Vendredi 22 novembre 2019 | Dernière mise à jour 08:42

Hongrie Les diabétiques punis pour leurs écarts de régime

Pour réduire les dépenses de santé, le gouvernement hongrois a décidé de punir les diabétiques qui ne suivraient pas scrupuleusement leur régime en leur privant l’accès aux meilleurs traitements subventionnés.

Si leur taux de glucose a augmenté au delà des valeurs fixées par le décret, les diabétiques hongrois se verront refuser l’accès aux médicaments les plus efficaces.

Si leur taux de glucose a augmenté au delà des valeurs fixées par le décret, les diabétiques hongrois se verront refuser l’accès aux médicaments les plus efficaces. Image: AFP

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

Selon un décret ministériel publié lundi dans le Journal officiel, les diabétiques devront se soumettre chaque trimestre à un test sanguin spécifique visant à contrôler leur consommation d’hydrates de carbone.

S’ils sont pris à défaut à deux reprises dans l’année, en clair si leur taux de glucose a augmenté au delà des valeurs fixées par le décret, les patients concernés se verront refuser l’accès aux médicaments les plus efficaces (insuline analogue) et devront se contenter des traitements à base d’insuline humaine moins performants et provoquant davantage d’effets secondaires. De plus, ils devront payer plus cher pour leur traitement, dont la part subventionnée par l’Etat va se réduire.

"Pour les diabétiques assujettis à des traitements intensifs, l’utilisation du médicament n’est financièrement justifiable à long terme seulement si la concentration de glucose reste conforme aux valeurs" stipulées par le décret, selon le texte paru au Journal officiel.

Mineurs et cas graves exemptés

Les mineurs et les personnes atteintes d’une forme sévère de diabète seront exemptés de la nouvelle réglementation, qui entrera en vigueur le 1er juillet. Environ 500'000 personnes sont atteintes de diabète en Hongrie.

Le premier journal hongrois Nepszabadsag a dénoncé lundi sur son site internet la punition des "diabétiques fautifs" qui "recevront un traitement moins bon". Selon un expert, le docteur Laszlo Bene, cité par le quotidien, les malades ne sont d’ailleurs généralement pas indisciplinés, mais ne peuvent pas se permettre d’acheter des aliments diététiques modernes.

En février dernier, lors du débat au parlement sur le décret, le député socialiste Andras Nemény s’était emporté contre "la politique sociale du gouvernement (...) synonyme de misère pour les pauvres" et jugé le décret "scandaleux".

Le Nepszabadsag rappelle que le gouvernement du conservateur Viktor Orban avait justifié son décret en déclarant que "les médicaments des diabétiques coûtaient 30 milliards de forints (100 millions d’euros).. et qu’il était inutile de gaspiller l’argent des contribuables pour des gens qui ne coopéraient pas avec leur médecin". (afp/nxp)

Créé: 23.04.2012, 15h35

Publier un nouveau commentaire

Attention, une nouvelle procédure est en place. Vous devez vous inscrire ou mettre à niveau votre profil
"Le Matin" aime les débats. Mais trop d'abus ont lieu dans les forums. La politique pour commenter un sujet a changé. Vous devez créer un compte utilisateur ou compléter votre profil existant avec un numéro de téléphone mobile (vous n'en avez pas? envoyez une demande à l'adresse lm.online@lematin.ch). Nous vous prions d’utiliser votre nom complet. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de penser que de nombreuses personnes vous lisent. Et bon débat!
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.