Jeudi 19 septembre 2019 | Dernière mise à jour 12:14

Recherche médicale Trump offre une nouvelle victoire aux anti-IVG

L'administration Trump a décidé de couper les fonds publics pour la recherche sur les tissus foetaux. Une victoire pour les anti-avortement.

Donald Trump est ouvertement anti-IVG.

Donald Trump est ouvertement anti-IVG. Image: AFP

Joe Biden critiqué sur l'avortement

Le candidat à la Maison Blanche Joe Biden était mercredi sous le feu de nombreuses critiques pour son soutien à un usage strictement limité, aux cas de viols, d'incestes et de danger pour la mère, des fonds publics destinés à financer les avortements des Américaines les plus modestes.

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Le gouvernement de Donald Trump a annoncé mercredi qu'il mettait fin à toute recherche médicale dans les centres fédéraux sur les tissus foetaux issus d'avortements, accédant à une revendication majeure des militants anti-IVG aux Etats-Unis.

Le département de la Santé a annoncé dans un communiqué que plus aucun chercheur des Instituts nationaux de santé (NIH) ne pourrait travailler sur ce type de tissus. «Promouvoir la dignité de la vie humaine de la conception jusqu'à la mort naturelle est l'une des premières priorités de l'administration du président Trump», a indiqué le ministère.

En outre, l'administration a indiqué qu'elle ne renouvellerait pas le contrat de financement public, d'un montant de deux millions de dollars par an, passé en 2013 avec l'université de Californie à San Francisco (UCSF) pour des travaux de recherche sur les tissus foetaux. Ceux-ci sont utilisés pour développer de nouveaux traitements contre le VIH, le virus qui cause le sida.

Comité d'éthique

L'UCSF utilise notamment des souris dans lesquelles les chercheurs implantent du tissu foetal pour créer un système immunitaire proche de celui de l'homme et tester des anticorps potentiels contre le virus.

Un audit avait été lancé en septembre 2018 et depuis, des extensions de 90 jours du contrat avec l'UCSF avaient été accordées. L'extension actuelle courait jusqu'à mercredi, et ne sera pas renouvelée, a dit le département de la Santé.

Les projets de recherche financés par des fonds publics dans d'autres universités ou centres de recherche ne seront pas exclus systématiquement, mais seront désormais soumis à un nouvelle procédure impliquant un comité d'éthique consultatif.

La décision a été saluée par les opposants au droit à l'avortement, qui assurent que ce type de recherche est immoral et pourrait encourager les femmes à avorter. «La plupart des Américains refusent que leurs impôts créent un marché pour des parties de bébés avortés qui sont ensuite implantées dans des souris et utilisées pour des expérimentations», a affirmé l'organisation «Marche pour la Vie». Selon elle, les chercheurs devraient se concentrer sur des cellules souches d'adultes ou des cordons ombilicaux.

Les scientifiques inquiets

Mais pour de nombreux scientifiques, les tissus foetaux sont essentiels pour les recherches de pointe et ils ont déjà permis de nombreuses avancées, notamment pour les vaccins contre la poliomyélite, la rubéole et la rage.

L'arrêt des financements publics «va anéantir des recherches cruciales, ralentir les traitements contre le cancer, le sida, la démence. Interdire le tissu foetal, c'est interdire l'espoir pour des millions de gens qui souffrent de maladies invalidantes», a estimé sur Twitter Lawrence Gostin, professeur en droit de la santé à l'université Georgetown de Washington.

Environ 1,1 million de personnes vivent avec le VIH aux Etats-Unis, où le chiffre annuel des contaminations stagne depuis 2013 à environ 39'000 cas. Les traitements actuels, notamment à un stade précoce, peuvent empêcher le virus de se développer.

La décision du gouvernement intervient après le vote dans plusieurs Etats conservateurs de lois très restrictives sur les interruptions volontaires de grossesse (IVG). L'objectif est de ramener cette question sensible devant la Cour suprême, qui avait légalisé l'avortement en 1973, en espérant un revirement des juges de la Cour où les conservateurs ont désormais la majorité. Donald Trump, un opposant déclaré à l'avortement, veut également mobiliser sa base électorale fortement opposée à l'IVG alors qu'il briguera un second mandat en 2020. (afp/nxp)

Créé: 05.06.2019, 23h47

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