Vendredi 16 novembre 2018 | Dernière mise à jour 11:00

ATHLÉTISME Selina Büchel championne d'Europe du 800m à Prague

La Suissesse se pare d'or aux championnats d'Europe en salle. Pascal Mancini et Mujinga Kambundji se sont pour leur part qualifiés pour les finales du 60m.

Selina Büchel a été sacrée championne d'Europe.

Selina Büchel a été sacrée championne d'Europe. Image: Keystone

Les sprinters en finale

Pascal Mancini s'est qualifié pour sa première grande finale internationale à l'occasion des championnats d'Europe en salle à Prague, sur 60 m.

Il a égalé le record de Suisse de Cédric Grand en 6''60, établi en 1999. Le Fribourgeois a signé le deuxième temps de sa demi-finale, grâce à un magnifique «cassé» sur la ligne. Il n'aura rien à perdre en finale, à 17h15.

Mujinga Kambundji s'est, elle aussi, hissée en finale du 60 m. Elle l'a fait en claquant un «gros» chrono de 7''15. Elle a amélioré de 0''03 son record national, réalisant le 4e temps des demi-finales et prenant la 2e place de sa demi-finale, remportée par sa partenaire d'entraînement Verena Sailer (All) en 7''15. Sa finale aura lieu à 16h55.

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur?

L'athlétisme suisse l'attendait depuis plus de vingt-cinq ans, Selina Büchel l'a fait: la St-Galloise est devenue championne d'Europe en salle du 800 m à Prague, au terme d'une course pleine de culot et de tempérament. Elle aura dominé séries, demi-finales et finale, avec à chaque fois une autre tactique.

Le dernier podium suisse à l'Euro en salle datait de 2002, avec l'argent d'André Bucher, sur 800 m déjà, à Vienne. Et le dernier titre remontait à 1987, avec le succès de Sandra Gasser sur 1500 m à Liévin. Le demi-fond court, qui combine vitesse, endurance et résistance, convient bien aux athlètes européens en général. C'est un créneau porteur pour l'athlétisme suisse. Sachant que les succès de l'été sont semés l'hiver (en salle ou pas), ce résultat laisse bien augurer les Mondiaux de Pékin en août.

La recette de Büchel se rapproche de celle qui avait permis à Kariem Hussein - qui zappe l'indoor cet hiver - de devenir champion d'Europe du 400 m haies (en plein air) en août dernier à Zurich. De l'audace, de la spontanéité et une préparation minutieuse.

"J'aime la bagarre"

La jeune athlète du Toggenburg (23 ans) a fait parler son instinct et sa science de la course. En séries et en demi-finales, elle est à chaque fois venue de l'arrière pour coiffer ses rivales dans les 50 derniers mètres. En finale, elle a surpris tout le monde en prenant les devants, pour résister in extremis au retour de la Russe Yekaterina Poistogova, 2e à 4 centièmes. Büchel s'est imposée en 2'01''95. Elle était clairement la patronne, sachant qu'elle a plusieurs fois fait l'extérieur dans les virages et accompli en conséquence plus de chemin que ses adversaires.

L'indoor sied à merveille à la St-Galloise. "C'est exigeant tactiquement, et c'est à chaque fois une bagarre. J'aime ça", a expliqué la jeune femme. Büchel avait montré ses capacités l'an dernier en terminant au pied du podium (4e) aux Mondiaux indoor de Sopot (Pol). En 2013, elle avait obtenu la médaille de bronze aux Championnats d'Europe espoirs (M23), en plein air cette fois. Sa progression est régulière, sa silhouette s'est affinée.

"J'ai effectué un énorme pas en avant cet hiver", relève celle qui a réduit son temps de travail à 30 %, dans l'aménagement du territoire. Elle est allée mûrir sa préparation sous le soleil d'Afrique du Sud. Une préparation sans anicroche, sans blessure ni virus. Signe de son approche décomplexée de la compétition, Selina Büchel n'avait pas hésité à dire il y a quelques jours qu'elle se trouvait dans "une forme sensationnelle" ("mega in Form" en version originale)... "Ici à Prague, après ma victoire en demi-finales, il était clair que je visais l'or."

"Selina a une grande capacité à se concentrer sur les grands événements", explique l'entraîneur national, le Prévôtois Louis Heyer. "C'est notamment pour cette raison qu'elle ne se montre pas extraordinaire en meeting. Quand il n'y a pas de véritable enjeu, elle se dit 'So what?' (à quoi bon). Mais les Championnats font toute la différence pour elle. Là, je l'ai sentie terriblement en forme." Avec une athlète de la trempe de Büchel, "il faut adapter son coaching", précise Heyer. Son côté atypique, insouciante et très concentrée à la fois, vaut de l'or. (SI/Le Matin)

Créé: 08.03.2015, 17h51

Publier un nouveau commentaire

Attention, une nouvelle procédure est en place. Vous devez vous inscrire ou mettre à niveau votre profil
"Le Matin" aime les débats. Mais trop d'abus ont lieu dans les forums. La politique pour commenter un sujet a changé. Vous devez créer un compte utilisateur ou compléter votre profil existant avec un numéro de téléphone mobile (vous n'en avez pas? envoyez une demande à l'adresse commentaire@lematin.ch). Nous vous prions d’utiliser votre nom complet. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de penser que de nombreuses personnes vous lisent. Et bon débat!
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.