Mercredi 26 juin 2019 | Dernière mise à jour 00:01

Insolite La bière «goût vagin» pourrait débarquer en Suisse

Il fallait oser : une brasserie polonaise propose un breuvage – The Order of Yoni – brassé et fermenté avec les bactéries vaginales de deux top models. Et le «nectar» pourrait bien atterrir dans nos rayons.

Les bières les plus à l’ouest

En termes de brassage de bière, tout est visiblement possible. Le cas The Order of Yoni ne vient que confirmer la chose. Mais elle n’est pas la seule à sortir des sentiers battus. Voici une petite sélection des breuvages les plus insolites du moment.

Dans le cadre de l’Octobière de Toulouse, qui a pris fin le weekend passé, trois brasseurs ont eu l’idée de créer une Cassoul’Ale, une bière aromatisée au cassoulet. On ne sait pas encore s’ils la commercialiseront. Plus au nord, la brasserie historique de l’abbaye du Cateau vient de sortir une recette mêlant tomates vertes, basilic, poivrons et piments.

Aux Etats-Unis, à Houston, c’est une bière à partager avec son fidèle compagnon que l’on pourra bientôt trouver, la Good Boy Dog Beer: sans alcool, mais au goût porc, poulet ou végétarienne. Notons aussi la Sweet Baby Jesus, un stout aux notes de beurre de cacahuètes, caramel et chocolat ; la Débauche Freakaboo, aux marshmallows et à la vanille ; d’autres au piment, ou encore au goût de pizza.

Quant aux fans de «Game of Thrones», ils se sont peut-être déjà jetés derrière la cravate une Bend the Knee ou la Mother of Dragons, fabriquées par la brasserie Brewery Ommegang. Le 23 novembre prochain, ils auront droit à la bière Jon Snow, la King in the North, annoncée comme «épaisse, noire, aux arômes de malt grillé, de chocolat, de café et comportant des notes de vanille et de bourbon». A commander sur le site internet de la brasserie.

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S’il manquait encore un breuvage à nos rayons de magasins pour pimenter une soirée entre amis, c’est peut-être celui-là : la bière au «goût vagin». Oui, vous avez bien lu: une boisson parfumée aux secrétions intimes de ces dames.

Plus précisément, utilisant des bactéries lactiques présentes dans les muqueuses du sexe féminin pour agir sur la fermentation d’une bibine conçue par une brasserie polonaise. The Order of Yoni, c’est son nom. L’appellation annonce même la couleur puisque Yoni est le terme sanscrit pour désigner les parties intimes féminines ou, dans un sens plus général, l’énergie féminine.

Pas de canular, ici, comme avec la bière à l’hélium, il y a quelques années. Non, le produit existe bel et bien depuis juillet dernier et il devrait même bientôt pouvoir être disponible en Suisse. L’histoire commence en fait il y a deux ans sur la plateforme de financement participatif Indiegogo, lorsqu’à Varsovie, Wojciech Mann lance une campagne pour le financement de sa bière si particulière. Mais un mois plus tard, l’opération fait un flop monumental, l’un des pires que la plateforme ait connus avec 59 malheureux donateurs cumulant à peine le 1% de la somme escomptée: 150'000 euros. Beaucoup y auraient vu un message on ne peut plus clair: un manque d’intérêt flagrant pour ce type de breuvage, voire un refus catégorique de le retrouver au fond de son verre. Pas Wojciech Mann.

Deux parfums: Monika et Paulina

Aujourd’hui, son produit propose même deux «parfums» différents, à base des fluides intimes de deux top models polonaises – Monika, la bonde, et Paulina, la brune – sélectionnées pour «leur beauté et leur intelligence», annonce la marque. Deux bières brassées avec des malts d’orge pilsner, des levures de champagne et du houblon Cascade et Lunga. Seuls des arômes de muscat semblent différencier la brune de la blonde. Le processus de fabrication est jalousement gardé secret mais The Order of Yoni met heureusement un point d’honneur à rassurer les potentiels clients et assure que les échantillons prélevés auprès de ces dames ont été analysés, testés et expurgés d’autres bactéries ou de virus. Les plus sceptiques se rassureront en jetant un œil à l’attestation du laboratoire concerné, disponible ici.

«Il leur a toutefois fallu des années pour se faire accepter par les laboratoires, pour faire des essais et livrer un produit propre à la consommation, nous explique Yan Amstein, patron de la maison Amstein, grand spécialiste de l’importation de bières en Suisse. La marque nous avait contacté dès l’origine du projet et en soi, l’idée n’est pas si saugrenue: n’importe quel produit destiné à la fermentation – un vin, une bière – nécessite une levure et une base sucrée. Que la bactérie soit vaginale ou autre, la fermentation va s’effectuer de la même manière, en lui donnant toutefois un certain arôme. Ici, on se retrouve avec une levure type lactobacilles, aussi utilisée pour les fromages, qui va apporter une touche d’acidité à la bière à la manière des Lambic ou des Gueuzes ».

Voilà pour l’aspect technique. Mais sous les papilles alors, qu’est-ce que ça donne? «J’ai eu l’occasion d’y goûter durant leurs essais, continue Yan Amstein. Mais la bière n’a aucune saveur particulière, du moins pas celle d’un sexe féminin, bien évidemment. Toute cette opération est purement marketing. Elle n’est d’ailleurs pas faite uniquement avec ce type de levure et la bière a fermenté comme une autre bière».

Bientôt en Suisse?

Les impatients souhaitant néanmoins se faire leur propre opinion vont malheureusement devoir calmer leurs ardeurs. Le divin breuvage n’est encore disponible que dans une poignée d’établissements en France et le site francophone de la marque, opérationnel depuis à peine une dizaine de jours, ne le propose encore pas à la vente pour la Suisse. «Mais ça ne saurait tarder, nous confirme Eric Sgarroni, importateur officiel. Si les Suisses se manifestent, on ouvrira les commandes à votre pays. Ça peut se faire dès les prochaines semaines».

En attendant, nos distributeurs locaux, eux, ne semblent pas convaincus par la marchandise. «Honnêtement, je trouve qu’on pousse ici la bêtise un peu loin, continue Yan Amstein. Pour moi on est plus dans l’ordre du fantasme sexuel que du produit destiné aux amateurs de bières. C’est pourquoi j’ai choisi de ne pas le distribuer.» Même son de cloche chez les spécialistes de Drinks of the World, dont l’enseigne genevoise nous précise qu’ils préfèrent «proposer à leurs clients des produits de qualité plutôt que des attrapes-gogo».

Reste l’aspect curiosité, comme le résume bien Christophe Lienert, collaborateur scientifique de l’association suisse des brasseries: «Je ne suis pas spécialement pressé de tester ce type de produit mais en tant qu’amateur de bières, ça m’intrigue suffisamment pour avoir envie d’y goûter.» Normal: au cours d’une soirée arrosée, nous aussi on dégusterait volontiers les saveurs de Monika et de Paulina. Mais au-delà de ça, on se demande qui irait remplir sa cave avec ce type d’article?

Eric Sgarroni reste pourtant confiant quant à la durabilité de son produit: «Pour l’heure notre bière se retrouve dans les sex-shops, les clubs libertins, les discothèques, bars et restaurants, mais on va tout faire pour qu’elle soit disponible dans des lieux tout à fait communs. On est aussi en train de réfléchir à la manière d’enrichir et de faire évoluer la gamme avec des produits dérivés.» En attendant, le site propose même aux couples de brasser leur bière sur mesure (en grande quantité seulement !) avec les propres bactéries de madame. On s’imagine déjà en train de lancer à ses amis en fin de soirée: «Qui reprend une petite binch? Une 16 ou celle au goût de ma femme!» La classe… (Le Matin)

Créé: 17.10.2018, 14h23


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