Dimanche 16 décembre 2018 | Dernière mise à jour 11:06

Études Quinze minutes de plus pour les examens, une bonne idée?

À Oxford, les épreuves de maths sont rallongées, pour que les étudiantes se sentent moins sous pression, et obtiennent de meilleures notes. La mesure ne fait pas l’unanimité sur les campus suisses.

D’après les profs britanniques, les filles seraient plus sensibles
à la pression du temps, ce qui péjore leurs résultats lors d’épreuves de maths, notamment.

D’après les profs britanniques, les filles seraient plus sensibles à la pression du temps, ce qui péjore leurs résultats lors d’épreuves de maths, notamment. Image: skynesher/istockphoto

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Les femmes supporteraient moins bien d’être pressées par le temps, en particulier lors d’examens de mathématiques et d’informatique. C’est ce qui ressort d’une étude réalisée par les profs de maths de l’Université d’Oxford, explique le site «Business Insider».

Pas un contre-la-montre

Pour leur donner une chance d’améliorer leurs notes, l’université a donc décidé de prolonger la durée des examens de 15 minutes, pour tous les étudiants de premier cycle en mathématiques et en informatique, en soulignant que les épreuves ne sont pas censées être «un contre-la-montre».

Cette mesure a été mise en œuvre l’été dernier et se poursuit cette année. «Nous pensons que ce temps supplémentaire nous permet de mieux déterminer quels étudiants ont acquis la compréhension la plus complète des cours que nous dispensons, d’une manière qui reste académiquement exigeante et équitable, a expliqué un porte-parole de l’Université d’Oxford. Nous avons constaté que, suite au changement, les femmes ont obtenu de meilleurs résultats lors des examens. Mais il est trop tôt pour tirer des conclusions définitives.»

Pour Hélène Füger, déléguée au Bureau de l’égalité des chances de l’EPFL, l’expérience est intéressante. «L’excellence ne doit pas se mesurer par les minutes. Si les statistiques montrent que les femmes sont aujourd’hui plus affectées par la pression du temps, une telle initiative peut être positive.»

Risque de stigmatisation

Par contre elle comporte un risque de stigmatisation qui peut induire, selon elle, un effet de stereotype threat (menace de stéréotype), ce qui provoquerait une diminution des performances.

Si cette mesure semble justifiée pour certains, elle ne fait pas l’unanimité. «Je ne suis pas à l’aise avec les projets visant à favoriser un genre plutôt qu’un autre», a déclaré Antonia Sir, au nom du département Oxford Women in Computer Science au journal «Telegraph».

Pas à l’EPFL

Un avis que partage Assyr Abdulle, directeur de l’institut des mathématiques à l’EPFL. «Je ne comprends pas la mesure prise par l’Université d’Oxford. De notre côté, nous ne voyons pas de différence entre les hommes et les femmes dans notre filière, si ce n’est que la proportion des femmes se raréfie après la thèse. Nous recrutons d’ailleurs régulièrement des mathématiciennes, comme Maryna Viazovska, une scientifique exceptionnelle qui a résolu en 2016 le problème d’empilement compact en dimension 8 puis 24: un problème majeur en mathématiques.» (Le Matin)

Créé: 14.06.2018, 11h47

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