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Rallye du Valais «Trop bête pour laisser tomber»

Loin des cadors, le Canadien Ian Crerar vit sa passion du rallye à fond. Son histoire n’est pas commune.

Le Canadien ne perd jamais le sourire. Image: RCA

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Des fois, dans notre métier, on débarque sur des «coups», comme on dit dans le jargon, et on débarque, mais alors vraiment. Genre on n’y connaît rien. Je dois bien avouer que c’était mon cas sur le Rallye du Valais et il faut s’informer et bien travailler le truc pour ne pas être complètement ridicule à l’heure de relater ce qu’il s’y passe. Mais quand on va sur des épreuves qu’on découvre, on peut aussi y trouver un monde et surtout des gens qui sortent de l’ordinaire et dont il nous semble vite impératif de vous conter l’histoire. C’est exactement le cas de Ian Crerar.

Ce Canadien de 53 ans est un sacré numéro. Sur sa page Wikipédia, qu’il a sûrement écrite lui-même, il est décrit comme un pilote de course et de rallye, entrepreneur et philanthrope. Autant dire que quand on a lu cela, on avait déjà le sourire. Mais ensuite, on est allé voir l’homme directement et le degré d’excitation journalistique a encore grimpé d’un cran. Car Ian est un phénomène et son histoire magique. Si vous ne le voyez pas dans les classements du Rallye du Valais, c’est normal. Il a été contraint à l’abandon dès la première spéciale…

Aileron coincé à la douane

L’Ontarien a débarqué en Europe il y a quelques jours. Sa voiture, elle, a fait le voyage dans le conteneur d’un bateau. Le pilote a reconstruit lui-même son bolide, à partir d’une Porsche 911 de 1977 avec plus de 300’000 kilomètres au compteur. Il a ensuite dû y ajouter toute une ribambelle de petites choses, histoire de coller aux exigences de la Fédération internationale de l’automobile. Problème, à son arrivée en Europe, son aileron arrière a été jugé non conforme… Alors Ian en a recommandé un, qui est bloqué depuis le 20 septembre dernier à la douane française. Ca ne s’invente pas.

Le patron de la boîte Clearwater Design, qui construit des canoës et des kayaks à Gravenhurst, sur les rives du Lac Huron, à quelque 200 kilomètres au Nord de Toronto, n’est pas du genre veinard. Car à peine a-t-il pu s’élancer sur la compétition valaisanne après avoir négocié avec les organisateurs pour courir en catégorie open, qu’il a cassé un carter sur une bosse qu’il avait repérée, mais qu’il n’imaginait pas aussi méchante.

«On a tapé avec l'arrière de la voiture et cassé quelque chose. L'équipe m'a dit 'oublie, c'est impossible de réparer'. Mais au Canada, on est trop stupide pour savoir ce que abandonner veut dire et moi trop bête pour laisser tomber. Alors on a cherché, mais personne n'en avait dans le paddock. J'ai conduit dans les environs de Sion pour en trouver un avec le peu de français que j’ai appris à l’école et j'ai fini par trouver une carrosserie. Là-bas, un type en avait un! Je vous présente Jérémie, mon nouveau meilleur ami.»

Le jeune Valaisan ne partageait pas forcément l'optimisme indécrottable de son nouveau pote Nord-Américain. Mais Ian en était persuadé, il allait pouvoir prendre part à la deuxième journée du rallye, samedi. Du coup, il continue à réaliser son rêve. «Ca fait plus de dix ans que je cours à des rallyes historiques au Canada. Depuis là-bas, on a toujours tendance à regarder le ‘grand show’ du championnat du monde WRC qui se déroule de l'autre côté de l'Atlantique. J'ai loué deux fois une voiture pour y participer, au Tour de Corse en 2016 et au Monte Carlo l'année dernière. C'était énorme.»

Cette fois, il prépare en Valais sa tournée 2019, qui l’emmènera sur cinq courses, de l’Islande à Monaco, en passant encore une fois par le Vieux-Pays. Il devrait alors avoir reçu son aileron arrière conforme par la poste. Enfin, normalement, parce que avec Ian, il ne faut jamais trop s'avancer.

Créé: 20.10.2018, 10h09

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