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Suisse Qui veut partager un emploi avec moi?

Le «job sharing» est toujours plus répandu, chez les femmes notamment. Encore faut-il trouver la bonne personne avec qui partager un emploi.

Le partage d'emploi est prisé par les femmes qui veulent conjuguer vie professionnelle et vie de famille.

Le partage d'emploi est prisé par les femmes qui veulent conjuguer vie professionnelle et vie de famille. Image: Keystone

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Les deux femmes se font face dans un bar de Zurich. Elles ont sept minutes pour apprendre à se connaître. «Speed dating»? Non, «Speed networking». Ces deux postulantes veulent voir si elles peuvent en effet se partager un emploi au mieux de leurs intérêts, explique le Tages-Anzeiger dans son édition du 27 mars.

La tendance du «job sharing» concerne toujours plus de femmes. Elles ont une famille et veulent travailler à temps partiel. Ou bien, elles visent un emploi de cadres, mais pas seule. L'entente n'est pas immédiate et il faut souvent plusieurs tentatives aux postulantes avant de trouver la perle rare. Et les hommes sont quasiment introuvables lors de ce genre de soirée.

Les femmes les plus intéressées

Rien de surprenant pour Sara Müller, l'organisatrice de la soirée. Le «job sharing » a fait son apparition en Suisse vers la fin des années 80 et pour de nombreuses femmes, il a représenté une forme de retour dans le monde du travail après la maternité. Ce modèle est également toujours mieux accepté par les employeurs. En 2014, 27% d'entre eux l'utilisaient contre à peine 20% en 1999, a souligné une étude de la Fachhochschule Nordwestschweiz (FHNW).

Sara Müller a créé sa propre société de conseil pour les entreprises, les responsables des ressources humaines ou encore des particuliers intéressés par ce modèle. Elle estime que le système peine encore à s'imposer. La faute aux manques de possibilités données aux employés de pouvoir se rencontrer.

Des coûts plus élevés

«En outre, les préjugés sont tenaces en entreprise. Comme celui de croire que le «job sharing »se traduit pas plus de dépense et de chaos», ce qui est faux, souligne tout de suite Sara Müller.

La phase d'approche est indéniablement délicate «mais ensuite les entreprises en profitent parce qu'elles ont deux collaborateurs très motivés pour la même place». Selon certaines études, le gain de productivité peut être supérieur de 15% par rapport à un employé à plein temps.

La FHNW confirme ces dires puisque 69% des entreprises interrogées qui pratiquent le partage d'emploi à des niveaux de cadres affirment qu'elles profitent de doubles compétences. Et la moitié souligne que la satisfaction au travail a augmenté. Mais elles sont également 43% à indiquer que les coûts pour l'information réciproque ont bondi et 40% souligne que les charges en personnel ont crû.

Plus d'avantages que d'inconvénients

Axa-Winterthur pratique le «job sharing »depuis plusieurs années et communique volontiers à ce sujet. «Nous n'avons eu que des bonnes expériences», a déclaré la responsable d'Axa Diversity, Yvonne Seitz.

Il existe au sein du groupe d'assurances une dizaine de tandems qui se partagent des emplois. Pour l'entreprise, il s'agit d'un modèle parmi d'autres, comme le temps partiel ou le travail à domicile. «Le vieillissement de la société nous force à trouver d'autres moyens.»

Swisscom revendique également des tandems au niveau de la direction, pour des postes de spécialistes et au niveau administratif. «Les avantages surpassent de loin les coûts de coordination», indique une porte-parole, ajoutant que les collaborateurs sont ainsi plus motivés et davantage concentrés. (nxp)

Créé: 27.03.2017, 10h59

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