Vendredi 10 juillet 2020 | Dernière mise à jour 18:36

Alpinisme Il a gravi les quatorze 8000 en moins de sept mois

Nirmal Purja a annoncé avoir réussi l'ascension de tous les plus hauts sommets de la planète en un temps record.

Nirmal Purja au sommet de l'Everest, en mai dernier.

Nirmal Purja au sommet de l'Everest, en mai dernier. Image: Nirmal 'Nims' Purja - Bremont Pr/AFP

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

Le Népalais Nirmal Purja a revendiqué mardi avoir achevé en un temps record de moins de sept mois l'ascension des 14 montagnes de plus de 8000 mètres d'altitude, un exploit l'imposant comme une nouvelle figure de l'alpinisme de vitesse.

«Mission accomplie !», a lancé «Nims», son diminutif, dans un message publié sur sa page Facebook depuis la cime du Shishapangma. Ce sommet chinois de 8027m, qu'il a atteint avec son équipe à 8h58 locales (1h58), était le dernier des «plus de 8000» qu'il lui restait à conquérir.

L'ex-soldat des forces spéciales britanniques, 36 ans, s'était fixé le défi surhumain de gravir ces points culminants de la planète - tous situés dans l'Himalaya - en à peine sept mois, à compter de son arrivée au premier sommet le 23 avril dernier. Il a terminé son projet en 6 mois et 6 jours.

L'ancien record: près de huit ans!

Ce sprint-marathon en «zone de la mort» bat largement le précédent record pour la même performance - monter les 14 «plus de 8000», en utilisant au moins une fois de l'oxygène supplémentaire. Ce dernier était de sept ans, onze mois et quatorze jours, et était détenu par la légende de l'alpinisme polonais Jerzy Kukuczka.

«Cela a été six mois éreintants mais qui rendent humble, et j'espère avoir prouvé que tout est possible avec un peu de détermination, de confiance en soi et d'esprit positif», a ultérieurement déclaré Nims, dont le dos est tatoué des 14 «8000», dans un communiqué.

Inconnu jusqu'à peu du petit monde de l'himalayisme, le grimpeur a attiré progressivement l'attention de ses pairs et des médias ces derniers mois, à mesure qu'il conquérait avec une endurance et une vitesse phénoménales les plus hautes montagnes de la Terre.

À l'origine, beaucoup pensaient l'entreprise physiquement et logistiquement impossible, vu la fenêtre de temps ultra-resserrée qui ne laisse aucune place à l'aléa ou au demi-tour. Avant les premiers sommets, «tout le monde me riait au nez», confiait Nims à l'AFP avant de partir au Shishapangma.

Les félicitations de Reinhold Messner

Reinhold Messner, l'un des alpinistes les plus célèbres du XXe siècle et devenu en 1986 le premier à avoir réussi l'ascension de l'intégralité des «8000», a salué une «réussite unique de l'alpinisme».

«Nirmal Purja a réussi à faire ce que certains alpinistes d'Occident avaient déjà annoncé il y a des années mais sans s'y lancer, encore moins y arriver», a déclaré dans un communiqué transmis à l'AFP cet Italien emblématique de la haute montagne, qui avait mis seize ans à conquérir cette «couronne de l'Himalaya».

La course de longue haleine en atmosphère d'oxygène raréfié de Nims a commencé sur l'Annapurna (Népal, 8091m), dont il atteint le sommet le 23 avril.

Sans reprendre son souffle, en manque de sommeil, sautant d'un camp de base au suivant en hélicoptère, gravissant certaines montagnes d'un trait sans halte aux camps intermédiaires, il a alors enchaîné les illustres sommets népalais: Dhaulagiri (8167m), Kanchenjunga (8586m), Everest (8848m), Lhotse (8516m) et Makalu (8485m).

Après quelques semaines de repos, il s'est attaqué en juillet aux cinq «8000» du Pakistan, dont les redoutables K2 (8611m) et Nanga Parbat (8126m). Fin septembre, il a ajouté le Cho Oyu (Chine, 8188m) et le Manaslu (Népal, 8163m) à sa besace.

Permis spécial en Chine

Son «Project Possible» a alors buté contre la fermeture du Shishapangma cette saison. Les autorités chinoises lui ont finalement délivré un permis spécial pour y monter, le gouvernement népalais ayant plaidé sa cause.

Issu d'une famille modeste d'un village du nord-ouest du Népal, Nims a passé 16 ans dans les unités Gurkhas de l'armée britannique, qu'il a récemment quittées pour se lancer corps et âme dans la montagne.

Dans la veine d'athlètes comme le défunt Ueli Steck ou Kilian Jornet, il s'inscrit dans cette vague d'alpinistes dont la vitesse est la marque de fabrique. Des ascensions express qui font froncer les sourcils de bien des puristes de la montagne.

«Sans tenir compte du style (oxygène supplémentaire, soutien de sherpas, voies classiques, hélicoptères entre les montagnes, etc.) ce qu'il fait est extrêmement impressionnant», a salué auprès de l'AFP Alan Arnette, blogueur très suivi sur l'alpinisme.

«Il place une barre qui pourrait prendre des décennies à être surpassée, voire jamais.»

Créé: 29.10.2019, 20h04

Publier un nouveau commentaire

Attention, une nouvelle procédure est en place. Vous devez vous inscrire ou mettre à niveau votre profil
"Le Matin" aime les débats. Mais trop d'abus ont lieu dans les forums. La politique pour commenter un sujet a changé. Vous devez créer un compte utilisateur ou compléter votre profil existant avec un numéro de téléphone mobile (vous n'en avez pas? envoyez une demande à l'adresse lm.online@lematin.ch). Nous vous prions d’utiliser votre nom complet. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de penser que de nombreuses personnes vous lisent. Et bon débat!
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.