Lundi 25 mai 2020 | Dernière mise à jour 11:48

Science Les chats sont sensibles au coronavirus, les chiens peu

Une étude le confirme, les félins peuvent attraper le virus et se le transmettre entre eux. Mais pas de panique, le risque semble très limité.

Le chien ne développe aucune maladie, en revanche, les très jeunes chats semblent les plus sensibles.

Le chien ne développe aucune maladie, en revanche, les très jeunes chats semblent les plus sensibles. Image: iStock

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Quelques cas de chats contaminés ont déjà été recensés. Celui d'un tigre dans un zoo également. Si la pandémie de coronavirus affecte avant tout l'homme (et on craint du même coup pour les grands singes), il est toutefois important de savoir plus précisément comment elle pourrait toucher les animaux domestiques et d'élevage.

Porc, poulet et canard pas atteints

Un équipe de scientifiques chinois a donc étudié la sensibilité du coronavirus sur le chat, le chien, le furet, le porc, la poule et le canard. Les résultats de leurs recherches ont été publiés ce mercredi 8 avril dans la revue «Science». Cela se confirme, le chat est bel et bien sensible au nouveau virus. Tout comme le furet. En revanche, le chien l'est très peu et porc, poulet et canard pas du tout.

Pour leurs expériences, les scientifiques ont inoculé une forte dose de coronavirus à plusieurs représentants de chaque espèce et ont placé les cages de ces animaux infectés (un par cage) à proximité de cages d'animaux sains. Sans mélanger les espèces. Ils ont ensuite observé les résultats.

Les chats peuvent se le transmettre

Chez les chats, l'expérience a d'abord été menée sur des chats subadultes, âgés de 6 à 9 mois. Tous ceux inoculés se sont révélés porteurs du SRAS-CoV-2, dont des traces ont été trouvées dans les voies respiratoires supérieures, mais pas dans les poumons. En revanche, aucun n'a montré de symptôme de maladie sévère. Sur les trois chats non inoculés placés à proximité, un seul était porteur du virus, ce qui montre qu'il peut donc aussi se transmettre chez eux par voie aérienne, même si le risque semble faible. Tous les chats infectés, même celui indirectement, ont en outre développé des anticorps.

Les chercheurs ont renouvelé l'expérience sur des chats plus jeunes, âgés entre 70 et 100 jours. Il s'est avéré que ceux-ci ont été beaucoup plus durement impactés, avec de graves lésions notamment de la muqueuse et des poumons. Contrairement à l'homme, les jeunes chats sont donc beaucoup plus sensibles au coronavirus.

Les chiens s'en sortent bien

Chez le chien, les expériences ont été menées sur cinq beagles de 3 mois. De l'ARN viral n'a été découvert que chez deux, qui ont aussi développé des anticorps. Le virus vivant n'a été trouvé chez aucun des cinq et aucun chien non inoculé placé à proximité n'a été contaminé. Le chien est donc très peu sensible au coronavirus. Et ce dernier n'infecte pas du tout ni les porcs, ni les canards ni les poulets, même si on le leur inocule massivement.

Le furet, cobaye pour des traitements

Si des tests ont été effectués sur le furet, ce n'est pas en tant qu'animal de compagnie ou d'élevage, mais parce qu'il sert souvent de cobaye pour les virus respiratoires qui affectent l'homme. La grippe et de précédents coronavirus s'étaient ainsi également répliqués dans les voies respiratoires inférieures et supérieures des furets. Le SRAS-CoV-2, en revanche, n'a lui infecté que les voies respiratoires supérieures et pas les poumons des furets. Et il n'a provoqué ni maladie grave, ni mort. Pourquoi, contrairement à l'homme, le coronavirus n'affecte-t-il pas les poumons de cet animal? C'est une piste à creuser. En outre, précisent les chercheurs, «le fait que le SRAS-CoV-2 se réplique efficacement dans les voies respiratoires supérieures des furets en fait un candidat idéal pour tester les médicaments antiviraux ou les vaccins contre la maladie.»

En conclusion, les scientifiques chinois disent que le coronavirus doit être surveillé chez le chat dans l'optique d'une élimination de l'épidémie chez l'homme. Mais il ne faut pas paniquer, comme le rappelle «The Conversation», qui relativise les résultats de cette étude: peu de chats testés, qui ont été infectés après injection d'une dose massive de virus et qui n'ont que très peu propagé la maladie. Le risque de contamination homme-animal et animal-homme, peu étudié, semble vraisemblablement minime. Sinon, au vu du nombre d'humains touchés, il devrait y avoir beaucoup de chats atteints.

Prudence élémentaire

Il ne faut donc surtout pas s'effrayer et abandonner son animal par peur de l'infecter ou qu'il nous infecte. Toutefois, mieux vaut prendre trop de précautions que pas assez. Il est donc conseillé d'éviter le contact entre personnes atteintes et animaux et, pour les autres, de ne pas se faire lécher par son chat si possible. Et, de toute façon, se laver les mains après contact et nettoyer régulièrement leurs gamelles et litières. Mais ne passez pas les chats au savon ou au gel hydroalcoolique! Non seulement ils vont détester cela, mais cela peut les blesser.

Michel Pralong

Créé: 09.04.2020, 15h36

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