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Athlétisme Anita Protti: «Il ne faut pas avoir de nostalgie»

L’ancienne athlète lausannoise a perdu ce week-end le record de Suisse du 400m, qu’elle détenait depuis 1990. Elle est ravie pour Lea Sprunger, la nouvelle détentrice.

Anita Protti en 1990, année de son record de Suisse du 400m.

Anita Protti en 1990, année de son record de Suisse du 400m. Image: Keystone

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- Anita Protti, avez-vous repris l’entraînement ce lundi matin?

(Elle éclate de rire) «Oh non, moi j’ai déjà donné! Tout ça, c’est fait et bien fait. Chaque chose en son temps.»

- Ressentez-vous une certaine nostalgie à l’idée de ne plus être en possession de ce record (51’’32), qui était le vôtre depuis vingt-sept ans?

«Ça fait drôle, bien sûr, mais cela ne changera rien à ma vie. C’était le moment que ça tombe: j’ai exactement le double de l’âge que j’avais lorsque j’ai établi ce record. J’étais prête à le céder à Lea, je m’y attendais. Je suis heureuse pour elle, qui le mérite. Et puis ça me permet de me replonger dans des moments inoubliables, c’est plaisant. Il ne faut pas avoir de nostalgie, au contraire. Je suis fière d’être restée si longtemps dans les tabelles.»

- Vingt-sept ans, c’est quatre de plus que le légendaire record du monde de Bob Beamon en saut en longueur. Un commentaire?

«Il faut croire qu’en plus d’un excellent encadrement, j’avais un peu de talent, d’énergie et de volonté. A l’époque, j’étais la petite Suissesse. Aujourd’hui, on se donne plus de moyens, il y a une nouvelle dynamique dans l’athlétisme helvétique, avec de vraies locomotives, à l’image de Lea. Elle a une nature, une force, elle est très pro et ça se ressent. J’imagine que le fait d’avoir battu ce record (ndlr: en 51’’09), même si elle disait ne pas le viser particulièrement, va lui donner confiance pour la suite.»

- Avez-vous des contacts, vous a-t-elle parfois demandé des conseils?

«Des conseils, non. Aujourd’hui, les athlètes sont dans leur bulle, avec leur entourage, leur détermination, concentrés sur les objectifs à atteindre. Avec Lea, nous n’avons pas particulièrement de contacts. Mais comme nous n’habitons pas loin l’une de l’autre, alors on se croise par hasard, comme ce fut le cas il y a encore trois ou quatre semaines.»

- Que vous reste-t-il de ce 18 septembre 1990, lorsque vous aviez établi ce record suisse du 400m, à la mi-temps d’un match de Coupe de l’UEFA entre le LS et la Real Sociedad?

«J’étais alors sous contrat avec Marc Biver et, comme j’étais particulièrement en forme à ce moment-là, on avait mis sur pied cette tentative de record. Le premier challenge, c’était de savoir comment un public de footeux masculins allait réagir en voyant des filles courir en petite tenue. Les gens de la buvette râlaient parce qu’ils pensaient que cela nuirait à leur recette. Au final, l’accueil avait été excellent, c’était juste magique de battre ce record à Lausanne, à la veille de mon départ en vacances.»

- Et jeudi, serez-vous de retour à la Pontaise pour cette nouvelle édition d’Athletissima?

«Oui, bien sûr, même si je risque de perdre cette fois-ci le record de Suisse du 400m haies (ndlr: 54’’25 le 29 août 1991 à Tokyo). Comme je vous l’ai dit, il faut bien que ça passe. D’un côté, il y a les tabelles. Et quant à moi, je reste la même.»

Créé: 03.07.2017, 15h10

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