Mercredi 22 janvier 2020 | Dernière mise à jour 17:16

Minceur Le «thigh gap», la dernière obsession des adolescentes

Une mode provenant des USA prend une ampleur alarmante. Il s'agit du «thigh gap», littéralement «écart entre les cuisses», considéré comme le nouveau critère de minceur par les adolescentes.

Image: DR

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C’est la dernière obsession des adolescentes américaines, nourries d’images idéales de magazines: avoir un «thigh gap», un espace entre des cuisses qui, pieds serrés, ne se touchent pas. Cette pratique est réalisée au prix de privations qui peuvent mener à l’anorexie et la dépression.

Sur Tumblr, Pinterest ou Facebook, les photographies abondent de cuisses plus ou moins longilignes, en gros plan et d’une maigreur parfois insupportable, que publient de très jeunes filles avides de montrer leurs succès ou, à leurs yeux, leurs tragiques échecs.

«Mon ’thigh gap’ est énorme, soyez jalouses les filles», s’amuse foster-the-beatles. Solidaire, skinnysizezero affirme qu’«ensemble, on peut être maigres, faire une taille 32 avec un beau »thigh gap« et un ventre plat», écrit-elle sur Tumblr.

«J’ai l’impression que je commence à avoir un »thigh gap«, je suis contente», ajoute elleskyyy. Starvingforperfection se désole elle de son «médiocre/non existant ’thigh gap’».

Cette obsession n’est pas nouvelle, mais amplifiée par les réseaux sociaux. Ainsi, un compte Twitter, Cara Thigh Gap, est dédié à l’extrême minceur du mannequin britannique Cara Delevingne et des dizaines de sites ou de pages Facebook proposent régimes ou exercices de gymnastique pour l’obtenir.

Un sujet de BFM TV consacré à ce phénomène

Structure osseuse

«Avoir cet espace est en fait quelque chose de très difficile à atteindre», explique Barbara Greenberg, psychologue du Connecticut (Etats-Unis) spécialiste des adolescents, parce que c’est d’abord «une question de structure osseuse» que peu de femmes présentent. Pour une adolescente, poursuivre ce genre d’obsession «irréaliste», signifie qu’«elles devront s’affamer», ajoute la psychologue.

Les jeunes filles s’affament donc: «Hier, j’ai pris 380 calories et puis, j’ai mangé des bonbons. C’est devenu 650 calories. Grooossseeee!», se désespère sur Tumblr Anastasia, une jeune Allemande, qui prie «Dieu de me rendre maigre».

Les besoins énergétiques d’une adolescente tournent autour des 2500 calories par jour, selon des recommandations de l’OMS. Ces régimes «déclenchent très vite des troubles du comportement alimentaire», ajoute Barbara Greenberg et par-delà, des dégâts physiques sur le cerveau ou les os, des dépressions et des comportements suicidaires, selon les spécialistes.

Cet idéal de minceur - «mince partout sauf les seins» - s’étale dans les magazines, accuse Shannon Snapp, sociologue de l’université de l’Arizona pour qui il faut «arrêter d’acheter ce type de médias».

Etre accepté

«Le message est clair, qui dit: ’Si vous ressemblez à cela, vous serez belles et acceptées’», ajoute la sociologue. Pour elle, «les adolescentes sont sans doute les premières à en subir la pression, parce qu’elles sont en pleine puberté».

Ces obsédées de la minceur «cherchent à être acceptées socialement, à être dans la norme, comme les adultes», ajoute Natalie Boero, sociologue de la San Jose State University.

«Elles savent que dans une société sexiste, leur corps est une monnaie d’échange et veulent accroître ce qu’elles pensent être leur valeur sociale», ajoute-t-elle. Pourtant, mannddda «déteste quand les gens me disent que je suis stupide de vouloir un ’thigh gap’ et être maigre. Ce n’est que pour MOI. Je veux me voir dans un miroir et être heureuse», proclame-t-elle.

Garçons pas séduits

Quant aux garçons censés être séduits, «les études montrent qu’ils préfèrent un peu plus de chair», ajoute Abigail Saguy, sociologue à l’UCLA de Californie. Pour cette spécialiste de l’image du corps, la minceur est par ailleurs «devenue de plus en plus associée à la classe sociale; c’est un moyen de montrer un statut social supérieur».

A l’inverse, «être gros non seulement connote un statut inférieur, mais il peut le déclencher. Des études montrent que les femmes rondes seront moins embauchées. Si elles sont embauchées, elles seront moins payées et elles se marieront moins, etc», ajoute Mme Saguy.

Néanmoins, la réaction s’organise et de nombreuses jeunes filles ironisent, sur les mêmes réseaux sociaux, sur cette obsession du «thigh gap».

Une vidéo très drôle, «Cinq façons de simuler un ’thigh gap’», a été postée sur YouTube par tadelesmith, qui conseille entre autres de marcher les jambes.... écartées.

5 Ways to Fake a Thigh Gap (ats/afp/nxp)

Créé: 02.10.2013, 08h43

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