Lundi 17 décembre 2018 | Dernière mise à jour 15:40

Parasite Neuf cas de maladie de Lyme sur dix sont bénins

Le beau temps stimule les tiques, dont la morsure peut provoquer la maladie de Lyme – environ 10 000 chaque année en Suisse – et l’encéphalite à tiques. Dans les deux cas, des solutions existent.

Avec le retour des beaux jours, les tiques sont stimulées.

Avec le retour des beaux jours, les tiques sont stimulées. Image: iStockphoto/LMD

De quoi on parle

Avec les beaux jours, les tiques entrent en activité. En Suisse,
elles peuvent notamment provoquer une encéphalite à tiques
(entre 150 et 200 cas par an) ou la borréliose, aussi appelée maladie de Lyme.

Cette dernière suscite souvent des craintes dans la population. Pourtant, dans 90% des cas, elle ne provoque que des lésions cutanées, qui se traitent très facilement.

Quelques conseils pour prévenir les piqûres de tique

- Porter des chaussures fermées et des vêtements couvrants et ajustés au niveau des jambes, des bras et du cou. Des vêtements de couleur claire permettent de mieux repérer les tiques. Il est fortement recommandé de glisser le bas des pantalons à l’intérieur des chaussettes.

- Avant la balade, appliquer un répulsif sur la peau et un insecticide sur les habits.

- Rester sur les sentiers tracés.

- Examiner soigneusement ses vêtements et sa peau au retour de la zone à risque.

- Contrôler également le cuir chevelu, particulièrement chez les enfants.

Pour se prémunir de l’encéphalite à tiques, la vaccination est conseillée aux personnes qui exercent leur activité professionnelle dans les forêts et lisières de forêts. Elle est aussi recommandée à tous les adultes et enfants (dès 6 ans) séjournant dans les régions touchées par la maladie et s’exposant aux piqûres de tiques. (Source: État de Vaud)

Une application utile pour savoir comment agir

Intitulée simplement «Tique», l’application iPhone et iPad de l’Office fédéral de la santé publique fournit des cartes indiquant
les régions à risque et des informations sur l’attitude à adopter en cas de piqûre.

Elle propose à l’utilisateur de remplir un journal pour suivre la piqûre et les symptômes cutanés, ainsi qu’un questionnaire pour identifier d’éventuels symptômes de la borréliose.

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Avec l’arrivée des beaux jours, on sort volontiers se balader en forêt ou dans la campagne. Les tiques attendaient aussi ce moment pour reprendre leur activité – elles sont inactives pendant l’hiver et se réveillent quand la température dépasse huit degrés, même durant une seule journée. Et en raison du réchauffement climatique qui leur offre de meilleures conditions de reproduction, elles sont de plus en plus nombreuses.

On les trouve dans les hautes herbes et la végétation basse des prairies, ou à la lisière des forêts, voire dans les parcs et les jardins urbains. «Il existe des cartes de l’Office fédéral de la santé publique (OFSP) et une application (lire encadré) qui permettent de repérer les zones à risque, explique le Pr Alain Cometta, médecin-chef à l’Hôpital d’Yverdon (VD). Mais de manière générale, il faut considérer que, dans les bois et sous-bois du plateau suisse, en dessous de 1500 mètres, il y a des tiques.»

S’attacher pour infecter

Toutes les tiques ne sont toutefois pas dangereuses pour l’homme. En Suisse, comme dans le reste de l’Europe, la tique qui transmet des maladies à l’homme s’appelle Ixodes ricinus. Après avoir mordu, elle se gonfle de sang et en régurgite un peu; c’est de cette façon qu’elle transmet des micro-organismes présents dans ses glandes salivaires. Dont la bactérie Borrelia, responsable de la maladie de Lyme, aussi appelée borréliose. «Selon les zones de Suisse romande, il peut y avoir de 5 à 50% des tiques porteuses de la bactérie», note le Pr Cometta.

Cela ne doit toutefois pas empêcher les promeneurs ou les sportifs de pratiquer une activité en forêt. D’abord, parce que ces parasites se posent sur des hautes herbes ou des petits arbres en bordure de forêt et qu’il faut vraiment passer très près pour qu’elles puissent s’agripper. «Mais surtout, insiste le spécialiste, il lui faut du temps pour transmettre la bactérie, qui est présente dans ses intestins et doit remonter dans les glandes salivaires avant d’être transmises à l’homme. L’infection intervient dans un délai de 24 à 36 heures après que la tique s’est fixée.»

Pas d’alcool pour l’ôter

C’est pourquoi il est très important d’examiner son corps à la recherche de tiques dès que l’on rentre de promenade. Le risque d’infection augmentant avec le temps, plus vite on ôte la tique, plus la probabilité d’être infecté est faible. «On l’enlève avec une petite pince. Il ne faut pas appliquer de produits comme de l’alcool qui pourraient la faire régurgiter, poursuit le médecin. Ensuite, il est conseillé de désinfecter son point d’ancrage.»

Plaque rouge

Même si la tique n’est pas infectieuse à chaque morsure, la borréliose est très répandue en Suisse: plus de 10 000 personnes en sont atteintes chaque année. Elle se caractérise par une plaque rouge sur la peau, généralement circulaire et décolorée au centre, qui apparaît entre sept et dix jours après la morsure. Si elle est bien diagnostiquée, la maladie se traite avec des antibiotiques. «Repérer la zone où la tique s’est attachée n’est toutefois pas évident, reconnaît Alain Cometta.

Et c’est malheureusement la seule manière de diagnostiquer la maladie à un stade précoce, car les anticorps qui permettent de la repérer dans le sang n’apparaissent que progressivement.» Ensuite, la tache disparaît d’elle-même; c’est pourquoi l’infection passe parfois inaperçue. Sans traitement, des troubles neurologiques, cardiaques ou une inflammation d’une articulation, notamment du genou, surviennent dans les semaines ou les mois qui suivent – plusieurs années après l’infection dans de très rares cas.

Ixodes ricinus peut également transmettre à l’homme le virus de l’encéphalite à tiques. «Dans 90% des cas, celle-ci, qui se manifeste un peu comme une grippe avec des douleurs musculaires et quelques maux de tête, passe inaperçue», commente encore Alain Cometta. Dans environ 10% des cas, en revanche, apparaissent des complications neurologiques avec une inflammation des méninges, l’enveloppe du cerveau. Certaines zones cérébrales sont parfois sévèrement endommagées, ce qui entraîne de la somnolence, un état confusionnel ou comateux, ou des difficultés à se mouvoir. Plus les malades sont âgés, plus les symptômes sont graves, et certaines séquelles sont définitives.

Cela dit, comme pour la maladie de Lyme, l’encéphalite ne doit pas empêcher les gens de sortir! «Les zones à risque sont répertoriées sur des cartes et moins de 1% des tiques sont porteuses du virus, conclut le professeur Cometta. Par ailleurs, il existe un vaccin pour les personnes vivant dans ces régions. S’il faut rester vigilant, des solutions existent dans la plupart des cas. L’idée n’est donc pas de rester cloîtré chez soi.» (Le Matin)

Créé: 28.05.2017, 10h40

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