Jeudi 4 juin 2020 | Dernière mise à jour 13:36

Innovation La tuile solaire qui épouse les toits neufs et anciens

Une start-up vaudoise lance une tuile munie de capteurs photovoltaïques invisibles dont la couleur s'adapte à la toiture de bâtiments protégés.

Vidéo: Laura Juliano

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Freesuns, une start-up née à Colombier (VD) a trouvé la solution pour permettre aux constructions du passé de contribuer à un futur plus vert.

L'entreprise a créé une tuile munie de capteurs photovoltaïques invisibles, dont la forme est identique à celle d'une tuile classique. Elle s'adapte à toutes les toitures, rendant l'énergie solaire accessible aux bâtiments classés au patrimoine en préservant leur aspect architectural.

Tout a commencé lorsque John Morello, un ingénieur australien s'est installé en Suisse à Colombier (VD) avec sa famille. À l'achat de sa maison au toit décrépit, il a eu l'idée lumineuse de créer sa propre tuile solaire. Depuis 2016, les 4000 pièces qui ornent sa demeure la font tourner à plein régime, et bien plus encore.

Une demi-heure pour tout charger

En une journée, sa maison consomme 10 kWh par jour pour l'électricité et le chauffage, et autant pour alimenter sa voiture électrique. Soit, un total de 20 kWh. Le toit, lui permet de produire 140 kWh. Donc bien plus que nécessaire. «Pour vous dire, en une demi-heure, nous captons tout ce qu'il faut pour la journée!», s'enthousiasme John Morello.

Cette intrigante maison solaire au toit noir s'est rapidement attiré tous les regards dans le village de Colombier. Si bien que c'est un voisin qui est venu suggérer à son propriétaire de commercialiser son invention. D'autant que le surplus d'énergie peut être réinjecté dans le réseau pour en faire bénéficier tout le voisinage.

«On s'est donc lancés dans l'aventure en commençant par vendre nos toits pour de nouvelles constructions, puis des architectes nous ont demandé de modifier le design pour rendre les capteurs invisibles. Nous y sommes parvenus, ce qui a rendu la tuile adaptée aux bâtiments protégés», explique l'ingénieur.

Une tuile cuivrée pour les villages protégés

En 2018, la première demeure à en bénéficier a été «Le Grand chalet de Rossinière», un joyau de l'architecture traditionnelle suisse achevé en 1754 qui est aussi le plus grand édifice en bois du pays. Le succès est tel que la start-up travaille actuellement sur une centaine de projets en Suisse. À ce jour, elle a vendu une quarantaine de toits à Neuchâtel, Lausanne, Nyon, Genève, ainsi qu'en Valais.

En collaboration avec des experts de l'énergie solaire de l'EPFL et du laboratoire photovoltaïque de Neuchâtel (CSEM), Freesuns s'attaque désormais à un nouveau défi: créer une tuile cuivrée qui ressemble à celles qui ornent une grande partie des villages suisses dont les centres sont protégés.

8000 kg de CO2 économisés

«Avec un toit comme celui-ci, on économise 8000 kg de CO2 sur une année, note Benoit Emery, responsable développement d'entreprise. Et puisque ces tuiles tiennent jusqu'à 100 ans, elles vont aider les générations futures et aller jusqu'à préserver l’atmosphère de 800 tonnes de CO2. L'impact positif sur l'environnement est énorme!»

Avec un prix de départ de 300 francs le mètre carré, on peut comprendre que certains se laissent tenter par des panneaux solaires aujourd'hui moins chers. Mais à ce sujet, la start-up ne tarit pas d'arguments. «Ces tuiles se posent facilement, ce qui réduit les frais d'installation, la surface solaire sera plus grande et donnera donc accès à plus de subventions, ce qui réduit les coûts de 30%, affirme Benoit Emery. Et c'est sans compter la rentabilité à long terme.»

Un avenir 100% solaire?

À l'écoute des besoins des architectes, la start-up qui ne compte que trois collaborateurs veut apporter sa contribution pour créer une Suisse plus verte. «Le photovoltaïque doit faire partie intégrante des matériaux de construction et de la réflexion au moment de la conception du bâtiment», avance Marine Olesen, responsable marketing.

Peut-on imaginer une Suisse dont tous les bâtiments fonctionneraient un jour à l'énergie solaire? «Oui, absolument, tranche John Morello. Nous croyons dans un avenir où toutes les maisons bénéficieront de l'énergie solaire par leur toit ou via une batterie alimentée par des réseaux de 10 à 100 habitations. Mais c'est un défi titanesque sachant qu'il y a deux millions de toits en Suisse et qu'aujourd'hui moins de 10% fonctionnent avec des énergies renouvelables.»

Laura Juliano

Créé: 22.03.2020, 15h06

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