Mercredi 23 août 2017 | Dernière mise à jour 07:46

Béa Johnson «Nous menons une vie plus riche»

Consommer différemment pour ne pas produire de déchets. Un mode de vie qui séduit. Son initiatrice parcourt le monde pour en parler. Elle s’arrêtera à Pully (VD).

Incroyable, les déchets produits par la famille de Béa Johnson sur une année sont contenus dans un bocal de 1 litre!

Incroyable, les déchets produits par la famille de Béa Johnson sur une année sont contenus dans un bocal de 1 litre! Image: Sebastien Micke/Paris Match/Gettyimages

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Ses déchets dans un bocal d'un litre

Quels déchets ont donc bien pu
être jetés par la famille Johnson en 2015?
C’est le 15 octobre que le bocal en verre
de 1 litre dédié à cet usage a été fermé. «Notre
année dure du 16 octobre au 15 octobre de
l’année suivante», explique la Française. On y
trouve notamment des restes de réparation
électrique, les vieux joints de derrière l’évier de
la cuisine, des étiquettes de fruits et légumes,
un sparadrap suite à une vaccination d’un des
fils – «Nous n’avons pas eu le temps de réagir
que le médecin l’avait déjà collé» – et la coque
cassée d’un téléphone portable, «c’était du
silicone et je n’avais malheureusement pas
fait attention». Une bonne année, puisque le
bocal n’est qu’à moitié plein. «Je suis
contente, il reste pas mal de place. Bien plus
que l’an dernier.» Ce bocal, Béa Johnson le
prendra avec elle durant ses prochaines conférences
pour renforcer son message.

Le nouveau bocal pour 2016 a déjà accueilli ses premiers déchets: le dos de l'autocollant de la plaque de voiture des Johnson (en Californie, les plaques d'immatriculation se changent régulièrement) ainsi que des étiquettes de fruits et légumes.

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La veille de l'interview, une chaîne télévisée visitait son intérieur. Un événement habituel pour Béa Johnson et sa famille. En effet, depuis 2010, ce ne sont pas moins de quarante équipes de tournage du monde entier qui sont venues la filmer. C’est que le mode de vie de la Française installée dans la région de San Francisco intrigue. Béa Johnson pratique le zéro déchet, philosophie qui consiste à ne plus générer (et donc jeter) de déchets grâce à cinq règles: refuser, réduire, réutiliser, recycler et composter.

«Nouveau messie de l'écologie»

Depuis qu’elle s’est lancée dans cette aventure, la mère de deux ados détaille sa démarche à travers un blog et des réseaux sociaux. Véritable phénomène, elle a également écrit un best-seller mondial. Le «New York Times» l’a surnommée «prêtresse de la vie sans déchet», «Paris Match» l’a baptisée «nouveau messie de l’écologie».

Pourtant, Béa Johnson ne se considère pas comme une fervente défenseuse de l’environnement. «Nous n’essayons pas d’être la famille la plus écologique du monde. Nous nous sommes lancés pour des raisons environnementales, certes, mais si nous restons sur ce chemin, c’est parce que nous nous sentons mieux, nous vivons mieux. Une vie plus riche basée sur les expériences plutôt que les choses.» Une simplicité volontaire que Béa Johnson a rendue enviable. Pour faire passer son message, Béa Johnson donne des conférences dans le monde entier. Cet automne, elle s’exprimera au Brésil, en Martinique, au Québec, en Allemagne, en France, en Belgique… et en Suisse romande. Elle viendra le 3 décembre à Pully (VD).

Des économies conséquentes

Dans ses interventions, elle encourage le public à intervenir. «Je n’ai rien à cacher, aucune question ne me fait peur!» Une ouverture totale et un discours sans tabou qui expliquent sa popularité. Que retiennent les gens de son style de vie? «Le fait que nous ne produisons qu’un bocal d’un litre de déchets par an avec ma famille.» Autre aspect qui attire l’attention: les économies. Conséquentes, puisqu’elles s’élèvent à 40%. Selon la Française, s’il ne fallait retenir qu’une leçon de la démarche zéro déchet: acheter est un acte politique. «Nos choix renforcent une pratique, durable ou non. Quand on achète un produit emballé, on dit au fabricant qu’on adore le plastique.» Chaque personne compte. «Avant notre aventure, mon mari pensait qu’on ne pourrait rien changer. J’ai pu lui prouver le contraire. C’est le consommateur qui dirige la fabrication.»

Béa Johnson en conférence le 3 décembre à Pully. Infos et inscriptions

(Le Matin)

Créé: 29.10.2015, 08h54


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