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Sexe Un vrai donjon SM, c'est ça

Le SM décrit par «50 nuances de Grey» est beaucoup plus soft que celui qui se pratique vraiment. Visite avec un «maître» fribourgeois.

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Le tournage de 50 nuances de Grey

Le tournage de 50 nuances de Grey le film doit sortir en février 2015

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Une pénombre étudiée, deux cages en métal posées sur un sol recouvert de latex. Accrochée au mur, une croix géante et, juste à côté, des cravaches et des chaînes. Bienvenue dans un donjon sadomasochiste romand. L’entrée se fait par une porte dérobée dans les sous-sols d’un immeuble du centre-ville de Fribourg. Pour 100 francs, vous pouvez louer pendant deux heures ce local de 75 m2 dédié aux fantasmes les plus fous.

«Je ne le fais pas pour gagner de l’argent. Cela doit rester un plaisir. A côté, je suis représentant», explique Pierre*, le propriétaire des lieux. Et depuis deux ans, son donjon ne désemplit pas. Même sans publicité. Pour répondre à la hausse de la demande, il va d’ailleurs en créer un nouveau à Montreux (VD) et déménager celui de Fribourg dans un local plus grand. Il compte aussi ouvrir une boutique avec pignon sur rue au centre-ville.

Mais Pierre l’assure, cet engouement n’est pas lié au phénomène «50 nuances de Grey». «Le livre n’a rien à voir avec le SM que je pratique. C’est juste le tout début. Si vous n’allez pas au-delà, vous allez vite vous ennuyer», souligne-t-il.

Et en vingt ans, il a eu le temps de se rendre compte que le SM pouvait faire très mal. Parfois trop. «C’est potentiellement dangereux. Chaque année, il y a des morts. Des soumis tués par des maîtres ou des maîtresses totalement débiles», reconnaît-il. Lui se fixe certaines règles. «Mes soumis ont un mot code pour tout arrêter. Et j’ai mes propres limites. Je ne veux pas infliger de mutilations ou de blessures définitives.» Pierre rappelle d’ailleurs que le véritable dominant, c’est le soumis. «C’est lui qui fixe le cadre. Moi, j’ai juste le droit d’aller d’une barrière à l’autre.»

«Du SM intelligent»

Il touche du bois, il ne s’est encore rien passé de grave dans son donjon. Même s’il a déjà dû virer certains locataires irrespectueux. «Certains font n’importe quoi. Moi, je veux qu’on reste dans du SM intelligent», affirme Pierre. Avec ses 40 000 francs de matériel, son local est très convoité. «Ici, on fait dans le haut de gamme. J’offre aux gens un accès de meilleure qualité à leurs fantasmes. Personne ne pourrait avoir tout ça chez lui», assure-t-il. Le Fribourgeois peut donc trier ses clients sur le volet. «J’ai une vingtaine de couples entre 30 et 55 ans qui sont des locataires fidèles et aussi quelques dominatrices professionnelles», détaille le trentenaire. Récemment, il a aussi eu de plus en plus de demandes pour des soirées. «J’accueille au maximum dix personnes. Elles viennent en début de soirée, amènent de la nourriture et jouent jusqu’à 2-3 heures du matin.» Et elles sont priées de quitter les lieux en toute discrétion. «Peu de monde sait ce qu’il se passe ici et c’est mieux comme ça», précise le Fribourgeois. Mais il reconnaît que ceux qui sont au courant de ses activités, comme sa gérance, ne posent pas de problème. «La Suisse est un pays ouvert sur la question», assure-t-il. Un pays ouvert ou convaincu que le SM ressemble à ce qui est décrit dans «50 nuances de Grey»?

Créé: 11.02.2015, 14h15

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