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Etats-Unis L’armée veut créer la plante-espion

Le Pentagone cherche à élaborer des végétaux génétiquement modifiés capables d’identifier des menaces. Une start-up romande tente de se greffer au projet.

L’objectif de l’armée américaine est de mettre au point un réseau de plantes chargé de surveiller l’environnement et d’alerter en cas de signe de changement.

L’objectif de l’armée américaine est de mettre au point un réseau de plantes chargé de surveiller l’environnement et d’alerter en cas de signe de changement. Image: Getty Images

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Plus facile à déployer qu’une armada d’agents, plus discrète qu’un chien policier et plus esthétique qu’un portique de détection, la plante verte pourrait devenir un nouvel élément-clé pour garantir notre sécurité.

C’est du moins ce que prévoit la DARPA, l’agence américaine chargée du développement de nouvelles technologies destinées à un usage militaire. L’entité, qui dépend du Département de la défense, est à l’origine de nombre d’inventions ayant eu un retentissement majeur dans le monde entier comme Internet, le GPS et les prévisions météo.

Menaces chimiques et nucléaires

Avec son nouveau projet de plantes-espions, sobrement intitulé «Programme Technologies végétales avancées», la DARPA entend modifier la physiologie des végétaux afin de rendre ceux-là capables de détecter des menaces chimiques, biologiques, radiologiques et nucléaires, ainsi que les ondes électromagnétiques. L’idée est de développer des capteurs sensibles à certains stimuli qui pourront transmettre ces signaux à distance. «Les plantes peuvent facilement être installées partout, sont largement répandues et n’ont pas besoin d’alimentation externe», expliquent les initiateurs du programme.

Pour concrétiser le projet, la DARPA cherche à s’entourer de partenaires spécialistes en la matière. La start-up vaudoise Vivent, connue pour son système permettant de faire «parler» les plantes (voir «Le Matin» du 14 juillet 2016) s’apprête à répondre à l’appel. Il s’agirait du 2e projet de l’agence américaine auquel participe la petite entreprise de Crans-près-Céligny. «Nous avons déjà reçu une subvention de 550 000 francs de la DARPA pour un programme de recherche qui porte sur la communication via ondes radio entre des organismes vivants, se félicite sa fondatrice Carrol Plummer. Je pense que c’est notre technologie unique de monitoring des plantes qui a suscité l’intérêt des Américains.»

Pour ce programme-ci, la start-up romande est en effet la seule entreprise partenaire recrutée en dehors des États-Unis. «L’armée veut s’inspirer de la manière dont les végétaux communiquent pour optimiser ses systèmes de télécommunications», avance Carrol Plummer, qui souligne avoir pesé le pour et le contre avant de se décider à mettre l’expertise de Vivent au service des militaires. «Certes, toutes les technologies peuvent être utilisées à mauvais escient. Mais, dans ce cas précis, nous pensons que les bénéfices sont supérieurs aux risques.» (Le Matin)

Créé: 06.12.2017, 14h33

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