Dimanche 7 juin 2020 | Dernière mise à jour 11:17

Sciences Bientôt des robots mangeables

L’EPFL a développé un étonnant composant souple et gonflable que l’on peut consommer. Il ouvre la voie à des droïdes comestibles aux multiples usages possibles.

Image: EPFL

Il est possible de fabriquer une sorte de pince avec ce composant fait de gélatine et de glycérine.

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

Ça ressemble un peu à un alignement de glaçons mous et jaunasses. Ça n’a rien d’appétissant, mais ça se mange. Et, lit-on dans une étonnante recherche publiée par le Laboratoire de systèmes intelligents (LIS) de l’EPFL, son développement «peut immédiatement mener à la réalisation de robots comestibles». Mais qu’est-ce que ce truc?

Le composant développé est un «actionneur pneumatique souple comestible». Fait de gélatine et glycérine, il mesure 9 centimètres de long et ses six sections sont en partie reliées entre elles et peuvent se gonfler d’air. L’équipe du LIS a testé ses propriétés. Très gonflé, l’actionneur peut se courber à presque 180 degrés. En en combinant deux, on peut créer une sorte de pince capable de soulever une pomme.

Ensuite, on peut manger la pomme. Puis le composant. Qui est bon? «Non: il n’a ni goût ni valeur nutritionnelle», sourit le professeur Dario Floreano, directeur du LIS comme du Centre national de compétence en recherche robotique (NCCR). «Mais tout l’intérêt est que l’on peut y inclure des saveurs, des éléments nutritifs ou pharmaceutiques. L’important n’est pas que ce composant soit comestible, mais qu’il soit métabolisable.»

Il faut imaginer que cet actionneur pneumatique pourrait revêtir toute taille ou toute forme. Demain, couplé à des transistors, capteurs et autres batteries ingérables, il pourra servir à façonner de vrais robots autonomes que l’on pourra entièrement manger.

Super. Mais à quoi ça sert et qui veut bouffer des robots, au fait? Face à cette question le Pr Floreano se montre à la fois prudent et enthousiaste. Prudence, d’abord. «On parle ici de recherches, on n’en est vraiment qu’aux premiers pas. En plus, notre article a été publié en open source, il n’a même pas passé le stade du comité d’experts», tempère-t-il. «Mais disons qu’au pire ça débouchera un jour sur de simples robots souples biodégradables.»

Et au mieux? «La première future éventuelle application qui vient à l’esprit, ce seraient de petits robots menant un produit pharmaceutique à l’endroit souhaité dans le tube digestif», répond le spécialiste. L’article parle aussi de «scénarios de secours où les robots métabolisables pourraient atteindre des survivants dans des endroits isolés comme une crevasse ou le sommet d’une montagne». Dario Floreano a d’autres idées encore. «Pourquoi pas de petits robots grimpant dans les arbres et apparaissant appétissants pour les oiseaux. Ils pourraient, selon les problématiques, les nourrir, les vacciner ou les stériliser.» Ajoutons que ça ne devrait pas marcher au Sahara: quand il fait trop chaud, la gélatine fond.

Créé: 24.03.2017, 06h41

Publier un nouveau commentaire

Attention, une nouvelle procédure est en place. Vous devez vous inscrire ou mettre à niveau votre profil
"Le Matin" aime les débats. Mais trop d'abus ont lieu dans les forums. La politique pour commenter un sujet a changé. Vous devez créer un compte utilisateur ou compléter votre profil existant avec un numéro de téléphone mobile (vous n'en avez pas? envoyez une demande à l'adresse lm.online@lematin.ch). Nous vous prions d’utiliser votre nom complet. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de penser que de nombreuses personnes vous lisent. Et bon débat!
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.