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Union Européenne La lutte contre les sacs plastiques commence

Les sacs en plastique offerts aux caisses des commerces seront payants d'ici fin 2018 au sein de l'Union européenne (UE). Les 28 pays ont scellé un accord qualifié d'historique, vendredi 21 novembre à Bruxelles.

En 2010, la moyenne annuelle de sacs par habitants s'établissait à 178.

En 2010, la moyenne annuelle de sacs par habitants s'établissait à 178. Image: AFP

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Actuellement, quelque 90 milliards de sacs en plastique dit «légers» (moins de 50 microns d'épaisseur) sont abondamment distribués dans maints supermarchés européens. Ils forment une montagne de déchets, asphyxiant eaux et sols.

Chaque année, plus de 8 milliards de ces sacs aboutissent dans des déchèteries sauvages. Selon la Commission européenne, ils étouffent poissons et oiseaux et s'agrègent en ce que les experts qualifient de «soupe mortelle» à la surface des eaux.

Limiter la consommation

L'accord entériné vendredi au sein de l'Union européenne vise à diminuer de plus de 75% l'usage de tels sacs à usage unique d'ici 2025. Cette année-là, la consommation annuelle ne devra pas dépasser 40 sacs par habitant en Europe, contre 178 en moyenne en 2010.

Par ailleurs, les Etats ne l'ayant pas encore fait devront rendre ces sacs payants d'ici le 31 décembre 2018 ou prendre des mesures pour réduire leur consommation annuelle à 90 sacs par habitant d'ici le 31 décembre 2019.

Percée «historique»

«Cela va permettre à l'Europe de faire face efficacement à un problème environnemental», s'est félicité le ministre italien de l'Environnement, Gian Luca Galleti, dont le pays exerce la présidence tournante de l'UE.

L'élue verte danoise Margrete Auken a salué une «percée historique». «Il s'agit du premier accord au niveau de l'UE sur des objectifs contraignants pour réduire les déchets», a-t-elle souligné.

Objectifs contraignants

L'accord a été atteint sous pression des Etats les plus «propres» en la matière, notamment scandinaves, et des députés européens, qui ont bataillé pour imposer des objectifs contraignants de réduction. Les nouveaux venus d'Europe de l'Est y étaient réticents.

A titre d'exemple, les Danois ou Finlandais affichent une consommation annuelle de quatre sacs par habitant, contre plus de 460 pour les «cancres» portugais ou polonais, pour 80 par habitant en France, pays où ils devraient être interdits dès janvier 2016.

Résistance britannique

Les représentants de la Grande-Bretagne se sont mobilisés pour défendre leurs fabricants. Ils ont obtenu un délai de deux ans avant une possible interdiction des sacs oxo-dégradables, réclamée par les élus européens. Les écologistes soupçonnent ces sacs censés être biodégradables à l'issue d'un traitement chimique, de se désagréger en fines particules de plastique restant nocives pour l'environnement et la santé.

La nouvelle Commission européenne de Jean-Claude Juncker s'est affichée en retrait sur cette législation, laquelle doit encore être formellement avalisée par le Parlement européen.

Le dispositif prévu «aidera à lutter contre la pollution», mais sa mise en oeuvre risque de tourner au casse-tête, a estimé son numéro deux, Frans Timmermans, pour qui plus de «flexibilité» aurait garanti plus d'efficacité.

En Suisse aussi

La Suisse aussi avance sur ce dossier, suite à une motion du conseiller national Dominique de Buman (PDC/FR). Tous les sacs réutilisables proposés dans les commerces pourraient à l'avenir devenir payants, peu importe leur matière.

Les sacs de caisse en plastique à usage unique seraient interdits, a annoncé il y a quinze jours l'Office fédéral de l'environnement (OFEV). Ces réglementations seraient assorties d'exception.

Les sacs réemployables pourraient demeurer gratuits si le magasin informe le consommateur de leur usage multiple, afin de les sensibiliser, avait expliqué à l'ats Rebekka Reichlin, chargée d'information à l'OFEV.

Le projet de modification d'ordonnance contient une autre nuance. Les sacs à usage unique, disponibles aux rayons fruits et légumes, ne seraient pas frappés d'interdiction. Dominique de Buman se dit globalement satisfait du traitement de son intervention. La date de la mise en oeuvre de la nouvelle réglementation n'est pas encore arrêtée. (afp/nxp)

Créé: 21.11.2014, 13h23

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