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Coquin Elles aiment la fessée

Selon une enquête, les pratiques sadomasos soft sont en nette progression. Les Suisses ne boudent pas non plus leur plaisir.

Image: Gettyimages

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Une femme sur quatre a déjà reçu la fessée et une sur trois a déjà fait l’amour en étant dominée. Voici les résultats d’une étude réalisée par l’Institut français d’opinion publique auprès de 1008 femmes. Des chiffres en nette progression. En effet, en 1985, seuls 8% des Françaises reconnaissaient avoir déjà reçu une fessée érotique. Le mode de recueil des réponses peut expliquer en partie cette différence. «Pour cette enquête, nous avons choisi un questionnaire en ligne alors qu’auparavant cela se faisait par téléphone, explique François Kraus, directeur d’études au Département Opinion de l’Ifop. L’anonymat est total et cela libère la parole des gens.»

Mais au-delà de cette explication technique, la progression fulgurante démontre plutôt un véritable changement dans la vie sexuelle de la population. «La différence entre les femmes et les hommes tend à se réduire, explique François Kraus. Que ce soit en nombre de partenaires ou dans les pratiques testées au cours d’une vie. Les femmes désirent expérimenter de nouveaux scénarios susceptibles de rompre avec la relative banalité de la vie sexuelle quotidienne. Elles essaient de passer à autre chose pour rebooster leur libido.»

Les Suissesses ne sont pas en reste. Elles aussi développent un goût marqué pour les pratiques SM soft, comme la fessée, ou la domination (les mains ligotées ou les yeux bandés). Jean* explique ainsi que c’est à la demande de sa partenaire qu’il a testé la fessée érotique. «Ce n’était pas déplaisant de voir qu’elle en retirait du plaisir», raconte le Genevois de 36 ans.

8,7 fois plus de fouets vendus

Corollaire de ce phénomène, l’explosion des ventes des articles coquins sur les sites spécialisés. «Nous avons écoulé 8,7 fois plus de fouets et de cravaches en décembre 2012 que le même mois une année auparavant. Ces produits représentaient traditionnellement une part anecdotique de notre marché, aujourd’hui, c’est important», explique M. Barras, cofondateur du site KissKiss.ch. Les menottes, liens et autres attaches ont pour leur part vu leurs ventes multipliées par 5,7. «L’augmentation pour ce genre d’articles a véritablement explosé depuis cet été. Les gens deviennent moins coincés au sujet du sexe», analyse l’entrepreneur Valaisan.

Autre exemple qui prouve l’engouement pour les nouvelles expériences au lit: les cours de bondage – pratique sadomasochiste qui consiste à attacher son partenaire dans le cadre d’une relation érotique – arrivent en Suisse. Michael Ronsky, qui propose des sessions de shibari (bondage japonais avec cordes) à Lausanne, constate un «glissement» des catégories de personnes qui fréquentent ses cours. «Au début, ce n’était que des hommes et femmes proches du milieu sadomaso. Or, depuis une année, c’est plus varié. Il y a des personnes de tous âges et de tous milieux.» Une mode qui vient de Berlin, selon le Lausannois: «Depuis quelques années, un grand studio allemand a montré le potentiel du shibari.» Les performances ont ainsi pris un caractère artistique, ce qui a permis de faire sauter le tabou qui existe autour du bondage. D’ailleurs, les sessions que propose Michael Ronsky ne sont pas du tout à caractère érotique. «C’est plus une ambiance dojo, ce qui permet à certaines personnes d’oser venir tester.»

Démocratisation du porno

Nicole Grimaldi, escort SM transsexuelle de luxe, n’est pas du tout étonnée par l’augmentation de ces pratiques. «C’est une confirmation de ce que je peux constater quotidiennement. Le désir, la fantaisie de se faire dominer, d’être soumis au pouvoir d’une maîtresse est assez demandé.» Pour elle, ce phénomène est un «balancement»: «presque tous les hommes que je rencontre et qui sont à la recherche de domination, sont des hommes dominant dans la vie normale et réelle et il n’y a pas de raison que la situation ne soit pas similaire pour les femmes qui ont ce genre de désirs.» Quant à Anna*, elle estime que cette évolution des mœurs est à mettre en en relation avec la démocratisation de la pornographie. «C’est beaucoup plus facile d’accès qu’auparavant, notamment pour les femmes, ce qui fait qu’elles ont envie de tester.» Une mutation qu’elle compare à la pratique de la fellation, encore absolument taboue dans un couple il y a moins de 30 ans et réservée aux prostituées.

Créé: 12.01.2013, 08h59

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