Vendredi 5 juin 2020 | Dernière mise à jour 20:26

Multisports Leur objectif est prêt à défier le huis-clos

Les photographes sportifs doivent se montrer créatifs pour illustrer au mieux ces scènes insolites. Et donner vie aux stades vides.

Dans des stades vides, les photographes ont l'occasion de réaliser des clichés inédits.

Dans des stades vides, les photographes ont l'occasion de réaliser des clichés inédits. Image: Keystone

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Le week-end passé, les images de la reprise en Bundesliga ont été visionnées par des millions de téléspectateurs. Certains ont été amusés, d'autres ont pu ravaler leur frustration mais des fans frustrés ont aussi été énervés qu'on reprenne sans eux. Des stades vides, des célébrations hésitantes, des coachs masqués: les photos d'une reprise à huis-clos ne laissent pas indifférents et sont autant d'occasions de réaliser des clichés surprenants.

Photographe officiel du Servette FC, Eric Lafargue a assisté mardi à la reprise de l'entraînement du club Grenat. «Il y a eu quelques scènes avec l'intendant qui désinfectait le ballon et le matériel mais rien de spécial à signaler», confie le photographe, un peu frustré de ne pas avoir pu immortaliser Alain Geiger avec un masque. En cas de reprise du championnat à huis-clos, les occasions de scènes cocasses pourraient pourtant se multiplier.

«Rendre vivants des stades morts»

Du coup, les photographes de presse romands vont devoir bousculer leurs habitudes. «Je vais probablement monter tout en haut des gradins pour avoir uniquement la pelouse et les joueurs sur quelques clichés, confie Eric Lafargue. On oubliera ainsi que le stade est vide». Photographe à l'agence Keystone-ATS, Jean-Christophe Bott compte aussi profiter de la situation exceptionnelle pour réaliser quelques photos insolites depuis les tribunes. «Là, on va pouvoir illustrer ce vide, précise-t-il. Il va falloir privilégier des grands angles plutôt qu'un long téléobjectif qui nous permet normalement d'immortaliser les actions au bord du terrain».

De son aveu même, le risque de rater des actions ou des buts n'est pas à sous-estimer. «Car on va s'intéresser au banc des remplaçants, ce qui ne nous préoccupe généralement pas vraiment en tant que photographes, explique-t-il. Si les entraîneurs portent des masques ou les remplaçants sont loin les uns des autres, ce sont des éléments qu'il faudra documenter et qui peuvent amener des images insolites».

«Notre challenge va être de rendre vivants des stades morts», résume Laurent Gilliéron, chef adjoint de la photographie à l'agence Keystone-ATS, dont la moitié du travail est liée au sport et qui a passé la majorité de son temps dans des hôpitaux ces dernières semaines pour illustrer la crise. «Normalement, on se concentre sur les faits, les émotions et les actions concrètes. Là, on doit représenter cette ambiance particulière de la manière la plus pertinente possible en trouvant des images symboliques du huis-clos. Notre rôle de témoigner auprès des personnes qui sont privées du match prend tout son sens».

Comme tous ses confrères romands, Laurent Gilliéron espère pouvoir capturer le sport au plus vite. Même à huis-clos. Face au constat que toutes les photos réalisées en Bundesliga le week-end passé ont été prises par des photographes de la ligue allemande (DFL), il se montre toutefois inquiet. «La reprise du LS et du SFC ont été immortalisées par leur photographe officiel, regrette-t-il. Nous avons contacté la SFL qui a répondu que les clubs étaient seuls décideurs. En cas de reprise du championnat, il faudra que les clubs lèvent ces restrictions.»

Sylvain Bolt

Créé: 20.05.2020, 13h01

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