre que le nombre d'insectes est en chute libre dans la forêt tropicale de Porto Rico.

Cette réduction s'accompagne de réductions parallèles chez les animaux insectivores de la forêt: lézards, grenouilles et oiseaux.

Cette réduction s'accompagne de réductions parallèles chez les animaux insectivores de la forêt: lézards, grenouilles et oiseaux. Image: AFP

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

Après les abeilles et les oiseaux des champs, les insectes et autres arthropodes subissent, eux aussi, des pertes massives, indique lundi une étude publiée dans les «Comptes-rendus de l'académie américaine des sciences». Les auteurs pointent le réchauffement climatique.

Mesurer la population d'arthropodes (insectes, chenilles, araignées) n'est pas simple, mais une méthode consiste à placer des pièges sur le sol et dans la canopée de la forêt. Les pièges sont des plaques recouvertes de colle. On peut aussi passer des filets des centaines de fois au sol et dans les feuillages. On pèse ensuite la «biomasse» sèche totale capturée. C'est ce qu'avait entrepris le biologiste Bradford Lister en 1976 et 1977 dans la forêt tropicale d'El Yunque sur l'île de Porto Rico, un territoire américain des Caraïbes.

Bradford Lister, de l'université polytechnique Rensselaer dans l'Etat de New York, y est retourné avec un autre biologiste en 2011 et 2012, en utilisant les mêmes méthodes. La masse d'arthropodes capturée par filets a été divisée par 4 à 8, selon le mois, et la quantité piégée par les pièges par 30 à 60. Cette réduction s'accompagne, selon les observations des chercheurs, de réductions parallèles chez les animaux insectivores de la forêt: lézards, grenouilles et oiseaux.

«Tout est en chute»

«Tout est en chute», a expliqué M. Lister au «Washington Post», en prévenant des effets en cascade sur la chaîne alimentaire. «Si les forêts tropicales s'en vont, ce sera une catastrophe pour l'ensemble du système terrestre, dont les humains ressentiront les effets de façon inimaginable».

Selon le modèle utilisé par les chercheurs, la faute en revient principalement au réchauffement du climat. Ils parviennent à cette conclusion en constatant la hausse de la température à Porto Rico depuis 40 ans. La médiane des températures maximales, enregistrée par une station météorologique forestière, a augmenté de 2 degrés Celsius entre 1978 et 2015.

Plusieurs études à travers le monde ont mis en évidence une réduction de la biodiversité chez les insectes, et d'autres familles animales. Mais l'effet du réchauffement climatique n'est pas uniforme. Une étude publiée dans la revue «Science» en août a conclu que, ailleurs que dans les régions tropicales, une hausse de la température allait au contraire doper la population d'insectes nuisibles, qui ravageront proportionnellement plus de cultures humaines. (ats/nxp)

Créé: 16.10.2018, 05h29

Publier un nouveau commentaire

Attention, une nouvelle procédure est en place. Vous devez vous inscrire ou mettre à niveau votre profil
"Le Matin" aime les débats. Mais trop d'abus ont lieu dans les forums. La politique pour commenter un sujet a changé. Vous devez créer un compte utilisateur ou compléter votre profil existant avec un numéro de téléphone mobile (vous n'en avez pas? envoyez une demande à l'adresse lm.online@lematin.ch). Nous vous prions d’utiliser votre nom complet. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de penser que de nombreuses personnes vous lisent. Et bon débat!
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.