Lundi 17 juin 2019 | Dernière mise à jour 08:00

Santé Un quart des internements psychiatriques sont forcés en Suisse

En termes d'internements psychiatriques forcés, la Suisse fait partie du peloton de tête parmi les pays européens. Les experts y voient aussi la conséquence d'une volonté de réaliser des économies.

Les grilles du centre psychiatrique de Rheinau (ZH), l'un des 63 instituts interrogés dans le cadre de l'étude.

Les grilles du centre psychiatrique de Rheinau (ZH), l'un des 63 instituts interrogés dans le cadre de l'étude. Image: Keystone

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La Suisse a renforcé depuis 2013 sa réglementation pour les internements psychiatriques d'office. Une étude de l'Association nationale pour le développement de la qualité dans les hôpitaux et les cliniques (ANQ) permet de dresser un premier bilan.

Comme le souligne le Tages-Anzeiger dans son édition du 17 novembre, près d'un quart des patients internés en Suisse le sont contre leur volonté.

Médicalisation des problèmes sociaux

Seules l'Autriche et la Finlande affichent des proportions plus élevées. «Mais cela ne signifie pas qu'il y ait quelque chose qui cloche en Suisse», explique Ruth Baumann-Hölzle, spécialiste de l'éthique en médecine.

Ces placements préventifs montrent que l'Etat prend ses responsabilités et s'occupe de personnes qui ne peuvent se gérer elles-mêmes. «On assiste également à une médicalisation croissante de problèmes sociaux: chaque fois que des personnes sortent de la norme, elles sont traitées médicalement. C'est plus simple et plus avantageux que de s'occuper d'elles et de comprendre les causes sur le terrain.»

Surtout des cas d'isolement

Selon l'étude, près de la moitié des 63 instituts interrogés ne prennent quasiment aucune mesure de contrainte alors que 10 y ont nettement plus souvent recours. En 2013, les principales mesures étaient l'isolement (2554 cas), la médication forcée (1232 cas) et la sécurité comme des barrières de lit (506 cas).

La différence provient de la nature des cliniques car un centre spécialisé dans le surmenage (burn-out) ne traite pas les mêmes cas qu'un hôpital universitaire. Sans compter la différence d'approche entre les directions et les considérations économiques.

L'argent, le nerf de la guerre

«L'argent joue un rôle important: plus il y a de personnel et mieux les patients sont traités et les mesures de contraintes réduites», souligne Ruth Baumann-Hölzle, spécialiste de l'éthique en médecine.

La fondation Pro Mente Sana ne dit pas autre chose. «Il existe des possibilités pour réduire les mesures de contrainte mais elles sont difficiles à financer», reconnaît Christoph Lüthy, directeur adjoint et responsable du département juridique de la fondation.

(nxp)

Créé: 17.11.2014, 10h28

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