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Intolérance Les amateurs d'apéro sont menacés

La mutation génétique qui rend beaucoup d’Asiatiques hypersensibles à l’alcool se propagerait en Occident. Et, en plus, le petit verre après le boulot serait sexiste…

Caramba! Avec les mélanges de populations, les Occidentaux pourraient un jour ne plus supporter l’alcool…

Caramba! Avec les mélanges de populations, les Occidentaux pourraient un jour ne plus supporter l’alcool… Image: iStock

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On l’appelle l’Asian flush syndrome ou le «syndrome du rougissement asiatique». Un trouble qui touche une partie significative de la population d’Asie de l’Est après avoir consommé un verre d’alcool. Il se manifeste par différents symptômes: rougeur faciale, augmentation de la température, accélération du rythme cardiaque et de la respiration.

Ce phénomène est dû à une mutation génétique de l’aldéhyde déshydrogénase (ALDH2), une enzyme chargée de transformer l’acétaldéhyde en acide acétique. L’enzyme reste en fait inactive chez les individus atteints de ce trouble héréditaire. Présent chez environ 36% des populations d’Asie de l’Est (Japonais, Chinois et Coréens), ce phénomène se retrouve sur d’autres continents: aux États-Unis ou en Europe grâce aux mouvements de populations.

Des chercheurs de l’Université de Pennsylvanie, Kelsey E. Johnson et Benjamin Voight, ont cherché à savoir si cette mutation continuait à se propager et à quelle fréquence. Ils ont analysé les données génétiques de plus de 2500 personnes provenant de 26 régions différentes sur quatre continents, rapporte «Blick».

Dans leur étude publiée dans la revue «Nature Ecology Evolution» et relayée par le site phys.org, ils ont découvert que la variation de l’enzyme en question se développait rapidement. Cependant, les résultats ne sont pas encore assez clairs. Cette tendance génétique, qui semble être généralisée en Afrique et en Asie, est encore très contenue en Europe. Les chercheurs estiment toutefois que les humains pourraient être à l’avenir moins tolérants à l’alcool.

Doutes à l’EPFL

Pour le professeur Jean-Bernard Daeppen, chef du Service d’alcoologie du Centre hospitalier universitaire vaudois (CHUV), «un tel changement à l’échelon de la population est très peu probable et prendrait un temps considérable». Mères discriminées

De toute façon, d’ici à ce que la bière après le boulot soit menacée par la génétique, elle aura peut-être déjà été rejetée par la société. En effet, l’after work a suscité un débat passionné en Grande-Bretagne en 2016. Le patron des Travaillistes, Jeremy Corbyn, déclarait à l’époque que les entreprises devraient bannir la culture de l’after work drink, car si «quelques verres avec des collègues favorisent la carrière», elle avantage surtout les hommes qui ne ressentent pas le besoin d’être à la maison, et discrimine donc les femmes qui à l’évidence vont faire le choix de s’occuper des enfants.

Créé: 15.06.2018, 11h42

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