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Criminalité «Le cambriolage est un traumatisme»

L’heure d’hiver booste les vols chez les particuliers. Une intrusion dans la sphère privée qui peut être très mal vécue par les victimes. Une psy a sorti un guide pour les aider.

L’heure d’hiver booste les vols chez les particuliers.

L’heure d’hiver booste les vols chez les particuliers. Image: Patrick Strattner / Corbis

Feriez-vous appel à un psy après un cambriolage ?

La psychologue zurichoise Rahel Bachem est une spécialiste
de l’aide aux personnes victimes de cambriolages. (Image: Keystone Steffen Schmidt)

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L’hiver approche et les jours raccourcissent. Peu s’en réjouissent à part les cambrioleurs qui, à la faveur de l’obscurité, accomplissent plus facilement leurs méfaits. Avec le passage, hier, à l’heure d’hiver, il y a environ 25 à 30% de cas en plus, d’après l’assurance Allianz Suisse.

«Certaines victimes ressentent un véritable traumatisme de type «adjustment disorder» (ndlr: trouble de l’adaptation) », relève Rahel Bachem. Cette psychologue est l’auteure de «Puis-je encore me sentir chez moi?», un guide pour retrouver une vie normale après un cambriolage. D’après la Zurichoise, environ 3% des victimes de cambriolages sont touchées par cette version atténuée du fameux stress post-traumatique. «Elles entrent dans une spirale de pensées négatives, peinent à se concentrer ou à s’endormir, se mettent à avoir peur de tout bruit suspect» encore plusieurs semaines après les faits, explique la spécialiste.

Comme un viol

Les femmes sont plus touchées que les hommes par l’adjustment disorder. «L’être humain est inégal face au stress. La réaction après un cambriolage dépend beaucoup du moment où il se passe. Selon le stress professionnel, personnel ou si par exemple on vit un deuil au même moment, un tel vol se vit différemment», explique la psychologue.

«Il n’est pas rare que certaines victimes disent s’être senties comme «violées» par le cambriolage», explique l’inspecteur Patrick Métral, adjoint chef de la brigade cambriolages de la police lausannoise. Cela n’étonne pas Rahel Bachem. «Notre domicile est un lieu privé où l’on se sent en sécurité et où l’on se ressource avec ceux qu’on aime ou qu’on y a invités. L’effraction d’intrus remet brutalement en cause cette conviction et c’est très déstabilisant.» Davantage encore quand des enfants sont impliqués. Ces derniers voient en effet alors leurs parents impuissants. «Cela peut les désécuriser également et par exemple engendrer une phobie de l’obscurité ou de la solitude.»

En réaction, les victimes de cambriolages se mettent à tout ranger et nettoyer compulsivement. Certains réaménagent carrément les pièces ou changent leur papier peint. La solution la plus radicale est le déménagement pur et simple. «Dans une grosse affaire, où trois cambrioleurs avaient sévi une cinquantaine de fois, nous avions été amenés à prendre contact avec leurs victimes plusieurs mois après les faits et nous avions constaté qu’une moitié avait mis du temps à s’en remettre et que deux d’entre elles avaient même déménagé», explique l’inspecteur Métral.

Chercher une aide psychologique

Pour éviter d’en arriver à pareille extrémité, Rahel Bachem propose de se faire aider par un psychologue. Cette démarche peut ne nécessiter qu’une ou deux séances mais se fait à ses frais. En effet, une victime n’ayant pas été en contact avec ses agresseurs ne peut bénéficier du soutien psychologique gratuit proposé par la LAVI (loi sur l’aide aux victimes).

Créé: 27.10.2014, 07h19

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