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Société Un congé paternité, enfin?

Travail.Suisse lance une campagne pour un congé paternité de quatre semaines. Les pères peuvent-ils enfin espérer un succès?

Image: © beeandbee - Fotolia.com

La question du jour: le congé paternité est-il légitime?

«Sans mes vacances, ça aurait été galère»

James, 32 ans, consultant en ressources humaines, est papa d’une petite fille de 7 mois. Il a eu droit à trois jours de congé. «Heureusement, j’avais prévu le coup et cumulé des jours de vacances. J’ai donc pris dix jours de congé. Sans ça, ça aurait vraiment été galère. D’autant plus que la petite a eu des complications et est restée une semaine à l’hôpital», explique-t-il.
James trouve que trois jours, «c’est vraiment trop court». «Cela couvre juste généralement la période de l’hôpital. Or, quand la maman rentre à la maison, les hormones diminuent et c’est là qu’il y a un risque de baby-blues et qu’elle a besoin de soutien.»

Dans son cas particulier, il était le seul suffisamment en forme pour pouvoir tenir le bébé dans ses bras, alors que «personne n’avait encore ses marques». James estime que deux semaines de congé paternité seraient l’idéal: à la fois suffisamment long pour «prendre un rythme à la maison» et suffisamment court pour pouvoir être assumées par les employeurs.

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Est-ce que cette fois ce sera la bonne? La question se pose, alors que Travail.Suisse, organisation faîtière regroupant 11 syndicats, s’apprête à mettre une énième fois sur la table des discussions l’idée d’un vrai congé paternité en Suisse. A savoir quatre semaines financées de manière paritaire par les employeurs et les employés, exactement de la même manière que l’assurance-maternité. Les hommes toucheraient donc 80% de leur salaire avec un plafonnement à 196 francs par jour. Ce droit à 20 jours serait par ailleurs flexible: le papa pourrait les prendre d’un coup ou opter pour un jour hebdomadaire pendant deux mois et demi.

Un congé paternité maintenant? Valérie Borioli Sandoz, responsable de la politique de l’égalité hommes-femmes à Travail.Suisse, y croit. «Certes, la majorité de droite au Parlement le refuse systématiquement. Mais chez ceux qui peuvent faire la différence – les partis du centre –, les choses bougent. Il y a une évolution des mentalités, notamment au sein du PDC. On pense donc qu’aujourd’hui, il y a une vraie fenêtre.»

Un «retard clair»

Cet optimisme s’érode pourtant rapidement si on jette un œil à l’historique des innombrables tentatives qui ont été torpillées depuis plus de 16 ans. «Entre 1998 et 2014, il y a eu 31 essais au Parlement», avance Isabel Valarino, collaboratrice scientifique externe à l’Université de Lausanne, qui vient de soutenir une thèse sur les congés parentaux. Un regain des revendications est d’ailleurs visible à partir de 2006. Soit un an après l’introduction du congé maternité.

Pourquoi ces échecs systématiques? «La droite combat la légitimité d’un tel congé. Les arguments économiques ont aussi pris de plus en plus de place dans les débats, alors que les discussions sur l’égalité entre femmes et hommes sont aujourd’hui mises de côté», analyse Isabel Valarino. Mais pour quelles raisons le congé paternité est-il si difficile à mettre en place dans une Suisse qui fait figure d’exception par rapport à ses voisins? «Les pays de l’Union européenne sont, eux, soumis à une directive qui les oblige à prévoir au moins quatre mois de congé pour chaque parent», répond la chercheuse. Celle-ci met également «ce retard clair» sur le compte des représentations des rôles parentaux, où l’homme est encore beaucoup associé à la sphère professionnelle. Enfin, le système de démocratie directe, exigeant un large consensus, entraîne une certaine lenteur. «On peut donc imaginer que ce sera aussi long que pour le congé maternité», conclut-elle.

Lueur d’espoir tout de même: le Conseil fédéral a analysé en octobre dernier huit modèles de congés parentaux différents. Alors qu’il avait toujours jusqu’à maintenant appelé à rejeter les motions en faveur de ce projet. Un espoir mitigé car le gouvernement précisait que ce n’était pas «la première priorité en matière de conciliation de la vie familiale et de la vie professionnelle». (Le Matin)

Créé: 14.05.2014, 12h09


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