Lundi 9 décembre 2019 | Dernière mise à jour 23:28

Rituels Les trash parties font fureur

Mettre le feu à sa robe de mariée, fêter son licenciement, son divorce voire un enterrement, c’est tendance. Mais qu’est-ce que ça cache?

Image: John Michael Cooper / Altf.com

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Qu’attendez-vous pour sortir du placard la robe meringue que vous portiez le plus beau jour de votre vie, afin de vous mettre en scène dans une ultime séance photos totalement déjantée? Une «TTD», soit Trash The Dress, abîme ta robe de mariée.

Tout droit venu des États-Unis, le phénomène commence à embraser l’Europe. Que ce soit pour tirer un trait sur un mariage qui a pris l’eau ou, tout simplement, pour s’autoriser à faire tout ce qu’on n’a pas pu se permettre le jour J. Comme une séance de catharsis destinée à évacuer un trop-plein de stress et d’émotions. Bizarre autant qu’étrange, non?

«Il y a un côté superstition dans ce type de cérémonie, constate Stéphane Clerget, psychiatre et psychologue français. On brûle son mariage avant d’être brûlé par lui, car on sait qu’après la lune de miel la relation va petit à petit se normaliser, voire se dégrader. C’est également une manière de se moquer de l’engagement, de prendre le contre-pied du mariage en signifiant son indépendance.»

Pour cacher sa tristesse

Bref, à l’image des fêtes de divorces, de licenciements ou encore d’enterrement – une société anglaise vient de se spécialiser dans ce dernier secteur – les trash parties se multiplient, affichant un petit côté provocateur et subversif très tendance. C’est dans cet esprit que Patrick Mauroux, médecin de 35 ans, vient d’organiser une soirée entre amis du côté de Vevey pour tourner la page sur 6 années de mariage. «Je ne voulais pas de ce divorce. Mais voilà… Je n’allais pas sombrer pour autant.»

Quant à Alain Marchand, il a fait flamber la moitié de ses indemnités de licenciement dans une grande fiesta à Carouge (Genève), pour tirer un trait sur 4 ans passés «à bosser comme un fou», en tant qu’informaticien dans une start-up genevoise. «Je n’en pouvais plus, mais je n’arrivais pas à prendre la décision de m’en aller. Du coup, je suis superheureux d'avoir été viré.»

Vraiment? Selon Stéphane Clerget, ces fêtes qui prennent le contre-pied de ce qui est attendu (être triste, abattu) sont, en réalité, faussement joyeuses. «Aujourd’hui, il est mal vu d’exprimer des émotions telles que le chagrin. C’est un aveu de faiblesse, qui va à l’encontre des valeurs véhiculées par la société actuelle. Du coup, pour ne pas être rejetés dans des moments où l’on se sent très seul, la solution, c’est de nier sa douleur. Et d’avoir l’air joyeux. Malheureusement, les émotions nous rattrapent toujours à un moment où l’autre.» Reste que ces trash parties ne sont pas dénuées de sens, selon le psychiatre. «A leur manière, elles permettent d’évacuer le trop-plein, car généralement, sous l’effet de l’alcool, on finit toujours par se lâcher et pleurer.»

A New York, il existe une autre alternative. En fin d’année, à l’occasion du Jour du bon débarras, un broyeur est installé à Times Square permettant de réduire en bouillie tout ce dont on ne veut plus s’encombrer: lettres d’amoureux infidèles, vieilles factures ou photos de désamour. Bref, à chacun son exorcisme!

Créé: 22.12.2011, 14h52

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