Dimanche 5 avril 2020 | Dernière mise à jour 12:36

Pérou Découverte de géoglyphes grâce aux drones et satellites

Vieux de plus de 2000 ans, ils n’ont pu être repérés que sur la base de photos satellites, puis en utilisant des drones.

Global-Xplorer

Sur le site lancé par l’archéologue Sarah Parcak, tout un chacun peut, après un petit tutoriel, analyser des images satellites. Plus de 70'000 personnes inscrites ont ainsi apporté leur contribution au Projet Pérou.

(Image: AFP)

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Un archéologue, on l’imagine en train de fouiller le sol. Mais la technologie lui a fait prendre de la hauteur depuis quelques années. L’Américaine Sarah Parcak est une pionnière de l’utilisation d’images satellites pour découvrir des vestiges d’anciennes civilisations. En analysant celles-ci par infrarouge, elle a notamment mis au jour pas moins de 17 pyramides, 1000 tombeaux et 3000 bâtiments en Égypte. Mais elle s’est aussi rendu compte que les satellites lui révélaient les traces laissées par des pilleurs de sites, ceux-ci s’étant multipliés en profitant de la confusion liée au Printemps arabe.

La scientifique a donc créé Global-Xplorer afin de pouvoir à la fois protéger les trésors archéologiques des vandales et faire de nouvelles découvertes depuis le ciel. C’est grâce à ses données que le Ministère péruvien de la culture a pu envoyer des drones sur plusieurs sites désertiques potentiellement porteurs de traces d’activité humaine. Si aucun signe de pillage récent n’a été découvert, ce sont en revanche des trésors vieux de milliers d’années qui ont été dénichés: une cinquantaine de géoglyphes.

Deux civilisations distinctes

Trop fines (quelques centimètres seulement) pour être clairement vues depuis l’espace, les lignes traçant leurs contours sont beaucoup plus visibles par un drone volant à 60 m de haut, d’autant que celui-ci scanne le terrain en 3D. Plusieurs géoglyphes datent de l’époque des Nazcas (200 av. J.-C. à 650 ap. J.-C.), mais beaucoup sont attribués aux Paracas qui les ont précédés dans la région (de 800 à 200 av. J.-C.). La différence de conception est d’ailleurs assez nette: «Les géoglyphes paracas sont figuratifs, relativement petits (jusqu’à 30 m), tracés à flanc de colline et réalisés en enlevant les pierres pour nettoyer le terrain et en les entassant au bord», nous explique Peter Fux, spécialiste des Amériques au Musée Rietberg (ZH), qui a accueilli il y a peu une exposition sur les Nazcas. «Ces derniers en revanche dessinaient des géoglyphes mesurant jusqu’à plusieurs kilomètres. 95% d’entre eux représentent des formes géométriques et 5% seulement sont figuratifs (oiseaux, araignées, singes ou orques). Tracés sur les hauts plateaux, ils sont invisibles depuis le sol.»

Le but des géoglyphes demeure mystérieux mais diffère entre ces deux civilisations. «Ceux des Paracas sont situés le long des routes commerciales entre la côte et les hautes terres et sont bien visibles: peut-être des signes de protection ou d’orientation. Ceux des Nazcas semblent plutôt avoir eu une fonction rituelle peut-être liée à l’eau ou à la fertilité, avec des processions le long de ces lignes.»

Ces civilisations ne connaissaient pas l’écriture mais nous ont légué ces incroyables dessins. Mais ils sont menacés par des routes et des constructions humaines illégales. Les images satellites servent aussi à les repérer et à protéger le site.

Créé: 07.06.2018, 22h26

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