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Témoignage «Les tiques ont ruiné ma vie»

Daniel se bat depuis plus d’un an contre une borréliose chronique transmise par ces redoutables petits acariens. Un combat kafkaïen qui l’a conduit à la rue.

A partir de 16 h, je n’arrive souvent plus à parler ni à bouger, explique Daniel, victime d’une borréliose. Il est en conflit avec la Suva, qui refuse de reconnaître sa maladie.

A partir de 16 h, je n’arrive souvent plus à parler ni à bouger, explique Daniel, victime d’une borréliose. Il est en conflit avec la Suva, qui refuse de reconnaître sa maladie. Image: Jean-Guy Python

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Son teint bronzé et sa stature athlétique font illusion. Mais Daniel, ex-compétiteur de voile de haut niveau et patron d’une petite entreprise, est dans un bien mauvais état en réalité. Il y a un peu plus d’un an, ce Fribourgeois de 50 ans s’est fait piquer à plusieurs reprises par des tiques à Cheyres (FR), et elles lui ont transmis une borréliose ou maladie de Lyme, devenue chronique. «Aujourd’hui, je souffre de maux de tête terribles, je fais régulièrement des malaises qui me conduisent aux urgences et je suis dans l’incapacité de travailler, même à 20%. Je suis en train de perdre non seulement ma santé, mais également mon entreprise. Si ma mère n’était pas là, je serais à la rue», confie-t-il.

Difficile à diagnostiquer

Avec près d’une tique sur deux contaminée, selon les régions, la borréliose est désormais considérée comme un véritable problème de santé publique par l’Office fédéral de la Santé publique (OFSP). Le hic, c’est que la borréliose est excessivement difficile à diagnostiquer, lorsqu’elle a atteint une forme chronique, c’est-à-dire qu’elle n’a pas été soignée dans les jours suivant la morsure. Et c’est la malheureuse expérience que fait Daniel. «J’ignorais tout de cette maladie. Lorsque j’ai vu les tiques sur mon corps, je les ai simplement arrachées, sans m’inquiéter…»

Première alerte, quelques mois plus tard. «Suite à un minicoma, je me suis retrouvé aux urgences. On m’a alors diagnostiqué un burn out», raconte le Fribourgeois, qui lève alors le pied, sans que rien ne s’arrange. Peu après, on le qualifiera de suicidaire, il sera brièvement interné, puis répétera des séjours aux urgences. Jusqu’à ce que son médecin traitant demande les résultats d’examens faits à l’hôpital et qu’il découvre qu’une borréliose avait été diagnostiquée suite à une analyse de sang. «Et on m’a laissé partir sans rien dire», enrage Daniel qui a, depuis, mandaté un avocat pour réclamer des dommages et intérêts.

Nombre de cas en hausse

Depuis, le quinquagénaire a été traité par des transfusions puis des antibiotiques, qui calment temporairement ses douleurs. Mais c’est un guérisseur, Denis Vipret, qui le soulage surtout.

Toutefois rien est encore réglé. «A partir de 16 h, je n’arrive souvent plus à parler, ni à bouger. J’ai mal aux dents, je ne supporte plus le bruit, qui me rentre dans la tête. Sans parler de tous les problèmes de concentration. C’est juste l’horreur!» Pour ne rien arranger, Daniel est en conflit avec la Suva, en charge des accidents en lien avec les tiques, qui refuse de reconnaître sa maladie, en dépit des analyses faites par deux laboratoires. Le nombre de cas traités par l’assurance est toutefois en augmentation, avec 12 227 déclarations faites en 2013 (8182 en 2012). Des chiffres qui n’englobent que les personnes actives. Autrement dit pas les enfants, les retraités ou encore les mamans au foyer. Quant au Fribourgeois, s’il entend bien toucher ses indemnités, il espère surtout pouvoir se relever. «Je veux en finir avec tout ça, ce que je veux c’est me soigner et pouvoir rebosser.»

Créé: 12.06.2015, 13h37

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