Dimanche 22 septembre 2019 | Dernière mise à jour 10:00

Insolite Elles courent en dessinant des pénis sur leur appli GPS

Deux américaines s’affrontent sur Instagram pour dessiner les plus belles verges grâce à la géolocalisation de leurs parcours sportifs. Une guerre qui ne manque pas d’originalité.

De sacrés artistes

Sur les réseaux sociaux, le « GPS Drawing » est devenu un véritable défi. Concrètement, un joggeur, un cycliste ou même un simple promeneur, prépare son itinéraire à l’avance afin de se servir de la géolocalisation pour créer une image à grande échelle, ou même un texte, sur une application GPS.

Il y en a pour tous les goûts: animaux en pagaille, y compris des dinosaures, vaisseaux spatiaux, demandes de mariage… On notera par exemple le requin géant dessiné sur Strava par la sportive Marine Leleu en marchant 50km dans Paris. Un Strasbourgeois a récemment couru 51km dans les rues de la capitale alsacienne pour dessiner une cigogne.

En décembre 2017, des pilotes d’Airbus avaient même dessiné dans le ciel allemand un gigantesque sapin de Noël.

Rassurez-vous, en demandant au préalable toutes les autorisations de vol. Sinon, on portera une attention toute particulière aux œuvres du cycliste canadien Stephen Lund ou à celle de cet autre adepte de la petite reine, le britannique David Taylor.

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La pratique s’est popularisée ces derniers mois: pour égayer leur jogging ou leur sortie à vélo, certains sportifs s’amusent à dessiner grâce à leur parcours de véritables œuvres d’art sur leur application GPS – de la girafe au requin, en passant par des sorcières ou des sirènes.

Deux Américaines, elles, ont d’autres fresques en tête: les pénis! Et elles entendent bien le clamer au monde entier. Il y a d’abord Claire, 33 ans: «dick_run_claire» sur les réseaux sociaux. Depuis un peu plus de 3 ans, la jeune femme arrange ainsi chacun de ses joggings de manière à esquisser les contours d’une verge sur son assistant de navigation personnel et s’empresse ensuite de publier l’image sur Instagram. Courte et épaisse, longue et fine, le manche agrippé d’une main ou non, au garde à vous, au repos, accompagnée ou pas de sa paire de testicules, plutôt fripée ou au contraire pleine d’une vigueur toute juvénile,… la jeune femme ne manque pas d’imagination.

«Amatrice de bière, avec une obsession pour les bites en courant. Et motivée par de savoureuses collations…». Voilà comment se décrit cette originaire du New Jersey sur Instagram. Pas tout à fait le profil de la sportive accomplie, on en conviendra. Et pourtant, cette jolie blonde plutôt menue s’affiche sur le réseau social en train de se dépenser sans compter, en salle de fitness ou à vélo. Mais ce qui la meut avant tout, c’est la course à pied.

Des dizaines de milliers de fans

Pour la petite histoire, ses footings version «arty» débutent par hasard, un beau jour de novembre 2015. Claire est alors à Kansas City, rendant visite à son frère pour Thanksgiving et en se livrant à un de ses joggings, elle se perd en chemin. Mais quand elle ouvre son application GPS pour vérifier son trajet, elle réalise que son parcours a la forme d’un sexe masculin en érection. «C’était clairement un accident, poste-t-elle alors sur Instagram. Mais on en convient: c’est hilarant et il n’y a pas de raison de s’arrêter là, n’est-ce pas?». Depuis, la joggeuse multiplie ses footings «orientés».

Au point d’avoir réussi à fédérer une véritable communauté. Témoin: son compte, «dick­­_run_claire», qui a explosé depuis que la version australienne du magazine «Vice» lui a consacré un article, il y a dix jours. De 15'000 followers, son compte est passé à plus de 42'300, à l’heure où l’on écrit ces lignes. «J’ai tout au plus 3 amis dans la vraie vie, expliquait-elle au journaliste de Vice. Même mon chien compte parmi mes abonnés. En gros, tous les autres ne sont donc que des fans de mes dessins de pénis». Comme quoi, il y a de la demande et Claire s’est aujourd’hui fixé comme objectif de tracer un de ses zizis dans chacun des Etats américains.

Alors évidemment, la jeune femme prépare minutieusement ses itinéraires avant de nouer ses baskets. Et il suffit d’essayer pour se rendre compte à quel point l’exercice est difficile: ouvrez votre appli de cartographie préférée, dézoomer un peu sur votre position et essayez de tracer un phallus en vous basant sur l’alignement des rues, tout en veillant à ce que le parcours final corresponde à un jogging réaliste, ni trop court, ni trop long…

Il y a pile un an, de passage au Walt Disney World Resort de Floride, Claire pestait même contre la firme aux grandes oreilles: «OK, Disney rend la chose VRAIMENT difficile quand il s’agit de dessiner des formes phalliques en courant sur ses terres, expliquait-elle avec malice pour accompagner son tracé, mais je ne pouvais pas venir dans l’endroit le plus magique de la planète sans y esquisser un gigantesque sgeg». On en conviendra, ce n’est pas son illustration la plus réussie mais comme elle le raconte sur son compte, il lui arrive de se perdre, de louper un virage ou encore d’oublier d’allumer son GPS en début de course.

Mais la jeune femme a beau multiplier les «dick run», comme elle les appelle, elle ne se focalise pas pour autant sur l’anatomie masculine. Pas sexiste pour un sou, elle essaie ainsi depuis quelques temps de se diversifier en s’attaquant aux organes génitaux féminins cette fois.

La guerre est déclarée

Peut-être pour se démarquer de sa rivale, d’ailleurs. Car une autre Américaine, de surcroît elle aussi prénommée Claire, se consacre effectivement au même loisir. Depuis même plus longtemps que «dick_run_claire» puisque les premiers posts de cette Claire-là, Claire Wyckoff, elle native de San Francisco, datent de 2014. Elle avait commencé à les publier sur l’application Nike+ avant d’ouvrir un compte Instagram, sous le nom de «og_dick_run_claire» («og», pour «la véritable»), en réalisant que la new-jersiaise lui avait piqué son idée.

Aujourd’hui bien remontée contre sa compatriote, elle n’hésite pas à lui envoyer des posts assassins, comme celui-ci, la semaine passée: «Voilà comment on court une bite!», accompagné d’un dessin très explicite et des hashtag #youreadick («t’es une conne») et #ceaseanddicksist, jeu de mots avec l’expression «cease and desist» («mise en demeure»), que l’on pourrait traduire par #miseenqueuemeure. Son profil n’est pas dénué d’intérêt (même s’il compte 3 fois moins d’abonnés), la Californienne y publiant des pénis plus élaborés tout en œuvrant dans d’autres domaines, tels «Star Wars» ou «Game of Thrones».

Bref, il y a de la testostérone dans l’air, même si la première Claire tentait il y a une poignée de jours de calmer le jeu en expliquant au site Refinnery29 qu’elle n’était pas au courant de cette rivalité avant qu’un ami ne la prévienne, ajoutant pour conclure «Nous ne sommes de loin pas les seules à publier ce genre de dessins et il y a bien assez de rues sur la planète pour que nous puissions tous courir à notre aise». Il ne manquerait plus que le duel tourne au combat de coqs et que les deux femmes se mettent à vouloir nous prouver qui en a la plus grosse.

Créé: 29.01.2019, 08h30

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