Mercredi 19 septembre 2018 | Dernière mise à jour 09:46

#MosqueMeToo Elles reçoivent une main au culte

Après les milieux du cinéma, de l'entertainment et de la politique, ce sont les lieux de cultes musulmans qui sont pointés du doigt depuis quelques jours.

Image: AFP

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Après #BalanceTonPorc, #MeToo, #WeToo, au tour de #MosqueMeToo. Lancé le 6 février dernier par la journaliste féministe américano-égyptienne Mona Eltahawy, ce hashtag dénonçant les agressions et le harcèlement sexuels subis dans les lieux de culte musulmans, est devenu viral ces derniers jours, rapporte la BBC.

«J’ai partagé mon expérience après avoir été abusée sexuellement pendant le hajj en 1982, quand j’avais 15 ans, dans l’espoir d’aider les femmes musulmanes à rompre le silence et le tabou autour de leur expérience de harcèlement sexuel/abus pendant le hajj/oumra ou dans des endroits sacrés», confiait la femme sur Twitter, le 5 février dernier, avant d'inviter toutes les victimes à partager leurs expériences en utilisant le hashtag #MosqueMeToo.

Depuis, les témoignages de femmes musulmanes se sont multipliées sur le réseaux social.

«J’ai été harcelée sexuellement quand j’avais 21 ans et que je faisais le tawaf [tour rituel autour de la Kabaa], juste là, dans l’endroit le plus sacré ! Le fait que ça se soit passé là, dans cet endroit censé être le plus saint et sécure des sanctuaires, m'a tellement affectée que je ne m’en suis jamais remise.»

«Merci pour votre témoignage. J'ai aussi été harcelée à La Mecque et à Médine pendant le Hajj lorsque j'avais 20 ans. C'était dégoûtant et ça m'a perturbée. Je l'ai dit immédiatement à mes parents, mais je n'ai pu donner les détails que l'année dernière.»

«Une de mes amies a été attrapée pendant le hajj et quand elle s’est plainte, un autre pèlerin lui a dit de laisser tombe.»

«Je trouve difficile de penser à la Omra à présent, ce qui aurait dû être l'un des meilleurs souvenirs de ma vie et qui aurait dû me rapprocher de Dieu m'a gâché la vie.»

«Les musulmanes comme toutes les autres femmes subissent le harcèlement, mais lorsque celui-ci intervient dans un contexte religieux, on leur demande de se taire pour une cause plus importante. C'est à le fois injuste et oppressif.»

Par ailleurs, le post facebook d'une jeune femme d'origine pakistanaise - aujourd’hui inaccessible, mais relayé par plusieurs médias - a également contribué à libérer la parole. Elle y racontait avoir senti quelqu’un lui pincer les fesses «de manière très agressive». Et de confier: «Je me suis sentie incroyablement violée, incapable de parler. Je savais que ça ne servait à rien de dire quelque chose parce que personne ne me croirait, à part peut-être ma mère.»

Les réactions négatives

A la suite du lancement de #MosqueMeToo, Mona Eltahawy a recensé les commentaires négatifs qui reviennent régulièrement.

1. Tu es trop laide pour avoir été agressée
2. Tu as été payée pour tenir ce discours
3. Tu veux juste être célèbre
4. Tu veux juste de l'attention
5. Tu veux détruire l'islam
6. Tu veux donner une mauvaise image de l'homme musulman
7. Tu es une prostituée

(Le Matin)

Créé: 12.02.2018, 09h21


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