Lundi 25 mai 2020 | Dernière mise à jour 14:17

Épidémie Le coronavirus menace aussi les grands singes

Gorilles ou chimpanzés pourraient également être infectés, puisqu'ils ont presque le même ADN que nous. Bornéo s'inquiète pour ses orangs-outans.

On essaie d'éviter les contacts, mais les plus petits orangs-outans ont un besoin impératif d'être câlinés et pas avec des gants. On prend alors le maximum de précautions.

On essaie d'éviter les contacts, mais les plus petits orangs-outans ont un besoin impératif d'être câlinés et pas avec des gants. On prend alors le maximum de précautions. Image: ©Quatre Pattes

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Le coronavirus n'infecte pas que les humains., Deux chiens et un chat, ce dernier l'ayant attrapé de son maître en Belgique, ont déjà été recensés. Il semble toutefois que les risques de propagation par l'homme soient faible chez ces espèces et qu'il soit encore plus improbable qu'elles nous contaminent.

Ce n'est pas la même chose avec les grands singes. Gorilles, chimpanzés ou orangs- outans possèdent presque le même ADN que les humains. Une similitude qui se monte par exemple à 98,47% pour les gorilles. Ils sont donc susceptibles d'être sensibles aux mêmes maladies que l'homme. Le virus Ebola a ainsi causé la disparition d'un tiers des gorilles et des chimpanzés depuis les années 1990.

Parcs interdits

Le coronavirus représente donc clairement un danger pour eux. Des scientifiques chinois ont d'ailleurs mené des tests sur des macaques rhésus, en leur inoculant le coronavirus, comme l'expliquait «The Scientist». Le Rwanda et la République démocratique du Congo ont d'ailleurs pris des mesures pour protéger leurs populations de gorilles en interdisant les visiteurs dans les parcs qui les abritent, explique «Géo». Même s'il est vrai que les touristes se font très rares ces temps, mieux vaut prendre ses précautions. Le Rwanda a d'ailleurs aussi interdit toute activité de recherche sur les gorilles pour éviter tout contact.

En Indonésie, sur l'île de Bornéo, l'école de la forêt pour orangs-outans se prépare aussi au pire, comme le communique l'organisation internationale de protection des animaux Quatre Pattes, qui y gère un programme de réhabilitation pour huit singes orphelins. Dans cette école, il sont élevés et préparés pour une future remise en liberté.

Sensibles aux maladies respiratoires

Le nombre de cas de coronavirus augmentant en Indonésie, les soigneurs sont de plus en plus susceptibles d'infecter les orangs-outans, une espèce particulièrement sensible aux maladies respiratoires. «Au sein de l’école, il y a une interdiction générale de contact, de sorte que quiconque non impliqué dans le soin et l'éducation des orangs-outans n'entre dans l’enceinte, explique Le Dr Signe Preuschoft, primatologue. Mais bien sûr, nos orangs-outans ont parfois des contacts physiques avec leur mère de substitution humaine. La fréquence de ces contacts dépend de l'âge des orangs-outans. Les orphelins les plus âgés sont déjà relativement indépendants. Le contact physique avec leurs soigneurs est rare. Cependant, les plus jeunes ont besoin d'affection et de contacts physiques. Ils s'accrochent à leur mère de substitution. Ils ont besoin d’être câlinés et réconfortés lorsqu'ils ont peur».

L'équipe a déjà pris des mesures de sécurité. Tous les soigneurs d’animaux se changent en arrivant et ne ramènent pas leurs vêtements de travail à la maison. Les vêtements sont lavés sur place et les soigneurs d'animaux portent un masque de protection. La nourriture est lavée, les équipes évitent de se mélanger et, comme nous vous l'avions montré dans une vidéo, on a même appris aux orangs-outans à bien se laver les mains.

Toutefois, l'école a de la peine à se fournir en masques de sécurité, thermomètres infrarouges et en désinfectant. Le Dr Preuschoft espère également que, «les enfants des humains n'étant en général pas particulièrement touchés par les symptômes dus à l’infection par le coronavirus, il en sera de même pour nos orphelins orangs-outans ».

Michel Pralong

Créé: 31.03.2020, 06h50

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