Dimanche 29 mars 2020 | Dernière mise à jour 23:51

États-Unis Six personnes ont été transformées en compost

L’humusation de corps humains est devenue réalité dans l’État de Washington, le seul endroit au monde à l’autoriser.

L’«humusation» des corps humains n'est légale que dans l’État de Washington. (Image d'illustration)

L’«humusation» des corps humains n'est légale que dans l’État de Washington. (Image d'illustration) Image: iStock

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En mai dernier, l’État de Washington, au nord-ouest des États-Unis, devenait le premier du monde à légaliser l’«humusation» des corps humains, c’est-à-dire la transformation du cadavre d’un défunt en compost. Depuis? Pas grand-chose. Mais lors d’une conférence scientifique qui s’est tenue dimanche à Seattle, un projet pilote mené à bien a été présenté.

Fondatrice de l’entreprise Recompose, à Seattle, Katrina Spade explique à la BBC que six personnes convaincues par l’humusation avaient donné leur corps pour ce test.

Décomposition accélérée

Les résultats ont été présentés par Lynne Carpenter-Boggs, professeure de sciences des sols et conseillère de la firme Recompose. Pour la technique utilisée, détaille le «Guardian», le corps est placé dans un récipient en acier avec des copeaux de bois, de la luzerne et de la paille. En contrôlant l’humidité et le ratio entre les dioxydes de carbone, d’azote et d’oxygène, les conditions deviennent idéales pour des microbes thermophiles, qui accélèrent considérablement la décomposition.

«Le processus transforme un cadavre en deux brouettes de terre en quatre à six semaines», précise le quotidien britannique. Un engrais que les proches du défunt peuvent ensuite par exemple étendre sur des plantes ou aux pieds d’arbres.

Une «recomposition»

Avec cette technique, note le «Guardian», tout, y compris les os et les dents, est transformé en compost. Seuls les matériaux non organiques comme un pacemaker ou une hanche artificielle doivent être retirés. Et le compost obtenu est décrit comme sain. Selon la professeure Carpenter-Bogg, ce processus écologique utiliserait huit fois moins d’énergie qu’une crémation.

Sur la BBC la fondatrice de Recompose Katrina Spade explique qu’il s’agit selon ses concepteurs non pas exactement d’un processus de décomposition – ce qu’il se passe lorsqu’un corps est sur le sol. Mais d’une «recomposition», avec l’intégration du cadavre dans le sol.

5500 dollars

L’Américaine se dit convaincue qu’il existe un marché pour ces funérailles vertes et pense pouvoir les commercialiser dans un an, en février 2021. «Nous espérons que d’autres États reprendront l’idée lorsque nous débuterons à Washington. Nous avons reçu beaucoup d’enthousiasme du Royaume-Uni et d’autres parties du monde et nous espérons ouvrir des succursales à l’étranger lorsque nous le pourrons», commente-t-elle.

Sur son site web, sa firme dit viser un prix de 5500 dollars pour une «recomposition». Et glisse qu’en comparaison, dans la région, une crémation coûte entre 1000 et 7000 dollars et un enterrement conventionnel au moins 8000 dollars.

Renaud Michiels

Créé: 17.02.2020, 18h11

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