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Web Le porno au boulot, ça risque de ne pas durer

Une nouvelle technologie bloque les images et vidéos pornographiques, notamment au travail. Un outil dans l’air du temps selon les spécialistes.

Image: © fotoscool

Les accès à Internet au travail sont-ils trop libres?

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Visia. Voici le nom de la technologie qui pourrait bien priver certains de leur petit moment de plaisir coquin au travail. Ce programme analyse en une fraction de seconde le contenu d’une vidéo ou d’une image et le bloque s’il est pornographique. Au contraire des outils classiques qui censurent les sites catégorisés comme problématiques, Visia intervient directement sur les contenus, quelle que soit la plate-forme. «Les dirigeants sont responsables de ce qu’il se passe dans leur entreprise. Il est nécessaire d’avoir ce contrôle», explique Eric Gaudin, responsable du produit chez Profil Technology, la société qui l’a développée. Il souligne également que les usages inappropriés surchargent inutilement la bande passante et le stockage interne de l’entreprise.

«La tendance actuelle est de mettre en place des outils de ce type», confirme Bruno Kerouanton, responsable cybersécurité pour le canton du Jura. Il y a six ans, l’administration jurassienne avait été frappée par le «pornogate». Une trentaine de fonctionnaires avaient consulté des sites pornographiques depuis leur lieu de travail.

Pour Bruno Kerouanton, la technologie Visia n’est pas forcément la meilleure solution. La phase de sanctions passées, le canton a voulu responsabiliser ses collaborateurs. «On ne veut pas fliquer les gens. Nous les avons sensibilisés et nous avons mis en place une réglementation très claire pour préciser l’usage acceptable d’Internet.» Le responsable souligne également qu’un programme de ce type risque de bloquer d’autres images. Par exemple une photo de personnes prenant un bain de soleil.

«Pas votre femme sur le dos»

La psychiatre et sexologue Juliette Buffat confirme que Visia est une réponse à un problème dans l’air du temps. La consultation de matériel pornographique est en hausse. «Ce n’est pas que les hommes sont plus pervers, mais l’accès est devenu tellement facile», détaille-t-elle. Elle souligne un avantage non négligeable du lieu de travail pour consulter des images ou des vidéos pour adultes. «A la maison, il y a la crainte d’être surpris. Alors qu’au boulot, vous n’avez pas votre femme sur le dos.»

La sexologue n’est pas convaincue par l’idée de dissocier job et sexualité. «On passe tellement de temps au travail. Il y a un côté moralisateur», regrette-t-elle. D’ailleurs, elle ne voit pas le problème de l’équivalent d’une «pause clope». «S’il y en a un qui a envie de se détendre cinq minutes, pourquoi pas? On débranche, on se ressource», assure-t-elle.

Plutôt qu’un logiciel de censure, elle préférerait une prise de position politique sur la question de la pornographie en général. En attendant, elle a une solution à souffler aux employeurs. «Engager des femmes, c’est assurer qu’elles ne vont pas s’adonner à ce genre de choses», rigole-t-elle. (Le Matin)

Créé: 13.12.2014, 09h19

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