Dimanche 23 septembre 2018 | Dernière mise à jour 07:58

Egalité Et mon collègue, combien gagne-t-il?

Depuis le 6 janvier, les Allemandes sont en droit de connaître le montant du salaire de leurs confrères qui occupent un poste similaire. Une idée à reprendre?

Matthieu Corthésy et Laura Juliano

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Vous soupçonnez votre employeur de mieux rémunérer que vous Bernard et Roger, vos collègues comptables du service voisin? En Allemagne, vous pourriez en avoir le cœur net, grâce à une loi entrée en vigueur le 6 janvier. Celle-ci permet à tout employé de demander à savoir le salaire de ses collègues du sexe opposé assumant des fonctions analogues. Mais attention, il ne s’agit pas de dévoiler le montant précis inscrit sur la fiche de paie de Bernard ou de Roger: l’employeur est seulement tenu de fournir la valeur médiane du salaire de six collègues occupant un poste comparable. Cette mesure ne s’applique en outre qu’aux entreprises de plus de 200 employés.

«Un outil de choix»

L’objectif: réduire l’écart salarial entre hommes et femmes, qui s’élevait en 2015 à 21% en Allemagne, soit presque 5 points de plus que la moyenne européenne. En Suisse, l’écart est presque aussi important: 18.1% en 2014. Devrait-on dès lors légiférer en s’inspirant du modèle germanique?

Pour UNIA, qui encourage ses membres féminins à porter plainte en cas de discrimination salariale, une telle loi serait évidemment un outil de choix pour avérer des soupçons d’inégalité injustifiée. «Mais cela ne suffit pas: il est essentiel d’ajouter à la transparence un système de sanctions à l’égard des entreprises qui violent le principe de l’égalité salariale, qui est inscrit dans la loi depuis 1995», précise Virginie Pilault, porte-parole du syndicat.

En Islande, un tel système vient justement d’être instauré. Depuis le 1er janvier, l’égalité est impérative et les entreprises qui ne l’ont pas appliquée d’ici à 2022 risquent des amendes. Un modèle prôné pour la Suisse par le socialiste Mathias Reynard pour la Suisse. «La transparence serait déjà une bonne chose, mais il faut aller plus loin, estime le Valaisan. Les sanctions sont inévitables si l’on veut faire respecter la loi. L’expérience montre que l’on n’obtient pas de résultats satisfaisants en laissant les entreprises s’auto-discipliner.»

Une question taboue

Johanna Gapany, vice-présidente du PLR fribourgeois, n’est pas du même avis: «Les amendes constituent une immersion inacceptable de l’État dans le secteur privé. Et la transparence doit rester du libre choix des entreprises. Celles-ci sont désormais bien conscientes que respecter le principe d’égalité est dans leur intérêt, pour des questions d’image. Pourquoi ne pas instaurer une charte valorisant celles qui font cet effort?» Du côté de l’Union patronale suisse, on désapprouve également l’idée de pouvoir connaître le salaire de ses collègues. «Cela créerait un climat de travail délétère», estime Marco Taddei, membre de la direction. Et de souligner: «Le salaire reste une question taboue en Suisse. Sans parler des contraintes pratiques. Il serait très difficile de déterminer quels postes et profils sont similaires.»

Au Bureau fédéral de l’égalité, on rappelle qu’un projet du Conseil fédéral va déjà dans ce sens. Il s’agit de contraindre les entreprises dès 50 employés à rendre un rapport sur l’égalité des salaires tous les quatre ans, et à en informer leurs employés. Le projet sera examiné par le Conseil des États la semaine prochaine. (Le Matin)

Créé: 10.01.2018, 06h45

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